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Israël bombarde 2 aciéries liées au CGRI et 2 installations nucléaires ; l’Iran promet de se venger

Selon une source de sécurité israélienne, les dégâts causés aux aciéries devraient coûter des milliards et "paralyser" le secteur ; Tsahal a aussi visé l'usine de concentré d'uranium de Yazd et le réacteur à eau lourde d'Arak

De la fumée s'élevant à la suite de frappes israéliennes sur une aciérie iranienne, à Ahvaz, le 27 mars 2026. (Crédit : Capture d'écran : @Vahid, @mamlekate sur X)
De la fumée s'élevant à la suite de frappes israéliennes sur une aciérie iranienne, à Ahvaz, le 27 mars 2026. (Crédit : Capture d'écran : @Vahid, @mamlekate sur X)

Vendredi, l’armée de l’air israélienne a bombardé deux des plus grandes aciéries iraniennes, ainsi que deux installations liées au programme nucléaire iranien, selon les médias iraniens et des sources de sécurité israéliennes. Ces actions ont suscité des promesses de représailles de la part de Téhéran.

L’agence de presse Fars a rapporté que les frappes israéliennes avaient touché Khuzestan Steel, près d’Ahvaz, et Mobarakeh Steel, à Ispahan, deux sites de production majeurs.

Les frappes contre ces usines, qui, selon une source de sécurité israélienne s’adressant aux journalistes, étaient en partie détenues par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, devraient causer des milliards de dollars de dommages à l’économie iranienne, ainsi que « paralyser » l’industrie sidérurgique iranienne.

Il s’agirait de la première fois qu’Israël cible des installations industrielles iraniennes qui ne sont pas directement liées à ses industries de défense ou pétrolière et gazière. En début de semaine, le président américain Donald Trump a indiqué que les sites énergétiques ne seraient pas visés pour l’instant, Washington cherchant à éviter de transformer l’Iran en un État défaillant, tandis que Jérusalem a laissé entendre qu’un tel résultat serait préférable au maintien au pouvoir du régime actuel.

Une source sécuritaire israélienne a déclaré aux journalistes que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense, Israel Katz, avaient ordonné les frappes de vendredi, ce dernier ayant par ailleurs publiquement promis qu’Israël intensifierait ses frappes en Iran.

Tsahal n’a pas publié de communiqué confirmant que ces aciéries avaient été prises pour cible.

Ces frappes ont suscité une vive réaction de la part de l’Iran, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ayant également promis que Téhéran ferait payer un « prix ÉLEVÉ ».

« Israël a frappé deux des plus grandes aciéries d’Iran, une centrale électrique et des sites nucléaires civils, entre autres infrastructures. Israël affirme avoir agi en coordination avec les États-Unis », a déclaré Araghchi dans des messages publiés sur les réseaux sociaux.

Le CGRI a également promis de cibler des sites industriels en Israël et dans les États du Golfe en représailles, avertissant les employés des sites industriels de la région « qui comptent des actionnaires américains ainsi que des industries lourdes alliées au régime sioniste… de quitter immédiatement leur lieu de travail », alors qu’il s’engageait à mener des attaques de représailles.

Yellowcake et eau lourde

Vendredi également, l’armée de l’air israélienne a frappé deux sites nucléaires iraniens ; selon Tsahal, ces frappes visaient une usine de production de « yellowcake » située près de la ville de Yazd, dans le centre de l’Iran, ainsi qu’un réacteur à eau lourde à Arak.

L’armée israélienne a qualifié le site de Yazd « d’installation d’extraction d’uranium », précisant qu’il s’agissait de la « seule installation de ce type en Iran ».

« Cette installation est la seule de ce type en Iran, où les matières premières extraites du sol subissent un traitement mécanique et chimique afin de pouvoir être utilisées ultérieurement comme précurseurs pour l’enrichissement de l’uranium », a indiqué Tsahal, ajoutant qu’il s’agissait d’un « processus d’une importance capitale pour le programme d’armes nucléaires mené par le régime ».

Les frappes ont touché « l’infrastructure centrale utilisée dans les processus de production uniques du site », a expliqué l’armée.

Les médias iraniens avaient précédemment rapporté que l’usine de production de yellowcake avait été touchée par les frappes. L’agence de presse Fars a cité l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, selon laquelle la frappe sur l’usine « n’a entraîné aucune fuite de matières radioactives à l’extérieur de l’installation, et il n’y a donc aucune inquiétude pour les citoyens ou les zones environnantes ».

Le yellowcake est un concentré d’uranium sous forme de poudre qui constitue l’une des premières étapes du traitement de l’uranium. Il est obtenu en extrayant le minerai d’uranium des roches, puis en séparant l’uranium de ces dernières par un bain d’acide. Le yellowcake peut ensuite être converti et enrichi pour augmenter sa pureté, puis utilisé pour la fabrication d’armes ou la production d’énergie.

Tsahal a également bombardé un réacteur à eau lourde dans la ville d’Arak, affirmant avoir pris pour cible une « infrastructure clé pour la production de plutonium destiné à des armes nucléaires », après que l’Iran eut entrepris de remettre le site en état.

L’armée de l’air israélienne avait déjà bombardé ce complexe en cours de construction, officiellement connu sous le nom de « réacteur de recherche à eau lourde de Khondab », situé dans le centre de l’Iran, lors de la guerre de juin 2025.

« Des tentatives répétées de reconstruction du site par le régime terroriste iranien ont été identifiées par la suite. C’est pourquoi Tsahal a frappé une nouvelle fois cette installation », a déclaré l’armée.

Tsahal avait lancé un avertissement avant la frappe de vendredi contre le réacteur d’Arak et exhorté les habitants des zones voisines à fuir. L’agence de presse Fars a rapporté que les frappes « n’avaient fait aucune victime et que, grâce aux mesures de sécurité prises au préalable, aucun danger ne menaçait la population locale ».

Le site d’Arak avait initialement été conçu pour permettre une production aisée de plutonium, qui peut être utilisé pour fabriquer des armes nucléaires.

Cette image satellite diffusée par Maxar Technologies le 19 juin 2025 et prise le 18 juin 2025 montre une vue de l’installation nucléaire iranienne d’Arak, dans le centre de l’Iran. (Crédit : Image satellite ©2025 Maxar Technologies / AFP)

En vertu de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, également connu sous le nom de JCPOA, l’usine d’eau lourde a été réaménagée afin de réduire le risque de militarisation nucléaire et son cœur a été retiré puis rempli de béton.

Dans un communiqué, l’armée israélienne a déclaré que, même dans son état actuel, l’eau lourde « peut également servir de source de neutrons pour la fabrication d’armes nucléaires » et que, « malgré des engagements internationaux explicites, au premier rang desquels figure l’accord sur le nucléaire, le régime terroriste iranien a systématiquement évité de convertir le réacteur de manière à ce qu’il ne permette pas la production de plutonium de qualité militaire, et a même délibérément ordonné que cette conversion ne soit pas menée à bien ».

Tsahal a également indiqué que l’usine constituait un « atout économique important pour le régime terroriste et une source de revenus pour l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, lui rapportant des dizaines de millions de dollars par an ».

À la suite des frappes de vendredi à Arak, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué qu’il n’y avait « aucun risque de rayonnement, l’installation ne contenant aucune matière nucléaire déclarée ».

L’AIEA a également indiqué qu’il n’y avait pas eu de rejet de rayonnement hors site depuis l’usine de production d’acier du Khuzestan, qui utilise des sources radioactives.

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