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L’AFP, l’AP, Reuters et BBC News demandent à Israël un libre accès à Gaza

Les quatre médias internationaux appellent à lever les restrictions d’entrée et d’aide, alors que la famine menace aussi leurs collaborateurs sur place

Des journalistes filmant devant des bâtiments détruits dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 9 octobre 2024. (Crédit : Omar Al-Qattaa/AFP)
Des journalistes filmant devant des bâtiments détruits dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 9 octobre 2024. (Crédit : Omar Al-Qattaa/AFP)

L’AFP, Associated Press, Reuters et BBC News ont lancé jeudi un appel commun à Israël pour « autoriser l’entrée et la sortie des journalistes à Gaza », alors que la guerre entre Israël et le Hamas dure depuis 21 mois.

« Les journalistes doivent affronter de nombreuses privations et difficultés en zone de guerre. Nous sommes profondément inquiets de constater qu’ils sont désormais eux-mêmes menacés par la faim », ont déclaré l’Agence France-Presse, l’agence américaine Associated Press, l’agence canado-britannique Reuters et la chaîne britannique BBC News dans une déclaration commune.

« Nous exhortons une nouvelle fois les autorités israéliennes à autoriser l’entrée et la sortie des journalistes à Gaza. Il est essentiel que des vivres en quantité suffisante parviennent à la population sur place », insiste ce texte.

Ces médias internationaux se disent « profondément préoccupés par la situation » de leurs collaborateurs à Gaza, « qui peinent de plus en plus à subvenir aux besoins alimentaires de leurs familles et d’eux-mêmes ». « Ces journalistes indépendants ont été les yeux et les oreilles du monde sur le terrain à Gaza. Ils partagent aujourd’hui le sort tragique des populations qu’ils couvrent », soulignent-ils.

L’ONU et des organisations humanitaires ont poussé un cri d’alarme sur le risque de famine à Gaza. Le gouvernement israélien s’est défendu en affirmant qu’il n’était pas responsable des pénuries.

Les témoignages de journalistes en grande détresse à Gaza se sont multipliés ces derniers jours. Ils décrivent une faim extrême, un manque d’eau potable et une fatigue physique et mentale croissante, qui les contraignent parfois à réduire leur couverture de la guerre.

Des terroristes du Hamas aperçus près du carrefour de Gama, dans le sud d’Israël, près de Reïm et Kissufim, lors du pogrom du 7 octobre 2023. (Crédit : South First Responders)

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par le pogrom meurtrier perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël, au cours duquel les terroristes du groupe et d’autres ont assassiné plus de 1 200 personnes et en ont enlevé 251 pour les emmener dans la bande de Gaza. 50 d’entre eux, dont 20 seraient encore en vie, sont toujours aux mains des terroristes à Gaza, détenus dans des conditions inhumaines.

« Depuis des mois, nous assistons, impuissants, à la détérioration dramatique » des conditions de vie de plusieurs collaborateurs de l’AFP et « leur situation est aujourd’hui intenable », affirmait un communiqué de l’AFP lundi, Sa Société des journalistes alertait du risque de les « voir mourir ».

Israël accuse le Hamas d’instrumentaliser la souffrance des plus de deux millions d’habitants de Gaza, en détournant notamment l’aide pour la revendre à prix fort ou en tirant sur ceux qui attendent cette aide.

Israël a rejeté à plusieurs reprises les informations faisant état d’une famine généralisée dans la bande de Gaza, affirmant qu’il autorisait l’entrée de l’aide humanitaire, y compris alimentaire. Il accuse l’ONU et d’autres agences de ne pas la distribuer correctement.

Pression internationale croissante

Israël a imposé un blocus total début mars, partiellement assoupli fin mai, qui aurait entraîné de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant.

Depuis le début de la guerre, seul un petit nombre de journalistes ont pu entrer à Gaza, accompagnés de l’armée israélienne et soumis à une censure militaire stricte. Le gouvernement a rejeté les demandes visant à autoriser les médias à entrer librement, affirmant que la situation à Gaza était trop dangereuse pour permettre l’accès sans escorte militaire.

Le Committee to Protect Journalists (CPJ), organisation indépendante américaine, a également appelé Israël mercredi à cesser d’affamer journalistes et civils à Gaza.

« Le monde doit désormais agir : protéger (ces professionnels), les nourrir, leur permettre de se rétablir pendant que d’autres journalistes arriveraient pour les épauler », a pressé la directrice régionale du CPJ, Sara Qudah, dans un communiqué.

Des journalistes étrangers et israéliens se tenant sur une colline surplombant la bande de Gaza dans la ville de Sderot, dans le sud d’Israël, le 19 octobre 2023. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Depuis fin 2023, les seuls journalistes à avoir pu entrer dans Gaza l’ont fait aux côtés de l’armée israélienne, leurs reportages étant soumis à la censure militaire.

Pour la France, le « risque de famine » à Gaza est « le résultat du blocus » imposé par Israël.

Le porte-parole israélien, David Mencer, soutient « qu’il s’agit d’une pénurie provoquée par le Hamas », a-t-il dit, en accusant le groupe terroriste palestinien d’empêcher la distribution et de piller l’aide.

Le Hamas a rejeté de telles accusations.

La guerre à Gaza a été déclenchée par le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, au cours duquel des terroristes du groupe et d’autres, ainsi que des civils de Gaza ont assassiné plus de 1 200 personnes et en ont enlevé 251 pour les emmener en otages dans la bande de Gaza.

Depuis, environ 58 000 personnes auraient été tuées à Gaza, selon le ministère de la Santé de l’enclave, contrôlé par le Hamas. Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de manière indépendante et ne distinguent pas les civils des terroristes.

L’organisation Reporters sans frontières a accusé Tsahal en mai d’avoir « tué près de 200 journalistes, dont au moins 44 dans l’exercice de leurs fonctions », dans la bande de Gaza.

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