Invoquant la guerre à Gaza, le géant pharmaceutique Teva demande à occulter son origine israélienne devant les jurés
L'entreprise affirme que ses liens avec Israël sont sans incidence sur sa participation présumée à une entente visant à gonfler les prix de médicaments génériques, l’argument central du litige
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Teva Pharmaceuticals a demandé à un juge américain d’empêcher l’assureur Humana de révéler aux jurés les liens de l’entreprise avec Israël dans le cadre du procès majeur portant sur la fixation des prix des médicaments, arguant que les opinions très marquées du public concernant la guerre à Gaza pourraient compromettre la procédure et porter atteinte au droit de l’entreprise à un procès équitable.
Dans un mémoire déposé mercredi devant le tribunal fédéral de Philadelphie, Teva, dont le siège se trouve à Tel Aviv, a déclaré que son origine nationale n’avait aucune incidence sur sa participation présumée à une entente visant à gonfler les prix des médicaments génériques, l’argument central du litige.
L’une des plus grandes entreprises israéliennes, Teva devrait être l’un des nombreux laboratoires pharmaceutiques à comparaître à l’occasion du premier procès de cette affaire de longue haleine. Le procès devrait débuter le 15 septembre et s’achever fin octobre.
Ce mémoire souligne à quel point les tensions liées à la guerre à Gaza ont pris de l’ampleur aux États-Unis, au point de risquer de compromettre la capacité d’une entreprise à se défendre devant des jurés tirés au sort.
« Au cours des presque trois années qui se sont écoulées depuis le début de la guerre à Gaza, tout ce qui a un lien avec Israël a fait l’objet d’une controverse considérable, dans un climat de forte émotion », explique Teva dans son mémoire.
Dans un communiqué, la société affirme que son origine est sans rapport avec l’affaire, et que « les références à une société mère étrangère sont susceptibles de nuire » à sa cause. La filiale américaine de Teva est partie défenderesse dans ce procès.
Teva a réfuté les allégations d’Humana selon lesquelles elle aurait conspiré avec d’autres laboratoires pharmaceutiques pour maintenir à un niveau artificiellement élevé les prix de certains médicaments. Parmi ces derniers figurent le myorelaxant baclofène et le propranolol, un médicament contre l’hypertension.
Humana, dont le siège se trouve à Louisville, dans le Kentucky, a refusé de commenter.
Les entreprises et autres parties à des procès demandent régulièrement aux juges de limiter les informations auxquelles les jurés ont accès pendant les procès, au motif que certains éléments de preuve pourraient influencer injustement le jury.
Teva a cité un récent sondage d’opinion selon lequel 60 % des Américains ont une opinion négative d’Israël. Le laboratoire pharmaceutique a également évoqué les manifestations sur les campus américains contre Israël, ainsi que les actes de violence à l’encontre de personnes et d’institutions réputées proches de l’État juif.
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