Israël limite à 3 personnes sa délégation à la COP30 au Brésil
Les autorités israéliennes évoquent les mauvaises relations entre Brasilia et Jérusalem à cause de la guerre contre le Hamas et la distance du lieu de la COP30
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Alors que le monde entier s’est donné rendez-vous au Brésil pour la conférence des Nations Unies sur le climat, la COP30, seuls trois responsables de niveau intermédiaire effectueront le déplacement pour représenter Israël, très peu par rapport aux importantes délégations dépêchées lors des précédentes éditions de cette conférence annuelle.
Les mauvaises relations diplomatiques avec le Brésil, la difficulté d’accès et les coûts élevés du déplacement sont les principales raisons invoquées pour cette représentation a minima d’Israël à la conférence, qui a débuté lundi dans la ville portuaire amazonienne de Belém.
Jérusalem est représentée par Rafi Singer, le nouvel envoyé du ministère des Affaires étrangères pour le climat, Adam Schalimtzek, en charge des relations internationales au ministère de la Protection de l’environnement et Amiel Vasl, responsable de la résilience climatique du ministère.
Les trois hommes seront essentiellement là pour s’assurer qu’Israël soit représenté à toutes les discussions officielles. M. Schalimtzek devrait par ailleurs participer à une discussion avec les négociateurs de l’ONU le 17 novembre au Centre de résilience du Pérou.
Contrairement à la COP de Bakou, en Azerbaïdjan, ou à Dubaï, aux Émirats arabes unis, ou encore à Charm el-Cheikh, en Égypte, il n’y aura pas de pavillon israélien.
La petite taille de la délégation de cette année est très en retrait par rapport à celle de l’année dernière, époque à laquelle Israël avait dépêché une délégation d’une centaine de personnes à Bakou.
« L’an dernier, le gouvernement a décidé d’envoyer une délégation, en partant du principe qu’il était important qu’Israël soit là malgré la guerre. Il y a eu un vrai effort interministériel », a déclaré un responsable israélien.
Quelques entreprises israéliennes seront également présentes, à titre privé, ainsi qu’un universitaire israélien, le professeur Yaron Ziv, de l’Université Ben Gurion, qui présentera le 19 novembre un indice de conservation de la nature destinée à évaluer et favoriser la protection de la biodiversité mondiale.
Un lieu controversé
Le choix de la ville de Belém, au Brésil – une décision du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva – a donné lieu à une intense polémique. En effet, cette ville située à la lisière de la forêt amazonienne est, selon les critiques, dépourvue des installations requises pour accueillir des dizaines de milliers de délégués.
Les pays en développement ont déclaré qu’ils n’avaient pas les moyens d’envoyer des délégués, les tarifs hôteliers ayant enregistré de très fortes hausses en raison d’une demande bien supérieure à l’offre.
Les décisions du gouvernement israélien concernant l’envoi et le financement de délégations à des conférences telles que la COP tiennent notamment compte de considérations d’ordre diplomatique, économique et de réputation, expliquent au Times of Israel des responsables israéliens.
Ainsi, l’hostilité du Brésil envers Israël depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 a été prise en compte lors de la réflexion cette année, poursuivent les responsables.
En août dernier, Israël a revu à la baisse sa relation avec ce pays d’Amérique latine suite au refus de ce dernier d’approuver les lettres de créance de l’ambassadeur pressenti par Jérusalem.
La mise en place d’un pavillon et l’organisation d’événements, dans de bonnes conditions de sécurité à l’autre bout du monde, requièrent l’appui d’une ambassade israélienne sur place, ajoutent les responsables. Or, à l’heure actuelle, il n’y a ni ambassadeur ni ambassadeur adjoint à Brasilia, tout au plus une équipe réduite.
Par ailleurs, il peut s’avérer difficile de se rendre à Belém, en l’absence de vol direct depuis Israël.
En outre, Israël a peu de succès à célébrer en matière d’environnement, n’ayant pas réussi à faire adopter une loi sur le climat ou soumettre son nouveau plan de réduction des émissions avant la date-butoir, en février dernier.
Il y a de cela dix ans, lors de la COP21, à Paris, un accord international avait été conclu pour maintenir l’augmentation des émissions, d’ici la fin du siècle, sous la barre des 2 °C, et de préférence à 1,5 °C en dessous des niveaux préindustriels.
Tous les cinq ans, tous les pays sont supposés proposer des objectifs toujours plus ambitieux et décrire les moyens de parvenir à la réduction des émissions et de s’adapter aux impacts du changement climatique.
Selon le dernier rapport en date sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions, publié la semaine dernière par le Programme des Nations Unies pour l’environnement, par rapport aux niveaux de 2019, les émissions mondiales annuelles devront être réduites de 35 % et 55 % respectivement seraient nécessaires d’ici 2035 pour maintenir la hausse des températures dans les limites des objectifs fixés à Paris.
Plus de 50 dirigeants ont participé au sommet des dirigeants de la COP30, la semaine dernière, en l’absence de quelques gros émetteurs de dioxyde de carbone, à commencer par le président américain Donald Trump, pour lequel le changement climatique est un canular, ou encore Vladimir Poutine en Russie, Xi Jinping en Chine et Narendra Modi en Inde.
La COP30 se tiendra jusqu’au 21 novembre.
la Communauté du Times of Israël !







