Josh Shapiro briguera un second mandat de gouverneur de Pennsylvanie avant les présidentielles de 2028
Le politicien juif, pressenti comme vice-président de Kamala Harris, a annoncé sa candidature après s'être mis sur les rangs du prochain candidat démocrate à la présidence
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HARRISBURG, Pennsylvanie — Le gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, est en lice pour un second mandat dans cet État clé, après un premier mandat qui l’a mis sur les radars du Parti démocrate en qualité de possible candidat à la présidence en 2028.
Il devait en faire l’annonce officielle ce jeudi lors d’événements qui étaient organisés à Pittsburgh et Philadelphie.
Bien que Shapiro n’ait rien laissé filtrer sur de possibles ambitions concernant des fonctions plus élevées encore, sa possible réélection sera suivie de près, comme un test en vue de la Maison-Blanche.
Depuis son élection au poste de gouverneur avec un score écrasant, en 2022, Shapiro fait partie d’une cohorte de démocrates, à commencer par le gouverneur de Californie Gavin Newsom, celui de l’Illinois JB Pritzker ou encore celui du Maryland Wes Moore et d’autres, qui sont dorénavant susceptibles de prendre la tête d’un ticket national.
Shapiro, qui est âgé de 52 ans, a déjà fait des tournées en périphérie de la Pennsylvanie. L’an dernier, il a fait campagne pour les Démocrates en lice pour le poste de gouverneur dans le New Jersey et en Virginie, et il est un invité régulier des talk-shows du dimanche qui font et défont le débat politique dans le pays.
En 2024 déjà, son nom avait circulé comme possible colistier de Kamala Harris avant qu’elle ne porte finalement son choix sur le gouverneur du Minnesota, Tim Walz.
Un premier mandat de gouverneur réussi
Le premier mandat de Shapiro l’a à plusieurs reprises mis sous le feu des projecteurs.
Il était en effet gouverneur lorsque la Pennsylvanie a été le théâtre de la première tentative d’assassinat du président Donald Trump, lors de la capture de Luigi Mangione, tueur présumé du directeur général de United Healthcare, Brian Thompson, et enfin au moment du meurtre de trois policiers lors de la journée la plus meurtrière pour les forces de l’ordre depuis 2009.
L’an dernier, un homme a tenté de tuer Shapiro en mettant le feu à la résidence officielle du gouverneur en pleine nuit, pendant la fête juive de Pessah. Cette nuit-là, Shapiro a dû quitter précipitamment son domicile avec sa femme, ses enfants et d’autres proches. Cette attaque a fait de lui une voix des plus recherchées face à la récente vague de violences politiques qui frappe les Etats-Unis.
L’incendiaire, qui a plaidé coupable, a déclaré aux enquêteurs s’en être pris au gouverneur pour « compenser » la guerre à Gaza.
Shapiro s’est peu à peu fait à ses responsabilités de gouverneur, devenant à la fois plus direct et plus détendu.
Grâce à lui, la partie effondrée de l’Interstate 95, à Philadelphie, a été rapidement reconstruite, ce qui a mis le vent en poupe à son nouveau slogan, un rien vulgaire— « get s—- done » — lors de la cérémonie de fin des travaux.
En matière scolaire, ils a pris des positions peu orthodoxes en soutenant un programme de bons scolaires promu par les Républicains, ce qui lui a valu maille à partir avec les législateurs démocrates et leurs alliés dans cet État.
Shapiro rappelle régulièrement la nécessité du bipartisme dans un État caractérisé par une législature politiquement divisée et se positionne comme modéré sur les questions énergétiques dans un État qui est le deuxième plus gros producteur de gaz naturel après le Texas.
Il côtoie des cadres d’entreprise que la Pennsylvanie intéresse en sa qualité de destination prisée des centres de données, ce qui a valu à cet Etat de rivaliser pour des milliards de dollars dépensés dans des infrastructures d’intelligence artificielle.
Plusieurs fois vainqueur sur un territoire très disputé
Shapiro bénéficie d’une forte popularité et d’une réputation de porteur de message discipliné doublé d’un redoutable collecteur de fonds.
Avant d’être élu gouverneur, il avait effectué deux mandats de procureur général de l’État et sa victoire de 2022 n’a pas été, à l’évidence, le test ultime de sa viabilité politique. En effet, il avait alors pour adversaire le sénateur Doug Mastriano, dont la politique de droite avait aliéné certains de ses électeurs et l’avait isolé de la direction politique et de la base de donateurs du parti.
Cette fois-ci, en 2026, face à Shapiro, le Parti républicain de Pennsylvanie va soutenir Stacy Garrity, la trésorière d’État élue à ce poste à deux reprises.
Garrity a fait campagne en Pennsylvanie et pris la parole à de nombreuses reprises lors de meetings de Trump dans cet État clé, mais elle n’a pas encore fait ses preuves en tant que collecteuse de fonds et fera sans doute pâle figure face à Shapiro.
Shapiro, quant à lui, a un emploi du temps public des plus chargés et n’hésite pas à participer à des événements prestigieux et non politiques comme des matchs de football, une course NASCAR ou encore un concert Roots à Philadelphie.
Habitué des émissions politiques télévisées, des podcasts et des émissions de radio sportives locales, il bénéficie du soutien d’une équipe qui, sur les réseaux sociaux, lui assure une présence sur TikTok et d’autres plateformes populaires auprès de la génération Z. Il est même allé dans le podcast de Ted Nugent, rocker connu pour ses opinions politiques d’extrême droite et son soutien à Trump.
En 2024, certains militants se sont opposés à sa nomination à la vice-présidence de la candidate démocrate en raison de ses opinions sur Israël, et ce en dépit d’opinions similaires des autres candidats, ce qui a donné lieu à des rumeurs d’antisémitisme qu’il avait rapidement fait taire.
Dans son récent ouvrage, Harris a écrit avoir refusé de prendre Shapiro, estimant qu’il ne convenait pas pour ce poste.
Shapiro, écrit-elle, « disait vouloir être là pour chacune des décisions », ce qui l’a « fait douter qu’il se contente du rôle de numéro deux et que cela pèse sur notre relation. » Shapiro a contesté cette description, déclarant à The Atlantic que les propos de Harris étaient des « mensonges flagrants » et plus tard, sur MS NOW, que « ce n’était pas du tout vrai ».
Une sorte de test en vue de la campagne présidentielle
En septembre dernier, dans « Meet the Press », sur NBC News, l’animatrice Kristen Welker lui a demandé s’il accepterait de faire un second mandat de gouverneur et s’il excluait de se présenter à la présidence en 2028.
« Je me concentre sur mon travail ici », lui a-t-il répondu en esquivant la question.
Les ambitions qu’on lui prête envers la Maison-Blanche — et qu’il n’a jamais réellement admises publiquement — sont souvent mentionnées par Garrity.
« Nous avons besoin de quelqu’un qui s’intéresse vraiment à la Pennsylvanie, pas à Pennsylvania Avenue », a déclaré Garrity lors d’une émission de radio à Philadelphie.
De son côté, Shapiro estime que Garrity est trop dans l’attente du soutien de Trump pour être un défenseur efficace de la Pennsylvanie.
Quoi qu’il en soit, la campagne électorale pourrait donner à Shapiro l’opportunité de passer une sorte de test en vue d’une possible candidature à la Maison-Blanche.
Shapiro ne craint pas de critiquer Trump, même dans un État pivot remporté par le président en 2024. En tant que gouverneur, il a en effet pris part ou déposé plus d’une dizaine de plaintes contre l’administration Trump, essentiellement sur la question du gel des fonds destinés aux États. Il a par ailleurs critiqué les tarifs douaniers de Trump, jugés « imprudents » et « dangereux », qualifié les menaces de révocation des licences de télévision de « tentative d’étouffer la dissidence » et taxé les violences politiques induites par Trump de preuve d’un « problème d’autorité » qui « rend le monde moins sûr ».
Lors d’une récente conférence de presse, il s’en est pris au vice-président JD Vance — possible candidat Républicain en 2028 — au sujet des mesures prises par la Maison-Blanche pour mettre un terme à l’aide alimentaire d’urgence aux États lors de la paralysie du gouvernement fédéral.
Nombre des concurrents de Shapiro à la primaire démocrate n’auront pas à se présenter au suffrage des électeurs avant cette échéance. En effet, Newsom ne peut plus briguer de nouveau mandat et d’autres — comme l’ex-Secrétaire aux Transports Pete Buttigieg — n’occupent pas de fonctions publiques. D’autres gouverneurs susceptibles d’être en lice pour 2028 — Moore et Pritzker — se représentent cette année.
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