La Nobel autrichienne Jelinek accuse l’Occident d’entretenir un « mensonge » sur l’Etat palestinien
L'auteure, dont le père juif a survécu au nazisme, appelle à des sanctions contre les violences commises par les partisans du mouvement pro-implantations et contre les confiscations de terres
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La prix Nobel de littérature Elfriede Jelinek estime que le discours occidental sur une solution à deux Etats au Proche-Orient relève désormais du « mensonge », le mouvement pro-implantations israélien empêchant selon elle l’émergence d’un Etat palestinien, dans un texte publié sur son site internet.
Dans ce texte intitulé « In einem ausgelobten Land » (« En terre promise »), l’écrivaine autrichienne de 79 ans regrette que les dirigeants européens continuent d’évoquer un Etat palestinien « en feignant d’ignorer qu’il n’y en aura jamais, au train où vont les choses ».
Le texte a été publié vendredi sur son site internet et consulté lundi par l’AFP.
Il évoque un « accaparement des terres » en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem et l’auteure dit « craindre une épuration ethnique ».
« Nous définissons les privés de terre comme des criminels et des terroristes, même s’ils ne sont que des paysans et des bergers qui cultivent leur terre depuis des générations, puis nous les jetons hors de leur lopin, car nous avons de meilleurs desseins pour celui-ci, peut-être un de ces fameux complexes hôteliers sortis tout droit des cerveaux de Trump et Kushner », écrit-elle, en référence au président américain Donald Trump et son beau-fils Jared Kushner.
L’auteure, dont le père juif a survécu au nazisme, évoque son propre attachement à « l’Etat juif », qui a accueilli certains de ses ancêtres et représenté un refuge après les persécutions antisémites.
Elle juge néanmoins que cette histoire ne doit pas empêcher toute critique de la situation actuelle et appelle l’Union européenne (UE) à adopter des sanctions contre les violences commises par les partisans du mouvement pro-implantations et contre les confiscations de terres.
Le temps des déclarations niant la réalité est « révolu », écrit-elle.
Figure intellectuelle germanophone majeure, Elfriede Jelinek a reçu le prix Nobel de littérature en 2004.
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