La ministre de l’Environnement dévoile le plan de lutte contre les incendies de déchets en Cisjordanie
Le plan prévoit le renforcement des mesures coercitives et l'extension des infrastructures en Cisjordanie ; les ONG environnementales saluent la transparence - mais elles demandent à consulter les budgets et les calendriers
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

La ministre de la Protection environnementale, Idit Silman, a annoncé mardi les principaux éléments d’un plan stratégique qui a pour objectif de réduire l’incinération des déchets en Cisjordanie, qui est à l’origine de l’augmentation de la pollution en Israël.
Comme l’a rapporté dimanche le Times of Israel, l’ONG Citizens for Clean Air a enregistré 1 800 plaintes d’Israéliens s’insurgeant contre la pollution et les mauvaises odeurs, le mois dernier – un nombre de plaintes qui a été mutiplié par trois depuis le mois d’août.
Les plaintes proviennent désormais non seulement des communautés situées le long de la Ligne verte séparant Israël et la Cisjordanie, mais aussi de villes situées plus à l’intérieur d’Israël, comme Yehud, Kiryat Ono, Petah Tikva et même Tel Aviv.
Depuis des années, les Palestiniens de Cisjordanie, qui manquent de décharges et dont les services publics sont peu fiables, ont recours à l’incinération de leurs déchets au bord des routes.
Il n’existe qu’une seule décharge pour toute la partie nord de la Cisjordanie – elle est située à proximité de la ville de Jénine – tandis qu’une autre dessert la partie sud, aux abords de Bethléem.
En théorie, les autorités palestiniennes locales de Cisjordanie sont censées collecter les déchets ménagers et passer des contrats avec des entreprises de transport qui acheminent les déchets non-recyclables vers des décharges. Mais en réalité, pour gagner du temps et pour gagner de l’argent, de nombreux chauffeurs de camion déversent les déchets le long de la route, sans craindre les conséquences par ailleurs prévues par la loi.
Les amas de déchets sont brûlés à l’extérieur des villages palestiniens. Il est difficile de dire si ce sont les chauffeurs des camions ou les habitants qui procèdent à ces incinérations sauvages.
Au mois de juin 2023, le gouvernement avait ordonné aux ministères de la Protection environnementale et de la Défense de créer une équipe interministérielle qui serait chargée d’élaborer un plan global pour traiter la problématique dans un délai de six mois.
Selon le bureau de Silman, le ministère de la Défense n’a répondu qu’au mois de juillet dernier, et encore, de manière partielle.
L’annonce qui a été faite par la ministre a suivi une réunion qu’elle a présidée dans la ville de Modiin, au centre du pays, aux côtés du maire de Modiin-Maccabim-Reut et président du Centre des collectivités locales, Haim Bibas, de hauts responsables du ministère, de responsables des autorités locales juives en Cisjordanie et de représentants de communautés à l’intérieur d’Israël.
Le plan, qui doit encore être approuvé par le ministère de la Défense et par le gouvernement, comprend des mesures à long terme – pour lesquelles il faudra trouver des budgets. Il y a aussi des mesures immédiates à mettre en œuvre et dont le financement est déjà assuré, a dit un porte-parole du ministère.
Parmi ces directives immédiates, le renforcement des mesures visant à empêcher la contrebande de déchets d’Israël vers la Cisjordanie et la bande de Gaza ; la réhabilitation de la décharge d’Al-Minya, située près des implantations de Maale Amos et de Tekoa en Cisjordanie ; la mise à disposition d’outils techniques pour éteindre les incendies qui se déclarent dans les tas de déchets ; le financement d’une station de transit des déchets à Abou Dis, près de Jérusalem ; la modernisation des sites où les équipements peuvent être réquisitionnés et et le financement de postes d’enquêteurs, de procureurs et d’équipes de surveillance sur le terrain.
Les mesures à plus long terme comprennent l’adoption de neuf textes de loi, cinq arrêtés régionaux et quatre règlements municipaux, afin de renforcer les pouvoirs de contrôle et d’application de la loi et d’augmenter les amendes infligées aux contrevenants en matière d’environnement ; le renforcement de l’application de la loi dans les zones C et B de Cisjordanie, où Israël exerce un contrôle total en matière de sécurité ; et l’intégration de la police, de l’armée israélienne et des services de sécurité dans les missions de protection de l’environnement.
D’autres propositions visent à créer un centre opérationnel qui sera ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il coordonnera les enquêtes et les rapports sur les risques environnementaux en coopération avec les services d’incendie et de secours, l’administration civile – qui est le bras civil d’Israël en Cisjordanie – et la police israélienne.
D’autres projets sont aussi à l’ordre du jour : développer les infrastructures de traitement des déchets (qui comprendront des installations de tri, de traitement et de mise en décharge, des installations de valorisation énergétique, des stations de transit et des sites de traitement des déchets organiques) ; mettre en place des stations de surveillance de la qualité de l’air en Cisjordanie ; et encourager la communauté internationale et les pays donateurs à financer des projets environnementaux au profit des habitants de Cisjordanie et de la bande de Gaza.
En réponse à ces propositions, le président de Citizens for Clean Air, Yaniv Bleicher, a déclaré que « ma présentation du plan par le ministère de la Protection environnementale est un pas dans la bonne direction mais sans calendrier, sans allocation de ressources budgétaires et sans mécanisme de mise en œuvre clair, il restera lettre morte. Il est regrettable que les autres ministères chargés de traiter ce phénomène, à commencer par le ministère de la Défense, n’aient pas pris part à la discussion ».
« Nous sommes confrontés à une urgence environnementale et sanitaire qui nécessite un passage à l’acte immédiat. Il faut promouvoir de toute urgence des solutions pour le transport et pour l’élimination des déchets brûlés sur les sites, et il faut créer une unité spécialisée qui soit dotée de pouvoirs d’exécution pour traiter ce phénomène de manière globale », a-t-il ajouté.
Un porte-parole de l’organisation de défense de l’environnement Adam Teva VDin qui, avec Citizens for Clean Air, a exercé des pressions en faveur de la diffusion du plan, a dit : « Nous saluons sa publication mais nous exigeons de voir le programme complet, y compris les détails sur les personnels qui seront employés et sur le budget, afin de nous assurer qu’il s’agit d’un plan sérieux et suffisant qui apporte de vraies solutions ».
En contraste avec le ministère de la Protection environnementale, l’administration chargée des implantations au sein du ministère de la Défense est l’instance habilitée à traiter les problèmes en Cisjordanie.
la Communauté du Times of Israël !







