Journée nationale en mémoire de Dreyfus : réactions de la famille et d’un historien
"Les valeurs (qui seront célébrées) c'est l'exigence de la vérité, mais aussi les valeurs de l'intelligence dans le combat, de l'humanité et celle de la justice qui finit par triompher", selon l'historien Vincent Duclert
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Une mémoire « réhabilitée », « l’Etat de droit » à l’honneur et l’antisémitisme combattu: les descendants du capitaine Dreyfus ont salué samedi l’instauration d’une journée nationale de commémoration pour la reconnaissance de son innocence, le 12 juillet 1906, tout comme l’historien Vincent Duclert, qui demandait sa panthéonisation.
Anne-Cécile Lévy, arrière-petite-fille
« C’est formidable qu’il y ait une commémoration nationale et annuelle. Le Panthéon, ce serait certes grandiose mais je ne suis pas certaine que ça ait un impact sur la jeunesse, qui a besoin de retrouver toutes les valeurs que recense l’Affaire Dreyfus et le combat de mon arrière-grand-père ».
« Je suis très heureuse qu’on réhabilite enfin la mémoire de ce grand homme qui fut un héros et pas une victime, ou alors une victime héroïque ».
« Pendant très longtemps, il est passé pour un être falot, sans intérêt, qui n’avait pas été à la hauteur de la cause pour laquelle s’étaient battus de grands hommes ».
« Je pense à mon père et à ma grand-mère qui n’ont pas eu la chance de vivre ça et qui ont été obligés de se battre pour qu’on ne blesse pas l’image de leur père et grand-père ». (à l’AFP)
Michel Dreyfus, arrière-petit-fils
« La dimension héroïque d’Alfred Dreyfus a été trop souvent niée. Il a été un héros en se battant pour recouvrer son honneur et ne serait-ce qu’en survivant à l’épreuve terrible qu’il a subie ».
« C’est aussi l’Etat de droit qu’on célèbre et c’est important en ce moment parce qu’il est remis en cause dans plusieurs pays ».
« Cette instauration ne ferme rien, ca peut être aussi une porte ouverte à un panthéonisation », ajoute-t-il en souhaitant aussi qu’aboutisse le processus législatif visant à attribuer à son aïeul à titre posthume le grade de général de brigade. (à l’AFP)
Vincent Duclert, historien et partisan d’une panthéonisation
« A travers cette annonce et les mots qui l’accompagnent, c’est Dreyfus qui est pleinement honoré parce qu’il a été l’artisan courageux, patriote de ce combat pour la justice ».
« La cérémonie nationale (annuelle), c’est très important parce que la mémoire et l’histoire du capitaine Dreyfus et des dreyfusards va être toujours revivifiée ».
« C’est presque plus fort que le Panthéon qui est une cérémonie ».
« Les valeurs (qui seront célébrées) c’est l’exigence de la vérité, mais aussi les valeurs de l’intelligence dans le combat, de l’humanité et celle de la justice qui finit par triompher ».
L’historien pointe aussi un « lien » entre l’Affaire Dreyfus et le régime de Vichy. « Madeleine Lévy, petite-fille du capitaine, est résistante du mouvement Combat. Elle est arrêtée, déportée comme juive à Auschwitz où elle mourra », rappelle-t-il. (à l’AFP)
Charles Sitzenstuhl, rapporteur de la proposition de loi sur l’attribution du grade de général (député Renaissance)
« Le président a pris acte du vote de l’Assemblée nationale sur le grade », le 2 juin. « Il laisse au Parlement le fait de statuer ».
« Le Sénat doit maintenant aller à l’automne au bout du processus de réparation sur le grade ».
« J’espère que la panthéonisation se fera un jour. Mais il faut d’abord régler la question du grade, de façon posthume, symbolique. Ce n’était pas un petit sujet pour Dreyfus ».
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