Katz accuse Zamir de s’allier à des « fauteurs de troubles » contre la hiérarchie
Le ministre de la Défense revendique à tort le droit d’approuver les promotions ; Ben Gvir presse Netanyahu de limoger Zamir s’il ne rompt pas avec son "cercle d’extrême gauche"
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Mercredi, le ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré qu’il surveillait de près les décisions relatives au personnel militaire, intensifiant ainsi sa querelle avec le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir.
« Après les événements du 7 octobre, l’armée ne peut plus fonctionner sans supervision », a-t-il déclaré, dans ce que son bureau a qualifié de « clarification ».
Lundi, Katz avait déjà critiqué Zamir pour avoir organisé une réunion sur les nominations à des postes de haut rang, qu’il avait par la suite rejetées.
« Conformément à la loi, c’est moi qui décide de l’approbation des promotions à partir du grade de colonel ; le rôle du chef de Tsahal est de recommander divers candidats », a-t-il déclaré dans un communiqué.
« C’est pourquoi une procédure a été mise en place pour une consultation préalable entre le ministre de la Défense et le chef d’état-major, une procédure qui doit être menée de manière ordonnée et dans le cadre de discussions préliminaires, comme c’est le cas depuis que j’ai pris mes fonctions », a poursuivi Katz.
« La tentative de modifier les procédures que nous avons décidées, – peut-être sur recommandation de conseillers opposés au gouvernement qui attisent les tensions – pour les remplacer par des décisions prises lors de réunions ad hoc, ne passera pas » a-t-il ajouté.
S’il n’existe effectivement aucune loi désignant le ministre de la Défense comme responsable d’approuver les promotions des hauts gradés de l’armée, il existe toutefois un « ordre de l’état-major général » – un protocole militaire de haut niveau – datant de 1992 et mis à jour en 2020. Celui-ci stipule que pour les promotions des colonels et des grades supérieurs, le chef d’état-major de Tsahal est « l’autorité de nomination » et le ministre de la Défense est « l’autorité d’approbation ».
Le protocole définit cette autorité d’approbation comme le responsable habilité à entériner la promotion d’un officier après qu’elle a été validée lors d’une discussion sur les effectifs.
Il précise également que « la nomination des officiers de Tsahal aura lieu après la tenue d’une discussion sur les nominations. La décision prise lors de cette discussion sera rendue par le président de séance et transmise pour approbation à l’autorité d’approbation ».
Après la déclaration de Katz, des responsables anonymes de la Défense, cités par la radio de l’armée, ont rejeté ses affirmations, estimant que le chef de Tsahal avait agi de manière appropriée.
« Le ministre de la Défense tente de politiser l’armée et ses officiers », ont déclaré ces responsables, selon la radio. « Aucun ministre de la Défense avant lui n’avait agi de façon aussi flagrante. Les nominations au sein de Tsahal doivent se faire selon la chaîne de commandement et la hiérarchie militaire. »
Les responsables auraient ajouté que quand un commandant « sait que c’est le ministre de la Défense ou la Quatorzième chaîne [proche de la droite] qui l’ont nommé, que doit-il penser ? »
La position de Katz « risque d’avoir de vastes implications pour l’ensemble du corps des officiers de carrière », ont déclaré les responsables. « La nomination des officiers par le ministre pourrait transformer Tsahal en une force de police. »
Les responsables ont également avancé que l’attaque de Katz était motivée par ses désaccords avec Zamir sur la conscription des ultra-orthodoxes et le projet de prise de Gaza-City. Ils ont ajouté que Zamir n’avait pas l’intention de démissionner pour ces différends.
Mardi, Kan a cité des sources au sein de Tsahal selon lesquelles Zamir avait prévu de rencontrer Katz la veille pour examiner la liste des nominations, mais qu’il n’avait pas été autorisé à entrer dans le bureau du ministre à l’heure convenue, le secrétaire de Katz lui ayant indiqué que celui-ci était occupé.
Le bureau de Katz a déclaré qu’une réunion avait été prévue avec Zamir, mais que le général avait ensuite été informé que le ministre de la Défense ne serait pas disponible et que la réunion était annulée, a déclaré Kan.
Kan a également rapporté que Zamir avait récemment consulté plusieurs anciens hauts gradés de l’armée, dont l’ancien chef d’état-major Gabi Ashkenazi, l’ex-chef de la Direction des opérations Israel Ziv et l’ancien porte-parole de Tsahal Avi Benayahu, tous critiques du gouvernement.
Selon Haaretz, lors de ses échanges, Zamir avait confié avoir été « fiché » par la famille Netanyahu pour son opposition à une nouvelle offensive sur Gaza, et que des proches du Premier ministre souhaitaient le limoger.
Zamir a remplacé l’ex-chef de Tsahal Herzi Halevi en mars.
Une source ayant participé à ces consultations aurait déclaré : « Le chef d’état-major comprend parfaitement la situation et n’a aucune intention de livrer l’armée à Netanyahu et Katz. »
Réagissant à ces informations, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a déclaré mercredi que Netanyahu devrait remplacer Zamir s’il ne renvoyait pas immédiatement ses conseillers.
« Quand on voit les personnes les plus proches du chef d’état-major, on comprend pourquoi il s’oppose farouchement à notre plan d’occupation de Gaza », a affirmé Ben Gvir, ajoutant que Zamir était entouré de personnalités favorables à la « capitulation ».
« S’il n’annonce pas immédiatement qu’il remplace son cercle politique d’extrême gauche, j’appelle le Premier ministre à le remplacer sans délai par un candidat déterminé à obtenir la victoire, et non par quelqu’un qui, avec ses conseillers, s’efforce de saper le leadership politique », a-t-il ajouté.
Dans une publication sur X, Benayahu a démenti l’information selon laquelle il ferait partie d’un « cercle restreint » conseillant Zamir.
« C’est faux. Je l’ai clairement indiqué au journaliste qui m’a contacté. Je lui ai répondu en toute franchise que j’avais rencontré Zamir une seule fois dans son bureau, en présence du porte-parole de Tsahal, pour une conversation informelle, et que je ne lui avais parlé que deux fois au téléphone », a-t-il précisé.
Benayahu a ajouté que, selon lui, les informations diffusées par Kan « avaient été transmises à un journaliste diplomatique respecté, mais moins familier des questions liées au chef d’état-major et à son entourage, et qu’elles visaient apparemment à préparer le terrain pour une annonce, ce matin, du bureau du ministre de la Défense sur des ‘conseillers anti-gouvernementaux’ (qu’est-ce que cela signifie ?) auprès de Zamir ».
Ce différend survient après l’approbation, dans la nuit de jeudi à vendredi, par le cabinet, d’un plan visant à prendre le contrôle de Gaza-City, version apparemment édulcorée de l’intention déclarée de Netanyahu de s’emparer de l’ensemble de la bande de Gaza.
Cette décision a suscité de vives critiques en Israël comme à l’étranger. Zamir aurait averti le cabinet que l’extension des combats mettrait en danger les 50 otages restants à Gaza et aggraverait la crise humanitaire.
Netanyahu s’est régulièrement heurté aux chefs de la sécurité israélienne tout au long de la guerre à Gaza. Ses détracteurs l’accusent de chercher à rejeter sur eux la responsabilité de l’incapacité à empêcher l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché le conflit.
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