La France menace Israël d’une « réaction forte » en cas de fermeture de son consulat à Jérusalem
Le ministère français des Affaires étrangères dit n'avoir eu aucune notification officielle de cette décision, prise en rétorsion à son projet de reconnaissance de l'État palestinien
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Le projet israélien de fermeture du consulat de France à Jérusalem s’attirerait une « réaction forte » de Paris, a déclaré lundi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
Cette déclaration fait suite à des informations selon lesquelles le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, aurait tenté d’obtenir qu’Israël ferme le consulat français de Jérusalem en guise de rétorsion à l’annonce du président français Emmanuel Macron concernant la prochaine reconnaissance d’un État palestinien.
En juillet, la déclaration de Macron selon laquelle la France reconnaîtrait un État de Palestine à l’ONU le mois prochain avait déclenché une onde de choc et plusieurs pays occidentaux avaient, dans son sillage, déclaré qu’ils feraient de même.
Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a déclaré par voie de communiqué que Paris n’avait reçu aucune notification officielle d’une telle décision, mais a mis en garde contre celle-ci.
« Nous n’avons reçu aucune notification officielle des autorités israéliennes concernant cette mesure, qui pourrait gravement nuire à nos relations bilatérales et donner lieu à une réaction forte », indique le communiqué.
Fin juillet, Macron a annoncé sur les réseaux sociaux que son gouvernement reconnaîtrait un État palestinien aux Nations unies en septembre, une mesure qu’il a qualifiée de conforme à « l’engagement historique de son pays en faveur d’une paix juste et durable au Moyen-Orient ».
A sa suite, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et d’autres pays ont fait des annonces semblables ou laissé entendre qu’ils le feraient.
Israël condamne la reconnaissance d’un État palestinien en laquelle il voit une « récompense pour le Hamas » qui compromet les chances de cessez-le-feu à Gaza. En juillet, la Knesset a voté à 71 contre 13 une motion symbolique en faveur de l’annexion de la Cisjordanie.
La présence diplomatique française à Jérusalem remonte au 17e siècle. Le bâtiment actuel, inauguré en 1932, est considéré comme un signe de la volonté de la France de réaffirmer son rôle historique en Terre Sainte.
Le consulat de France à Jérusalem – comme celui du Royaume-Uni, de l’Italie, de la Grèce, de la Turquie, de la Belgique, de l’Espagne et de la Suède – est antérieur à la création de l’État d’Israël et fonctionne sans accréditation officielle auprès de ses services. Ces huit missions servent donc d’intermédiaire entre leurs autorités et l’Autorité palestinienne et traitent d’une série de questions propres à l’intérieur de Jérusalem.
La France n’est pas le seul pays à faire face à des représailles de la part de Saar. Le même jour, le ministre des Affaires étrangères a révoqué les visas des représentants australiens auprès de l’Autorité palestinienne en réaction à deux décisions récentes de Canberra : la reconnaissance d’un État palestinien et l’interdiction de séjour du député d’extrême droite Simcha Rothman.
Dans un message publié lundi sur les réseaux sociaux, Saar a qualifié ces décisions de « honteuses et inacceptables » et déclaré que l’interdiction de séjour de Rothman et de l’ancienne ministre de la Justice, Ayelet Shaked, en Australie « alimentait » la montée de l’antisémitisme dans ce pays.
Lazar Berman a contribué à cet article.
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