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L’accord US/Iran devrait mettre fin aux hostilités, Liban compris, et lever le blocus

Selon plusieurs sources, l'accord prévoit un fonds de 300 Mds de $ destiné à l'investissement et à la reconstruction en Iran ; Israël a été tenu à l'écart en raison de craintes de fuites

Des policiers marchant devant une immense banderole arborant le drapeau de la République islamique, sur la place de la Révolution islamique, à Téhéran, en Iran, le 14 juin 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)
Des policiers marchant devant une immense banderole arborant le drapeau de la République islamique, sur la place de la Révolution islamique, à Téhéran, en Iran, le 14 juin 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Le protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, qui devrait être signé pour la seconde fois lors d’une réunion en présentiel vendredi, prévoit la cessation totale des hostilités de la part de l’Iran, des États-Unis et de leurs alliés, y compris au Liban, où Israël combat le groupe terroriste chiite du Hezbollah, proxy de Téhéran, ont rapporté plusieurs médias mardi.

La chaîne N12 a notamment cité des propos tenus par un haut responsable américain, tandis que la chaîne saoudienne Al Arabiya a publié ce qu’elle a présenté comme une copie du texte intégral de l’accord en quatorze points.

Selon ces informations, cet accord-cadre prévoit que l’Iran réaffirmera son engagement à ne pas développer ni acquérir d’armes nucléaires, tandis que Washington et Téhéran s’efforceront de résoudre la question des stocks existants d’uranium enrichi de l’Iran. Les deux parties mèneront des pourparlers sur l’enrichissement futur et sur les besoins nucléaires civils de la République islamique.

Selon les termes rapportés, les États-Unis lèveront leur blocus naval et s’abstiendront d’imposer de nouvelles sanctions ou de renforcer leurs forces militaires dans la région pendant la durée des négociations. Ils accorderont également à l’Iran un assouplissement des sanctions liées à ses ventes de pétrole. Parallèlement, l’Iran maintiendra le statu quo concernant son programme nucléaire et prendra des mesures pour garantir une navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz à un niveau similaire à celui d’avant-guerre, et ce pendant les 60 jours que dureront les négociations sur le nucléaire.

Le mémorandum rendra également les avoirs gelés de l’Iran accessibles dès sa mise en œuvre, et, si un accord final et durable est conclu, il conduira au retrait des forces américaines déployées dans la région et à la levée de toutes les sanctions contre l’Iran. Selon certaines sources, l’accord final inclurait également un fonds de 300 milliards de dollars destiné aux investissements et à la reconstruction en Iran.

Selon N12, les hauts responsables américains sont divisés sur cette proposition : le vice-président JD Vance et les émissaires Jared Kushner et Steve Witkoff y sont favorables, tandis que le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, et le directeur de la CIA, John Ratcliffe, ont exprimé des doutes quant au respect de ses engagements de la part de l’Iran.

Une femme tenant un portrait du Guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, lors d’une cérémonie rendant hommage aux forces armées et aux victimes de la guerre contre Israël et les États-Unis, à la Grande Mosquée de l’imam Khomeini, à Téhéran, en Iran, le 24 mai 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Israël n’a toujours pas été informé des termes officiels de l’accord, a précisé la chaîne, qui a ajouté que Jérusalem avait demandé à examiner le mémorandum, mais que Washington avait refusé, probablement par crainte que des détails ne soient divulgués.

La chaîne N12 a par ailleurs rapporté, citant des responsables israéliens de haut rang, qu’Israël craignait que l’Iran ne profite de la période de négociations de 60 jours pour accélérer son programme nucléaire et se rapprocher de la fabrication d’une arme atomique.

Selon la chaîne, Israël estime que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, n’a aucune intention de parvenir à un accord nucléaire définitif et qu’il a approuvé le protocole d’accord principalement pour rouvrir le détroit d’Ormuz et pour obtenir un soulagement économique pour le régime.

Des responsables israéliens de la Défense auraient averti le gouvernement que Téhéran « fera traîner le processus et que les 60 jours de négociations se transformeront en une période bien plus longue ».

Un haut responsable israélien a déclaré à N12 qu’il serait surprenant que l’Iran n’utilise pas « tous ses efforts et toutes ses ruses pour raccourcir le délai nécessaire à la percée nucléaire sous couvert des négociations ».

Les États-Unis s’apprêteraient à proposer un assouplissement des sanctions à l’Iran, tout en insistant sur le fait que cela serait subordonné à des conditions

Mardi, un responsable américain et un diplomate du Moyen-Orient ont déclaré au Times of Israel que les États-Unis s’apprêtaient à proposer à l’Iran un assouplissement des sanctions sous la forme d’une dérogation permettant à Téhéran d’exporter son pétrole.

Les États-Unis ont toutefois insisté sur le fait que tout allègement des sanctions serait subordonné à la volonté de Téhéran de faire des concessions lors des négociations ultérieures sur son programme nucléaire et sur son comportement dans la région.

Cependant, cette dérogation accordée d’emblée pour les ventes de pétrole iranien semble indiquer que l’Iran n’est pas tenu de faire de nouvelles concessions pour obtenir la levée d’une partie des restrictions économiques.

Lundi, un haut responsable américain, s’adressant à des journalistes, a semblé faire allusion à cette dérogation, déclarant que les États-Unis feraient « quelques petits gestes… au début », mais il a précisé que ceux-ci seraient subordonnés à des « petits gestes » de la part de l’Iran « montrant qu’il est disposé à respecter ses engagements ».

Le Wall Street Journal a été le premier à faire état de cette dérogation aux sanctions mardi matin, sans toutefois préciser si elle était déjà en vigueur.

L’article a souligné qu’un pétrolier iranien a été autorisé à franchir le blocus américain, ce qui indique que la dérogation est au moins partiellement en vigueur.

Si la levée des restrictions sur les exportations de pétrole va apporter à l’Iran un soulagement dont il a grandement besoin, elle est considérée comme l’une des mesures les moins importantes que les États-Unis puissent prendre pour alléger les sanctions.

Washington avait d’ailleurs signé une telle dérogation lors de la récente guerre en Iran, levant temporairement les sanctions sur le pétrole iranien pendant 30 jours afin d’alléger les pressions sur l’approvisionnement énergétique mondial et de faire baisser les cours du pétrole.

Un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars

Par ailleurs, une source directement informée de l’accord a déclaré à Reuters qu’un fonds privé de 300 milliards de dollars destiné à stimuler les investissements en Iran figurait bel et bien dans l’accord-cadre entre les États-Unis et l’Iran, ajoutant que plus de la moitié de cette somme avait déjà été engagée.

Ce fonds doit inciter les deux parties à conclure un accord définitif, a déclaré cette source, qui a requis l’anonymat car le projet n’a pas encore été annoncé. Washington et Téhéran devraient le signer officiellement vendredi, après l’avoir déjà signé électroniquement dimanche.

Ce nouveau fonds est un véhicule d’investissement privé et non un programme de reconstruction ou de réparations. Il ne comportera ni fonds publics ni subventions, a précisé la source, ajoutant que des entreprises basées aux États-Unis, dans les États arabes du Golfe, en Asie, en Amérique du Sud et en Afrique ont accepté de le financer.

Les investissements promis couvrent les secteurs de l’énergie, de la logistique, de l’industrie manufacturière et des transports, a précisé la source.

Une source iranienne de haut rang a déclaré à Reuters que Téhéran avait initialement demandé 400 milliards de dollars aux États-Unis à titre de compensation pour les dommages de guerre, mais que Washington avait répondu qu’il ne verserait pas cette somme.

En arrière-plan des navires dans le détroit d’Ormuz, on aperçoit les dégâts causés, selon des témoins, par plusieurs frappes aériennes, sur un quai de pêche du port de l’île de Qeshm, en Iran, le 13 avril 2026. (Crédit : Asghar Besharati/AP)

C’est alors qu’est née l’idée de ce fonds, qui devrait s’intituler « Fonds de reconstruction et de développement ».

Ce mécanisme prévoit que les pays de la région y contribuent de diverses manières, a précisé la source iranienne. Il s’agirait notamment d’octroyer des prêts, d’établir des lignes de crédit ou de financer directement la reconstruction des sites endommagés par la guerre, comme le complexe sidérurgique de Mobarakeh, des raffineries, des aéroports, ainsi que les infrastructures touchées par le conflit en général.

L’Iran, l’une des plus grandes économies du Moyen-Orient, n’a pratiquement pas attiré d’investissements directs étrangers significatifs au cours des quarante dernières années, car il a été exclu des marchés financiers mondiaux par des vagues successives de sanctions américaines et internationales.

Le pays dispose des deuxième et quatrième réserves prouvées de gaz fossile et de pétrole au monde.

Il compte également une population jeune et instruite de plus de 92 millions d’habitants, une base industrielle diversifiée et un potentiel inexploité considérable dans des secteurs allant de la pétrochimie et de l’exploitation minière au tourisme et à l’agriculture.

Ce fonds d’investissement est totalement distinct d’un volet de négociation parallèle portant sur la levée des sanctions américaines et le déblocage des avoirs souverains iraniens gelés à l’étranger, a précisé la source, décrivant ces deux éléments comme des mécanismes financiers distincts, ayant des objectifs et des calendriers différents.

Le fonds ne sera créé et ne deviendra opérationnel qu’une fois qu’un accord définitif et satisfaisant aura été conclu.

« Il ne sera créé qu’une fois l’accord définitif signé », a déclaré la source.

« Au cours de ces 60 jours, les gestionnaires du fonds travailleront avec les Iraniens et les investisseurs pour planifier et définir la portée des projets. »

Les ministères iranien et pakistanais des Affaires étrangères, qui ont contribué à la médiation de l’accord sur le fonds d’investissement, n’ont pas encore répondu aux demandes de commentaires. Le haut commandement militaire conjoint iranien a toutefois averti Israël qu’il devait s’attendre à une riposte sévère de la part des forces armées iraniennes s’il ne cessait pas de frapper le Hezbollah dans le sud du Liban.

Une porte-parole de la Maison Blanche a évoqué une interview accordée lundi à CBS par Vance, dans laquelle il a déclaré que l’Iran pourrait avoir accès à un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars soutenu par les États du Golfe, à condition qu’il respecte un accord avec Washington qui comprendrait notamment le démantèlement de son programme nucléaire, l’élimination de ses stocks de matières enrichies et l’acceptation d’un régime strict d’inspection et de contrôle.

La source n’a pas précisé comment ce fonds serait géré ni par qui, soulignant que des détails essentiels restaient à régler.

La source a cité des entreprises de Corée du Sud, du Japon, de Singapour, de Malaisie et des États-Unis parmi celles qui s’étaient engagées, mais a refusé de fournir une liste exhaustive.

Ce protocole d’accord de 60 jours constitue un cadre et non un accord définitif ; les négociateurs américains et iraniens devraient travailler sur plusieurs volets pendant cette période, notamment les questions nucléaires, les sanctions et la sécurité régionale.

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