Israël rejette le dernier rapport du HCHR au sujet de la Cisjordanie
Le Bureau des droits humains a affirmé que 36 000 Palestiniens ont été déplacés entre octobre 2024 et octobre 2025, accusant Israël d'avoir tenu un rôle majeur dans ce phénomène ; le Bureau est 'l'épicentre d'un activisme anti-israélien ignoble," déplore l'État juif
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L’ONU a appelé mardi Israël à cesser immédiatement l’expansion des implantations en Cisjordanie, qui a entraîné le déplacement de plus de 36 000 Palestiniens en un an, soulevant des inquiétudes, selon elle, quant à un « nettoyage ethnique ».
Selon un nouveau rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, couvrant la période allant de novembre 2024 à la fin octobre 2025, « le déplacement de plus de 36 000 Palestiniens en Cisjordanie constitue une expulsion massive de Palestiniens d’une ampleur inédite ».
Le Haut-Commissariat souligne que « les déplacements en Cisjordanie, qui coïncident avec le déplacement massif de Palestiniens à Gaza (…), semblent indiquer une politique israélienne concertée de transfert forcé massif » sur l’ensemble des territoires palestiniens, « qui soulève des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique ».
Le 19 février, le Haut-Commissariat avait déjà indiqué craindre un « nettoyage ethnique » dans les territoires palestiniens, en pointant du doigt une série d’actions israéliennes dont « l’intensification des attaques, la destruction méthodique de quartiers entiers, le refus d’apporter une aide humanitaire et les transferts forcés ».
Le rapport fait état, sur la période concernée, de « l’avancement ou de l’approbation, par les autorités israéliennes, de 36 973 unités de logement dans les implantations de Jérusalem-Est et d’environ 27 200 dans le reste de la Cisjordanie ».
Dans sa réponse, la mission diplomatique israélienne à Genève a fait allusion aux accusations de longue date qui sont lancées à l’encontre de cette instance des Nations unies — des accusations auxquelles les États-Unis ont souvent apporté leur soutien — qui lui ont reproché d’avoir adopté un parti pris injuste à l’égard d’Israël, faisant par ailleurs preuve d’un certain mépris pour d’autres situations relatives aux droits humains à travers le monde.
« Le Haut-commissariat n’a pas le fonctionnement d’un bureau des droits de l’Homme impartial et neutre – mais il est l’épicentre d’un activisme anti-israélien ignoble », a écrit la mission dans un communiqué, fustigeant « la machine à rhétorique anti-israélienne de l’ONU » ayant produit plusieurs rapports sur les implantations israéliennes, ces derniers mois.
« Il est légitime de se demander comment il est possible que le Bureau finance une telle duplicité, alors que d’autres situations relatives aux droits de l’Homme restent mises de côté », a-t-elle ajouté.
Le mois dernier, la mission permanente d’Israël à Genève avait déjà rejeté un rapport similaire. « Le Haut-Commissariat mène une campagne vicieuse de diabolisation et de désinformation à l’encontre l’État d’Israël », avait-elle dit à l’époque.
Israël a également insisté sur le fait que l’État juif ne prenait que les mesures qui sont indispensables à sa sécurité en raison de la menace terroriste persistante qui émane des territoires palestiniens.
Pour une grande part, le déplacement de milliers de personnes a eu lieu dans le nord de la Cisjordanie, où Israël a lancé une vaste opération antiterroriste le début de l’année 2025. Le gouvernement israélien affirme que cette campagne vise à éradiquer les groupes terroristes qui sont actifs dans la région.
Le rapport qui a été diffusé mardi indique que ces déplacements « semblent révéler une politique israélienne concertée de transfert forcé massif à travers le territoire occupé, visant à un déplacement permanent, ce qui soulève des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique ».
Israël affirme que le statut du territoire est contesté et ne considère pas que la présence de Tsahal puisse s’apparenter à une occupation.
Plus de 500 000 Israéliens vivent en Cisjordanie – hors Jérusalem-Est – parmi environ trois millions de Palestiniens, dans des implantations que les Nations unies considèrent comme illégales au regard du droit international.
Les violences dans ce territoire palestinien placé sous le contrôle d’Israël depuis 1967 ont flambé depuis le pogrom commis par le groupe terroriste du Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023 – une attaque sans précédent qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza – et elles se sont poursuivies malgré l’entrée en vigueur le 10 octobre d’un cessez-le-feu à Gaza.
Dans son rapport, le Haut-Commissariat recense 1 732 incidents de violence commis par des extrémistes juifs ayant entraîné des victimes ou des dégâts matériels, contre 1 400 lors de la période précédente (novembre 2023 à fin octobre 2024).
« La violence des colons s’est poursuivie de manière coordonnée, stratégique et largement impunie, les autorités israéliennes jouant un rôle central », indique le rapport.
Ce sont plus de 1 000 Palestiniens qui ont été tués en Cisjordanie par les forces israéliennes ou par des partisans du mouvement pro-implantation depuis le début de la guerre, a fait savoir le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne. De son côté, l’armée israélienne affirme que la grande majorité des défunts étaient des hommes armés qui ont perdu la vie lors d’échanges de tirs, évoquant également des émeutiers qui affrontaient les soldats ou des terroristes qui étaient en train de commettre des attentats.
Au cours de la même période, 65 civils et membres des forces de sécurité israéliennes ont été tués lors d’attaques terroristes en Israël et en Cisjordanie. Huit autres membres des forces de sécurité ont perdu la vie lors d’affrontements survenus au cours de raids qui avaient été lancés dans des villes palestiniennes de Cisjordanie.
Il y a également eu une forte recrudescence des attaques commises par les partisans du mouvement pro-implantation israélien à l’encontre des Palestiniens et de leurs biens à travers la Cisjordanie. Tsahal a ainsi recensé 867 incidents de crimes nationalistes et de violences commises par des extrémistes juifs pour l’année 2025. Le total pour 2024 s’élevait à 682 incidents.
Le « transfert illégal » de Palestiniens « constitue un crime de guerre », pointe le Haut-Commissariat. Et « dans certaines circonstances », de tels actes peuvent même « s’apparenter à un crime contre l’humanité ».
Dans un communiqué, Volker Türk appelle Israël « à cesser immédiatement et complètement la création et l’expansion des implantations, à évacuer tous les résidents et à mettre fin à l’occupation » des territoires palestiniens.
Il demande également à Israël « de permettre le retour des Palestiniens déplacés et de mettre fin à toutes les pratiques de confiscation de terres, d’expulsions forcées et de démolitions de maisons ».
Le rapport souligne aussi le risque accru de déplacement auquel sont exposés des milliers de Palestiniens appartenant à des communautés bédouines situées au nord-est de Jérusalem-Est en raison de l’avancement des projets de colonisation sur place.
la Communauté du Times of Israël !







