Israël, l’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Irak attaqués par des drones de l’Iran et des Houthis
Les Houthis disent avoir ciblé le port pétrolier stratégique de Yanbu ; Israël et la Jordanie ont abattu des drones près de la mer Morte, tandis que l'Irak fait aussi état d'attaques, sans que les autorités n'identifient l'origine
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Israël, l’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Irak ont signalé lundi des attaques de drones sur leur territoire, alors que les frappes aériennes américaines contre l’Iran connaissaient une accalmie, après près de deux semaines de combats entre les deux camps.
Lundi matin, l’armée israélienne a déclaré avoir abattu deux drones au-dessus de la frontière jordanienne, près de la mer Morte, précisant que ces drones n’avaient pas pénétré sur le territoire israélien. L’origine de ces drones fait l’objet d’une enquête, a indiqué Tsahal.
Le ministère saoudien de la Défense a déclaré avoir abattu des drones visant des cibles pétrolières, dont certaines étaient situées dans sa province orientale et d’autres dans la capitale, Ryad. Il a indiqué que ces drones avaient été lancés depuis l’Irak par des milices soutenues par l’Iran, et s’est réservé le droit de riposter.
Des images satellites circulant sur les réseaux sociaux semblaient montrer les dégâts causés à l’installation de traitement de pétrole d’Abqaiq, appartenant à Saudi Aramco, dans l’est du pays. D’autres images montraient un important panache de fumée s’élevant, vraisemblablement depuis cette installation, à la suite de l’attaque.
Les milices soutenues par l’Iran en Irak n’ont revendiqué aucune attaque dans la région depuis la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran ce mois-ci, après la rupture du cessez-le-feu d’avril. Toutefois, l’Arabie saoudite a été prise pour cible à plusieurs reprises par ces proxys au plus fort de la guerre contre la République islamique d’Iran, qui a éclaté le 28 février.
Par ailleurs, le groupe terroriste chiite yéménite des Houthis, soutenu par la République islamique d’Iran, a déclaré avoir pris pour cible des sites de transit acheminant du pétrole vers l’ouest, en direction du principal port pétrolier saoudien de Yanbu, sur la mer Rouge, en représailles à ce qu’il qualifie d’incursions de drones saoudiens dans l’espace aérien yéménite.
Ryad n’a pas immédiatement commenté les affirmations des Houthis, qui font suite à plusieurs jours d’échanges de frappes entre les deux camps. Les combats ont repris lorsque ces derniers ont annoncé un blocus de l’industrie pétrolière saoudienne en mer Rouge, ce qui a fait grimper encore davantage les cours du pétrole.
L’Arabie saoudite a riposté par des frappes aériennes contre ce qu’elle a qualifié d’installations militaires houthies dans le port yéménite de Hodeïda, affirmant qu’elle protégerait le trafic maritime.
Cette nouvelle flambée de violence entre l’Arabie saoudite et les Houthis est la première depuis des années et menace le cessez-le-feu de 2022, qui avait tenu malgré son expiration.
La Jordanie a également indiqué que ses forces avaient abattu deux drones, et des sources de sécurité irakiennes ont fait état d’une série d’attaques par drones contre des camps abritant des forces kurdes d’opposition iraniennes dans le nord de l’Irak.
Ni les autorités jordaniennes ni celles irakiennes n’ont identifié l’origine de ces drones.
C’est en Jordanie et dans le nord de l’Irak que quatre militaires américains ont été tués au cours de la campagne aérienne de deux semaines que le président américain, Donald Trump, a brusquement suspendue ce week-end après avoir été informé par ses hauts responsables que la stratégie avait fait son temps.
L’Iran a déclaré qu’il suspendrait ses propres attaques tant que le cessez-le-feu imposé unilatéralement par Trump serait en vigueur. Toutefois, il a également affirmé qu’il contrôlait toujours le détroit d’Ormuz, objet de litige, et qu’il ne cherchait pas à reprendre les pourparlers de paix avec les États-Unis.
Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une campagne de bombardements conjointe contre la République islamique, dans le but de déstabiliser le régime et de détruire ses programmes de missiles balistiques et nucléaires.
L’Iran a riposté en lançant des missiles et des drones sur toute la région et en bloquant le détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant environ un cinquième du commerce mondial de pétrole. Le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah s’est engagé dans les combats pour soutenir l’Iran, ouvrant le feu sur Israël.
Un cessez-le-feu a été conclu le 8 avril et, le mois dernier, les États-Unis et l’Iran ont signé un protocole d’accord en vue de pourparlers de paix. Israël n’a participé ni au mémorandum ni aux pourparlers. Depuis, les États-Unis ont attaqué l’Iran en réponse aux attaques répétées de la République islamique contre le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Après treize nuits consécutives de bombardements, Trump a ordonné la fin de la campagne. L’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies a décrit cette décision comme une initiative visant à laisser une marge de manœuvre pour les négociations avec Téhéran.
Cependant, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaei, a déclaré lundi, lors d’une conférence de presse télévisée, que l’Iran n’avait pas demandé la reprise des pourparlers de paix avec les États-Unis.
Des messages continuaient d’être échangés entre les deux parties par l’intermédiaire de médiateurs, et l’Iran n’avait pas renoncé à la voie diplomatique. Toutefois, « les informations selon lesquelles l’Iran aurait demandé des négociations avec les États-Unis sont inventées de toutes pièces », a affirmé Baghaei.
« Ce n’est pas dans notre ADN. »
Téhéran a également indiqué qu’il contrôlait toujours le détroit d’Ormuz.
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