L’AIEA se prépare à retirer les matières nucléaires syriennes datant de l’ère Assad
Israël aurait fait savoir aux États-Unis qu'il pourrait bombarder le site si les matières - notamment du "yellowcake" - n'étaient pas évacuées, conduisant l'agence à conclure un accord avec Damas
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L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) devrait prochainement retirer des matières nucléaires d’installations clandestines en Syrie, après qu’un accord a été conclu entre la Maison Blanche, Damas et Israël, a rapporté Axios mardi.
Selon cet article, qui cite des responsables israéliens et américains, un « échange dramatique, en coulisses, de menaces et de diplomatie » a éclaté il y a plusieurs mois au sujet de ce site secret et n’a été résolu qu’il y a quelques semaines par un accord prévoyant le retrait des matières, qui devrait avoir lieu d’ici la fin de l’année.
En 2007, Israël avait bombardé le réacteur d’al-Kibar, à Deir Ezzor, en Syrie, où le dictateur de l’époque, Bashar el-Assad, mettait en place, selon les évaluations israéliennes, américaines et de l’AIEA, un programme secret d’armes nucléaires.
Cette attaque, sur laquelle Israël a refusé de s’exprimer jusqu’en 2018, aurait mis fin aux efforts du régime pour se doter d’une arme nucléaire. Toutefois, selon Axios, certains sites de recherche et de développement, ainsi que de stockage, sont restés intacts.
Selon deux responsables israéliens, une installation appelée « Site 99 » servirait à stocker les matières nucléaires qui restaient en possession du régime Assad après la destruction du réacteur d’al-Kibar.
Parmi ces matières figurait du « yellowcake », une poudre de minerai d’uranium pouvant servir à fabriquer une « bombe sale » – une bombe conventionnelle qui disperse également des matières radioactives – ou à être enrichie davantage pour obtenir une véritable arme nucléaire.
Fin 2024, lorsque le régime Assad a été renversé par les rebelles islamistes qui dirigent désormais le gouvernement syrien, Israël a bombardé l’entrée du site d’al-Kibar.
Pendant plus d’un an après cet événement, Israël et les États-Unis ont discuté du « Site 99 » avec des hauts responsables de la Maison Blanche et du bureau du Premier ministre assurant la liaison sur cette question, selon Axios.
En juin 2025, le président de l’AIEA, Rafael Grossi, a déclaré que la Syrie avait accepté de permettre aux inspecteurs d’accéder aux anciens sites nucléaires présumés.
Israël a menacé de frapper l’installation si les matières nucléaires n’étaient pas retirées ou si le nouveau gouvernement tentait d’y accéder, a rapporté Axios. Toutefois, cette menace n’a jamais été sur le point d’être mise à exécution, selon un responsable américain.
Selon Axios, Israël et les États-Unis ont choisi de collaborer avec le nouveau gouvernement syrien sur cette question.
Il y a plusieurs semaines, Israël a détecté une activité sur le site, ce qui l’a conduit à soupçonner le gouvernement syrien de tenter d’accéder à ces matières.
Les responsables israéliens craignaient que la Turquie, un allié proche du nouveau gouvernement syrien, n’aide Damas à y parvenir.
Selon Axios, l’administration Trump a alors fait appel à l’AIEA, qui a conclu un accord avec le gouvernement syrien il y a trois semaines.
Un responsable américain a déclaré à Axios que Washington espérait « lancer prochainement le processus d’enlèvement et le mener à bien avant la fin de l’année ».
La Maison Blanche, l’AIEA et le bureau du Premier ministre ont refusé de commenter cette information.
La Syrie accueillera prochainement une délégation de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) afin d’annoncer des « progrès significatifs » sur le dossier des matières nucléaires, a pour sa part indiqué la Commission syrienne de l’énergie atomique, sans fournir plus de détails.
La Syrie n’a pas commenté ce retrait de matières nucléaires. Un responsable syrien proche du dossier a confié à Reuters que les discussions avec l’AIEA sur l’ensemble du dossier des matières nucléaires se poursuivaient, et qu’« aucun accord définitif n’avait encore été conclu ».
« Des consultations sont en cours en vue de la création d’un groupe de soutien international chargé de coordonner l’assistance technique et juridique nécessaire », a précisé ce responsable.
Le responsable syrien a ajouté que la Syrie consultait actuellement l’AIEA afin de remplir ses propres obligations, et qu’« Israël ne joue aucun rôle dans ce processus ».
Reuters a contribué à cet article.
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