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L’Allemagne et d’autres pays toujours opposés à la suspension de l’accord UE-Israël ; la France veut accroître la pression sur Israël

Ce refus empêche de facto la suspension de cet accord, une décision qui requiert l'unanimité des 27 ; "Nous estimons que l’UE doit de toute urgence accroître la pression sur Israël", indique une lettre signée par Paris et Stockholm

Illustration : les drapeaux d'Israël et de l'Union européenne flottant au siège de l'UE, à Bruxelles, le 25 janvier 2023. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)
Illustration : les drapeaux d'Israël et de l'Union européenne flottant au siège de l'UE, à Bruxelles, le 25 janvier 2023. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

L’Allemagne a confirmé mardi son refus de suspendre l’accord d’association entre Israël et l’Union européenne, en dépit des appels lancés en ce sens par d’autres pays de l’UE, dont l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie.

« Nous considérons cela comme inapproprié », a affirmé le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul, à son arrivée à Luxembourg pour une réunion avec ses homologues de l’UE.

« Nous devons parler des questions cruciales avec Israël », mais « cela doit se faire dans un dialogue critique et constructif avec Israël, c’est ce que nous défendons », a-t-il ajouté.

Ce refus de l’Allemagne empêche la suspension de cet accord, une décision qui requiert l’unanimité des 27.

De son côté le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani a réaffirmé son scepticisme. « Je ne crois pas que le blocage d’un accord commercial soit un outil utile, car cela revient à frapper l’ensemble de la population israélienne », a-t-il déclaré alors que Rome n’a pas renouvelé un accord de défense conclu avec Israël.

M. Tajani a recommandé plutôt des sanctions « individuelles » contre les extrémistes en Cisjordanie.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères Jose Manuel Albares lors de sa rencontre avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio dans la salle des traités du département d’État à Washington, DC, le 22 mai 2025. (Crédit : Drew ANGERER / AFP)

« Si nous ne le faisons pas, notre crédibilité sera perdue », a estimé le chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares. L’Espagne, farouche opposante d’Israël, réclame la rupture de cet accord d’association, entré en vigueur en 2000. A ses côtés, l’Irlande et la Slovénie ont également signé une lettre commune demandant un « réexamen » de cet accord.

« Nous devons agir. Nous devons nous assurer que nos valeurs fondamentales sont protégées », a déclaré la ministre irlandaise, Helen McEntee.

Les actions d’Israël au Liban sont « tout à fait inacceptables », a affirmé Maxime Prevot, le chef de la diplomatie belge, en amont de la réunion.

« Le comportement d’Israël est tout à fait inacceptable. Naturellement, nous devons condamner avec fermeté les agressions initiales du Hezbollah qui, au nom de sa solidarité avec l’Iran, a entraîné le Liban dans une guerre dont le pays ne voulait pas, à l’instar de la riposte disproportionnée et aveugle d’Israël. »

Le ministre a également indiqué que son pays appelait à une suspension au moins partielle de l’accord d’association entre l’UE et Israël. La Belgique est « consciente qu’une suspension totale est probablement illusoire, au vu des positions des différents pays européens », a-t-il ajouté.

L’attitude des Européens s’est durcie après la guerre contre le Hamas et ses alliés terroristes à Gaza, les dernières frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban et le vote d’une loi instituant la peine de mort ne visant que les Palestiniens, il y a trois semaines.

« Que doit-il encore se passer pour que l’Union européenne soit ébranlée par les violations systématiques du droit international et des droits de l’homme commises [selon lui] par Israël », a ainsi lancé le ministre espagnol.

Outre une suspension de l’accord dans son ensemble, la Commission européenne a également proposé aux Vingt-Sept de suspendre uniquement son volet commercial, ce qui peut être décidé à la majorité qualifiée des Etats membres.

Ces derniers en ont déjà débattu, mais sans parvenir à trouver cette majorité, qui requiert au moins 15 Etats membres représentant 65 % de la population de l’UE.

« Si l’avis des États membres a changé, alors nous pouvons avancer avec ces décisions », a prudemment déclaré mardi à Luxembourg la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas.

« Un pays de l’Union européenne s’opposait aux sanctions contre les colons violents, mais ce pays va désormais avoir un nouveau gouvernement qui pourrait adopter une approche différente », avait déclaré la veille Kallas, en faisant référence à la Hongrie.

« Ce pays vient d’organiser des élections et va avoir un nouveau gouvernement. Je ne parlerai pas au nom du nouveau gouvernement, mais je pense vraiment que nous pouvons examiner toutes ces politiques et voir s’il y a une nouvelle approche », a ajouté Kallas.

L’UE est le premier partenaire commercial d’Israël, pays auquel l’Allemagne vend notamment des armes mais beaucoup moins qu’avant.

La France et la Suède ont de leur côté réclamé dans une lettre commune de restreindre les importations en provenance des implantations israéliennes installées dans les territoires palestiniens et dont le travail fait vivre aussi les Palestiniens.

« Nous estimons que l’UE doit de toute urgence accroître la pression sur Israël », indique le texte de cette lettre.

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