La guerre contre le régime iranien assombrit le Norouz des Juifs persans à New York
Les Iraniens de la diaspora nourrissent un espoir timide d'un changement positif dans leur pays d'origine ; les milliers de Juifs qui y vivent encore seraient exposés à un nouveau danger
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JTA — Lorsque Sharon Nazarzadeh a de nouveau inscrit une célébration du Norouz au calendrier du Musée du patrimoine juif de Manhattan, elle était loin de se douter à quel point ces festivités seraient émouvantes.
C’est en 2024 que Nazarzadeh a célébré pour la première fois la fête perse de l’équinoxe de printemps au musée, dont elle est la directrice des événements.
Inspirée par les traditions de sa famille, importées aux États-Unis depuis l’Iran en 1978 – juste avant la Révolution islamique qui a fait d’Israël l’ennemi de l’Iran et contraint de nombreux Juifs à quitter le pays -, elle a décidé de célébrer cette fête au musée. Son grand-père avait été le Grand Rabbin de Téhéran.
Cette année, la fête s’est déroulée dans l’ombre de la guerre, alors que les États-Unis et Israël luttent conjointement contre le régime de la République islamique d’Iran. Les Iraniens de la diaspora nourrissent désormais un espoir timide d’un changement positif dans leur pays d’origine, tandis que les 8 000 à 15 000 Juifs qui vivent encore en Iran seraient exposés à un nouveau danger.
« À chaque Norouz, à chaque nouveau jour, nous nous disons : ‘Bon, c’est le moment d’aller de l’avant. C’est le moment de la renaissance, d’un nouveau départ’ », explique Nazarzadeh.
« Norouz signifie ‘nouveau jour’. Et c’est bien sûr mon souhait pour tous les Iraniens, qu’ils vivent à l’étranger, en Iran ou ailleurs. »
Cette fête perse, vieille de plus de 3 000 ans, est célébrée par les Iraniens de toutes confessions. Pour les Juifs iraniens, elle tombe généralement entre Pourim et Pessah. Il s’agit d’une célébration joyeuse marquée par la nourriture, la danse et les réunions familiales.
Le festival, organisé par le musée, s’est tenu plus d’une semaine après l’équinoxe, mais avant la fin de la période de douze jours du Norouz. Il a attiré plus de 500 personnes venues célébrer à la fois le Norouz et Pourim, la fête juive qui commémore une histoire se déroulant dans la Perse antique.
Un DJ a diffusé de la musique iranienne tout au long de la journée, et des danseurs en costumes traditionnels persans se sont produits au centre de la salle, entraînant les invités dans une chorégraphie enseignée par l’artiste de danse persane et danseuse orientale Nikki Farahanchi.
Les visiteurs ont pu prendre des cours de backgammon, assister à la projection du court-métrage « Mashhad » sur les Juifs vivant dans cette ville iranienne, ou flâner et faire leurs achats auprès de vendeurs proposant des bijoux, des livres, des housses à matzot, de la vaisselle en céramique et des œuvres d’art calligraphiques.
L’artiste Dahlia Raz a présenté l’histoire du henné, colorant naturel utilisé pour réaliser des motifs sur la peau, tandis que Mehrnam Rastegari jouait du kamancheh, un violon persan joué avec un archet.
Dans une salle plus calme, des enfants ont fabriqué des fleurs en papier et des assiettes en pâte à modeler pour la table « Haft-Sin », la table symbolique composée de sept objets rituels qui est la pièce maîtresse des festivités du Norouz.
« En ces temps difficiles, il est particulièrement important de préserver cette tradition », a déclaré lors d’une interview Betty Emamian, militante de la communauté iranienne, qui a donné une conférence sur le Norouz.
« Nous avons le cœur lourd. Nos pensées vont aux hommes et aux femmes courageux d’Iran. Bien sûr, nous prions pour eux et nous sommes à leurs côtés. L’atmosphère est donc un peu sombre, mais il est important de préserver notre patrimoine et notre culture, et de les honorer également. »
Nazarzadeh a été chargée d’organiser un large éventail d’événements culturels au musée, notamment le festival multiculturel Mishpacha, le Festival du livre juif et le Festival lunaire célébrant la culture juive asiatique.
Mais le Norouz est une affaire personnelle.
« Quand je vois tout le monde réuni autour de la table du Haft-Sin, se rendre dans la salle des événements, goûter à la cuisine persane, se rendre au stand de thé persan et discuter entre eux, c’est ce qui me rend le plus heureuse », a-t-elle déclaré.
la Communauté du Times of Israël !







