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Kiryat Shmona organise une grève pour protester contre le cessez-le-feu au Liban

La ville du nord ferme ses écoles et ses services non essentiels, accusant le gouvernement de l'abandonner alors qu'elle est dans la ligne de mire du Hezbollah, bombardée sans relâche

Des habitants de Kiryat Shmona manifestant contre le cessez-le-feu conclu avec le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, devant l'ambassade des États-Unis, à Jérusalem, le 19 avril 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des habitants de Kiryat Shmona manifestant contre le cessez-le-feu conclu avec le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, devant l'ambassade des États-Unis, à Jérusalem, le 19 avril 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des centaines d’habitants de la ville frontalière de Kiryat Shmona, dans le nord du pays, ont manifesté dimanche devant le bureau du Premier ministre et l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. Ils dénonçaient le cessez-le-feu conclu jeudi avec le Hezbollah, après des semaines d’attaques incessantes visant des communautés du nord d’Israël à l’aide de roquettes et de drones.

Cette manifestation s’inscrivait dans le cadre d’une grève de plus grande envergure orchestrée par la municipalité de Kiryat Shmona, en réponse au cessez-le-feu de dix jours qui a mis fin à l’offensive israélienne menée au Liban contre le Hezbollah, soutenu par l’Iran. Un cessez-le-feu que ses détracteurs ont critiqué comme ayant été imposé à Israël par Washington, au détriment des intérêts du pays.

La municipalité a déclaré que tous les services non essentiels seraient suspendus dimanche et que les écoles de la ville serait fermé, à l’exception des infrastructures d’éducation spécialisée.

Kiryat Shmona est la localité qui a été la plus touchée par le Hezbollah, tant lors de la récente vague de violence que pendant l’année 2023-2024, marquée par les hostilités, provoquant l’évacuation d’une grande partie de ses habitants.

« Nos exigences sont très claires », a déclaré la municipalité dans son communiqué. « Le démantèlement du Hezbollah en tant qu’organisation militaire et civile, la mise en place de lignes de défense et de systèmes de protection efficaces à la frontière nord, ainsi que la protection totale de chaque habitant et de chaque institution publique, en particulier les établissements d’enseignement. »

Le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch (Likud), s’est opposé à cette action, estimant que les écoles ne devaient pas être impliquées.

« Je ne porte aucun jugement sur la protestation politique du maire. Mais impliquer le système scolaire dans une grève, quelle qu’elle soit, est une grave erreur. Nuire aux enfants et prendre le système scolaire en otage, quel que soit le but recherché, est une grave erreur », a-t-il déclaré à la radio de l’armée, Galei Tsahal.

Des habitants de Kiryat Shmona manifestent contre le cessez-le-feu avec le Hezbollah devant l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, le 19 avril 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un cortège de véhicules a donc quitté la ville pour se rendre à Jérusalem et y manifester.

« Après deux ans d’évacuation, pendant lesquels nos enfants ont grandi dans des hôtels et des abris, nous ne soutiendrons pas un accord qui revient à abandonner le nord et à permettre au Hezbollah de continuer à s’armer à nos portes », a déclaré la municipalité dans un communiqué.

« Pourquoi laissez-vous nos enfants vivre ainsi ? »

Les manifestants ont été rejoints par le maire de Kiryat Shmona, Avichai Stern, qui, malgré son appartenance au Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dénonce ouvertement les actions du gouvernement dans le nord d’Israël depuis que la dernière vague de combats avec le Hezbollah a éclaté en octobre 2023, obligeant à évacuer sa ville.

Avant octobre 2023, près de 24 500 personnes vivaient à Kiryat Shmona. Mais plus d’un an de combats contre le Hezbollah et les évacuations qui en ont résulté se sont soldés par une forte baisse de la population : en septembre 2025, Kiryat Shmona ne comptait plus que 18 600 habitants.

Manifestant aux cotés de ses électeurs devant l’ambassade des États-Unis, Stern a adressé un message au président américain Donald Trump, à l’origine du cessez-le-feu imposé à Israël et qui a interdit publiquement à Jérusalem de mener de nouvelles frappes au Liban.

« Président Trump, vous ne laisseriez pas vos enfants vivre sous la menace. Pourquoi laissez-vous les nôtres vivre ainsi ? », a demandé le maire de Kiryat Shmona, Avichaï Stern, lors de la manifestation.

« Vous nous abandonnez depuis 1969 », a-t-il lancé, se référant apparemment à l’attaque meurtrière à la roquette Katyusha qui avait frappé la ville le 1er janvier de cette année-là. « Vous n’avez rien fait pour protéger les habitants de Kiryat Shmona. »

« Les projets ne manquent pas », a-t-il ajouté, énumérant les différents engagements pris par le gouvernement pour sécuriser, investir et industrialiser les communautés situées à l’extrême nord d’Israël.

« Un train, des transports, des services de santé », a égrené Stern. « Nous réclamons un hôpital depuis longtemps. Pourquoi un enfant de Kiryat Shmona n’est-il pas traité comme un enfant du centre ou du sud ? »

Cette manifestation a bénéficié du soutien des membres de l’opposition qui, depuis l’annonce du cessez-le-feu, jeudi dernier, ont reproché à Netanyahu d’avoir capitulé face aux États-Unis.

Le chef du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, a dit, sur la radio de l’armée, Galei Tsahal, comprendre la colère de ces habitants.

« Ils ont tout à fait raison, ce qui se passe est tout simplement une honte. Cette ville est vide, 40 % de ses habitants sont partis et ne reviendront probablement pas. Cette ville ne reçoit pas le soutien gouvernemental nécessaire pour se relever », a-t-il déclaré.

La municipalité a indiqué que les services d’éducation spécialisée et les services d’urgence fonctionneraient normalement.

Au milieu de la colère, un retour à la vie normale

Pourtant, malgré la colère des habitants et des responsables municipaux, la vie a commencé à reprendre son cours normal dans le nord d’Israël, alors que le fragile cessez-le-feu semblait tenir.

Le ministère de la Santé a annoncé dimanche avoir ordonné à tous les hôpitaux du nord de reprendre leurs activités en surface, en accord avec les directives du commandement du Front intérieur de l’armée israélienne et une évaluation actualisée de la sécurité.

Toutefois, si le cessez-le-feu venait à échouer, le ministère a précisé que les hôpitaux seraient prêts à reprendre leurs activités souterraines en quelques heures.

Le professeur Masad Barhoum, directeur général de l’hôpital de Galilée à Nahariya, a félicité le personnel soignant, leur déclarant qu’après 50 jours d’activité dans des zones souterraines protégées, leur « état de préparation, leur résilience et leurs performances face aux tirs incessants et au danger sur la ligne de front sont exemplaires ».

L’hôpital reste vigilant, a-t-il ajouté, « car notre état de préparation pourrait de nouveau être mis à l’épreuve ».

Depuis le début du cessez-le-feu jeudi, deux soldats israéliens ont été tués dans le sud du Liban. Cela porte à 15 le nombre de soldats tués depuis la reprise des combats le 2 mars.

Deux civils ont également été tués par des roquettes du Hezbollah. Un civil israélien a été tué par erreur dans le nord lors d’un bombardement de l’artillerie israélienne.

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