La policière dont la promotion est bloquée par Ben Gvir l’accuse de menacer des agents
La surintendante Rinat Saban, dont l'avancement a été freiné par le ministre suite à son témoignage dans le procès du Premier ministre, a pris pour la première fois la parole au tribunal
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La surintendante Rinat Saban, détective de police dont la promotion a été bloquée par le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir suite à son témoignage contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, s’est exprimée pour la première fois dimanche, accusant le politicien de menacer des agents qui n’ont fait que leur devoir.
Cela fait des mois que Ben Gvir s’oppose, contre l’avis des hauts responsables de la police, à l’avancement de Saban, qui a participé à l’enquête puis témoigné lors du procès pour corruption de Netanyahu.
Dimanche matin, le ministre d’extrême droite et Saban se sont rendus au tribunal de Jérusalem pour une première audience au sujet de sa promotion au rang de surintendante en chef.
« Pendant une année entière, je n’ai pas parlé car il est interdit à un officier de faire de tels commentaires, mais il est important pour moi de parler », a déclaré Saban, citée par Walla. « C’est incroyable de devoir comparaitre devant ce tribunal pour expliquer les raisons qui justifient que je sois promue. »
Elle s’est ensuite tournée vers Ben Gvir, présent dans la salle d’audience, et lui a demandé : « Y a-t-il une menace ici, ministre ? » l’accusant de faire passer le message aux agents qu’ils paieront de leur carrière leur participation à certaines affaires.
« Je le paie cher », a-t-elle déclaré, toujours selon le média.
Avant le début de l’audience, Ben Gvir s’est adressé à la presse pour accuser la procureure générale Gali Baharav-Miara, qui a, à plusieurs reprises, sommé le ministre de valider la promotion de Saban, de se comporter comme un membre d’un gang criminel.
« C’est un comportement très proche de celui d’une mafia… ils menacent de me faire limoger si je ne promeus pas cette agente », a-t-il dit en évoquant les services de la procureure générale.
D’ordinaire, le ministre en charge de la police valide les promotions qui lui sont proposées. Jusqu’à la nomination de Ben Gvir, la signature du ministre était une pure formalité.
Favorable à la promotion de la surintendante, le chef de la police, Danny Levy, a déposé devant la Cour en novembre dernier que le refus de Ben Gvir « était de nature à effrayer les policiers qui témoignent lors d’enquêtes criminelles ».
En décembre 2024, Ben Gvir avait approuvé la promotion de Saban sous réserve de sa réussite du cours de commandement et d’État-major de la police. Ce dont elle s’est acquittée en avril 2025, un mois après avoir témoigné contre Netanyahu, ce qui a été suivi du blocage de sa promotion.
Levy a demandé à la Cour de lui permettre de passer outre le refus de Ben Gvir et de promouvoir Saban si le ministre ultra-nationaliste refusait de se plier à la possible ordonnance judiciaire lui enjoignant de la promouvoir.
C’est en mars dernier que Saban a témoigné contre Netanyahu, avant quoi elle avait enquêté sur ses conseillers Jonatan Urich et Ofer Golan, soupçonnés d’avoir harcelé Shlomo Filber, témoin de l’État dans l’affaire 4000, la plus grave des trois procès en cours pour corruption contre le Premier ministre.
En juillet dernier, Baharav-Miara a accusé Ben Gvir d’avoir, pour des raisons politiques, décidé de refuser la promotion de Saban, qualifiant son comportement de « très inhabituel et sans précédent en matière de promotions policières ».
Dans une lettre adressée au ministre d’extrême droite, elle a expliqué que ce comportement était « non seulement inapproprié mais aussi constitutif d’un abus de pouvoir », exigeant qu’il valide sans tarder la promotion de Saban, sa signature n’étant qu’une formalité et en aucun cas un pouvoir réel sur le processus de promotion.
La Cour suprême israélienne délibère en ce moment sur des recours pressant Netanyahu de limoger Ben Gvir de son poste de ministre de la sécurité intérieure. Favorable à ces demandes, Baharav-Miara a, début janvier, demandé à la Cour suprême de forcer le Premier ministre « à s’expliquer sur les raisons pour lesquelles il ne révoque pas le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir ».
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