La police enquête sur un journaliste de la 13e chaîne pour une infraction présumée au code de la route
Le Syndicat des journalistes s’interroge sur les motivations d’une enquête demandée par un avocat du Likud après l’interrogatoire de Raviv Drucker sur une vidéo le montrant au téléphone au volant pendant son émission
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Lundi, la police a convoqué Raviv Drucker, journaliste d’investigation de la Treizième chaîne, pour l’interroger au sujet de son utilisation apparente d’un téléphone portable au volant lors d’un reportage de « HaMakor », l’émission d’investigation qu’il anime sur cette chaîne de télévision.
Selon un article du quotidien Haaretz, une plainte a été déposée auprès de la police concernant cet incident présumé par l’avocat Me Ilan Bombach, au nom du parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Likud.
La plainte indique que, dans un reportage diffusé le 23 septembre 2026, Drucker a été filmé en train de conduire, une main sur le volant et l’autre tenant un téléphone, alors qu’il enquêtait sur la manière dont le ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu, avait alloué les fonds publics dans le budget de son ministère. Selon la plainte, Drucker a enfreint l’article 28(b)(1)(a) du code de la route israélien, qui interdit de conduire un véhicule en mouvement tout en tenant un téléphone.
L’épisode en question examinait l’affectation des ressources publiques au sein du ministère du Patrimoine et cherchait à déterminer si cela avait donné lieu à des conflits d’intérêts ou à un traitement préférentiel.
Environ huit minutes après le début de cet épisode de 33 minutes, on voyait Drucker téléphoner à Choni Yakont, le directeur général du groupe de médias « Rega », la main gauche sur le volant et la main droite tenant le téléphone.
La plainte souligne que la personne assise à côté de Drucker dans le véhicule aurait pu tenir le téléphone. Comme ce n’est pas le cas, Drucker a choisi de diffuser ces images dans son émission, faisant ainsi preuve d’un « mépris flagrant » de la loi.
Une enquête a été demandée à la police israélienne, ainsi que la prise de « mesures coercitives et répressives ».
Drucker a déclaré à Haaretz que deux services l’avaient convoqué pour un interrogatoire, et il a accusé la police d’être « subordonnée au dirigeant » du Likud.
Eliyahu, le ministre faisant l’objet de l’enquête évoquée dans le reportage de Drucker, est membre du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit, qui fait partie de la coalition avec le Likud.
Le Syndicat des journalistes d’Israël a condamné la convocation de Drucker pour un interrogatoire, mettant l’accent non pas sur la prétendue infraction au code de la route, mais sur la manière dont la police a traité la plainte. Dans sa condamnation publiée sur les réseaux sociaux par le journaliste de Haaretz, Yaïr Foldes, l’organisation a fait part de ses inquiétudes quant aux mesures prises à l’encontre d’un journaliste d’investigation.
« Il s’agit d’une collaboration inappropriée entre la police et le Likud, visant exclusivement à intimider et à nuire à un journaliste critique », a écrit l’organisation dans son communiqué.
« Les citoyens lambda pour lesquels il existe des preuves qu’ils téléphonaient au volant reçoivent une contravention par courrier et ne sont pas convoqués pour un interrogatoire. Nous demandons au commissaire de police d’enquêter sur les circonstances de cette collaboration répréhensible et d’empêcher que de tels cas ne se reproduisent. »
Selon un article du site d’information Ynet, la police a déclaré avoir interrogé Drucker car des images le montrant en train de conduire tout en utilisant son téléphone avaient circulé sur les réseaux sociaux avant même que la plainte ne soit déposée.
Mardi matin, la Treizième chaîne n’avait pas encore publié de communiqué à ce sujet.
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