La Ligue arabe et l’OIC condamnent les propos de Huckabee sur le « Grand Israël »
Lors d'une interview avec Tucker Carlson, l'envoyé américain a déclaré que si l'État juif annexait le "Grand Israël", qui inclut des terres de pays arabes et musulmans, cela "ne poserait pas de problème"
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La Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique ont toutes deux publié des communiqués condamnant les récents propos tenus par l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee – des propos qu’elles ont qualifié d' »extrêmes », « d’inacceptables » et de « violation du droit et des normes internationales ».
Ces déclarations ont fait référence aux commentaires formulés par Huckabee lors d’une interview controversée avec le podcasteur américain de droite Tucker Carlson, diffusée vendredi dernier, dans laquelle il avait fait remarquer que le fait que l’État juif annexe le « Grand Israël » – qui englobe des terres appartenant à plusieurs pays arabes et musulmans – « ne poserait pas de problème ». Huckabee était ensuite revenu sur ses propos, affirmant qu’il s’agissait d’une exagération.
Dans son communiqué, la Ligue arabe condamne les propos « extrêmes » de Huckabee, qui « a affirmé le droit d’Israël à contrôler le Moyen-Orient, en invoquant des textes religieux de l’Ancien Testament ».
Ces propos « violent tous les principes fondamentaux et toutes les règles établies de la diplomatie, et défient la logique et la raison », a affirmé le groupe de 22 nations arabes, ajoutant que les remarques de l’émissaire américain « vont à l’encontre des politiques et des positions des États-Unis dans leur ensemble, et visent à s’attirer les faveurs de l’opinion publique de droite en Israël ».
« De telles déclarations radicales et infondées attisent les sentiments religieux et nationalistes à l’heure où les États arabes se réunissent, sous l’égide du Conseil de paix, pour débattre des moyens de mettre en œuvre l’accord de paix pour Gaza et pour saisir cette occasion pour lancer un processus de paix sérieux », poursuit l’organisation.
#أبو_الغيط يدين تصريحات متطرفة للسفير الأمريكي لدى اسرائيل pic.twitter.com/C4e0AbfVoM
— الأمين العام لجامعة الدول العربية (@lassecgen) February 21, 2026
L’Organisation de la coopération islamique (OIC), qui regroupe 57 pays à majorité musulmane, dont l’ensemble de la Ligue arabe, a pour sa part publié un communiqué similaire, dans laquelle elle « condamne les propos dangereux et irresponsables » tenus par Mike Huckabee.
L’OIC estime que les remarques du diplomate américain constituent « un appel inacceptable à l’expansion d’Israël », « fondé sur un récit historique et idéologique fallacieux et contesté ».
De telles déclarations « alimentent la discours idéologique extrémiste, encouragent le radicalisme et incitent » Israël à « poursuivre ses mesures illégales fondées sur le déplacement, la colonisation et les tentatives d’annexion » du territoire palestinien, affirme l’organisation.
The Organization of Islamic Cooperation (#OIC) condemns the remarks of the US Ambassador to #Israel (#USAmbIsrael) as a clear call to violate international law. #Palestine #WestBank #MiddleEast #MikeHuckabee #Huckabee pic.twitter.com/NMCUiGutqF
— OIC (@OIC_OCI) February 21, 2026
Carlson avait interpellé l’envoyé américain, qui est un fervent chrétien, sur son affirmation selon laquelle une partie du droit du peuple juif à occuper cette terre trouvait son origine dans la promesse faite par Dieu à Abraham i avait toutefois souligné que la terre promise s’étendait sur un territoire bien plus vaste que celui de l’Israël actuel, englobant une grande partie de la Jordanie, de la Syrie, du Liban, de l’Arabie saoudite et de l’Irak contemporains. Il avait demandé si cela signifiait alors qu’Israël avait le droit de prendre des terres aux pays arabes voisins.
Huckabee, après avoir d’abord éludé la question, avait fini par répondre, disant : « Ils pourraient tout prendre, cela ne poserait pas de problème », avant de s’empresser d’ajouter que cela n’était pas à l’ordre du jour ; en effet, « ils ne le revendiquent pas ».
C’est alors que Carlson avait invité l’ambassadeur américain à confirmer qu’il était d’accord pour qu’Israël s’empare de « tout le territoire syrien, tout le territoire du Liban ». Huckabee avait rétorqué : « Ce n’est pas ce que veux dire », expliquant que « c’était une déclaration exagérée ».
Au cours d’un échange ultérieur, Carlson a insisté pour connaître l’opinion de Huckabee sur la question de savoir si Israël « avait le droit moral d’annexer ce qui appartient aujourd’hui à d’autres peuples », et ce même si l’envoyé affirmait ne pas avoir tenu de tels propos. Finissant par céder, Huckabee a indiqué : « S’ils étaient attaqués par tous ces pays, qu’ils remportaient la guerre et s’emparaient de ces territoires, alors là, ce serait une tout autre discussion. »
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