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L’administration Trump peut exiger la liste des étudiants juifs de l’université de Pennsylvanie, dit la justice

Un juge fédéral a estimé que la demande d'informations formulée par le gouvernement - qui a été dénoncée par l'université et par les groupes juifs du campus - était courante dans le cadre d'enquêtes sur d'éventuelles discriminations

Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Lodo de l'Université de Pennsylvanie (UPenn), à Philadelphie, le 15 mai 2019. (Crédit : Matt Rourke/AP)
Lodo de l'Université de Pennsylvanie (UPenn), à Philadelphie, le 15 mai 2019. (Crédit : Matt Rourke/AP)

Un juge fédéral américain a statué, dans la journée de mardi, que l’administration Trump pouvait légalement exiger de l’Université de Pennsylvanie qu’elle lui transmette des informations sur les Juifs présents sur le campus dans le cadre d’une enquête consacrée à l’antisémitisme.

La Commission fédérale pour l’égalité des chances en matière d’emploi avait ouvert une enquête sur l’université, accusée d’avoir permis des discrimination à l’encontre d’employés juifs, au mois de décembre 2023.

L’agence fédérale avait alors demandé à l’université les coordonnées des membres du personnel juifs et l’université avait refusé cette requête, notent les documents judiciaires.

Les groupes juifs de l’université s’étaient également opposés à cette demande – même si l’objectif déclaré des investigations était de combattre l’antisémitisme.

« Tout au long de l’histoire, le recensement forcé des Juifs a été une source de danger profond, et la collecte d’informations privées sur les Juifs fait écho aux mêmes schémas qui avaient rendu les communautés juives si vulnérables au cours des siècles », avaient commenté les groupes juifs du campus dans un communiqué qui avait été émis l’année dernière.

La commission fédérale avait poursuivi les administrateurs de Penn, l’année passée, affirmant que l’université avait refusé de se conformer à l’assignation – ce qui avait entraîné une bataille juridique.

Le juge Gerald J. Pappert, de la Cour fédérale de district de Philadelphie, a finalement rendu mardi un jugement de 32 pages en faveur de l’argument de l’administration Trump, estimant que la demande formulée était courante dans le cadre d’enquêtes sur d’éventuelles discriminations.

« L’université de Pennsylvanie et d’autres groupes et associations autorisés par le tribunal à intervenir ont considérablement attisé les tensions en comparant, de manière implicite voire explicite, les efforts de l’EEOC visant à protéger les employés juifs contre l’antisémitisme à la Shoah et à la compilation par les nazis de ‘listes de Juifs’, » a écrit Pappert. « De telles allégations sont à la fois regrettables et inappropriées ».

Des manifestants anti-israéliens et la police de Philadelphie s’affrontent le long de la 34e rue de l’Université de Pennsylvanie, le 17 mai 2024. (Charles Fox/The Philadelphia Inquirer via AP)

Si Pappert a écrit que l’université de Penn n’était pas tenue de fournir à l’EEOC des informations sur les affiliations précises des étudiants juifs en matière d’organisations, il a ordonné à l’établissement de se conformer à l’assignation de l’EEOC avant le 1er mai.

« Même si elle a été mal formulée, la demande a un objectif compréhensible : obtenir, de manière très ciblée — plutôt que de rechercher des informations sur l’ensemble des employés de l’université — des informations sur les membres de la communauté juive de Penn qui ont pu subir ou qui ont pu être témoins d’antisémitisme sur leur lieu de travail », a ajouté Pappert dans son jugement.

L’université de Pennsylvanie et les dirigeants des sections Chabad, Hillel et MEOR du campus n’ont pas répondu à une demande de commentaires.

Depuis son retour au pouvoir l’année dernière, l’administration du président américain Donald Trump a sévi contre les cas présumés d’antisémitisme sur les campus, en particulier dans les universités d’élite comme Penn. Elle a intensifié ses efforts en intentant, ces dernières semaines, des poursuites fédérales distinctes pour discrimination contre l’université de Harvard et l’université de Californie à Los Angeles.

Alors que les étudiants juifs ont signalé une discrimination généralisée sur les campus depuis le pogrom qui a été commis par le Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, l’approche agressive de l’administration a alarmé de nombreux Juifs – qui craignent que ces tactiques ne viennent saper les protections civiles aux États-Unis qui ont aidé les Juifs et d’autres minorités.

JTA a contribué à cet article.

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