La Bavière restitue aux héritiers d’un marchand d’art juif un buste de Picasso spolié sous le nazisme
Cette restitution marque le début d'une « nouvelle ère » selon Markus Blume, ministre d'État bavarois chargé de la Science et de la Culture.
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La Bavière a restitué aux héritiers du marchand d’art juif Alfred Flechtheim un buste en bronze de Fernande Olivier, première compagne et muse de Pablo Picasso, d’après un article du Figaro.
L’œuvre, exposée jusqu’alors à la Neue Pinakothek de Munich, appartenait à Alfred Flechtheim avant qu’il fuie l’Allemagne en 1932. Cette restitution a été rendue possible grâce au nouveau cadre juridique allemand sur les biens culturels spoliés pendant la période nazie.
« Il s’agit d’une nouvelle ère », a déclaré Markus Blume, ministre d’État bavarois chargé de la Science et de la Culture cité par le journal.
Bien que le service des collections bavaroises eut recommandé dès 2023 la restitution de la sculpture, la Bavière s’y était alors opposée, estimant qu’il n’était pas possible d’établir avec suffisamment de certitude la propriété de l’œuvre.
Les nouvelles règles d’évaluation ont toutefois permis de revoir cette décision. Selon le ministère, Alfred Flechtheim avait déposé le buste dans une banque en garantie d’un prêt avant son exil.
« La nouvelle évaluation laisse fortement penser qu’Alfred Flechtheim, contraint à l’exil, n’a pas été en mesure de rembourser sa dette et a donc perdu la sculpture. Le nouveau cadre d’évaluation permet de prendre en compte ce fait historique », précise le ministère.
Selo des propos recueillis par Le Figaro, Markus Stötzel, avocat de la succession, s’est réjoui que justice enfin « rendue ». Il souligne toutefois que plusieurs autres œuvres ayant appartenu au marchand d’art restent encore à restituer.
Cette décision pourrait ouvrir la voie à d’autres, allant dans le même sens. Selon Markus Blume, le nouveau cadre d’évaluation est susceptible d’entraîner le réexamen d’autres dossiers. L’ancienne commission consultative, dont les avis n’étaient pas contraignants, a été remplacée par une juridiction arbitrale, offrant aux héritiers des familles spoliées une nouvelle voie pour faire valoir leurs droits sur des œuvres conservées par des institutions publiques.
La Bavière avait été vivement critiquée après des révélations (notamment celles du quotidien Süddeutsche Zeitung ou de l’hebdomadaire Die Zeit) montrant que des œuvres spoliées par les nazis demeuraient dans les collections publiques du Land, sans que des démarches significatives ne soient entreprises pour les restituer.
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