L’Italie suspend son accord de défense avec Israël ; « aucune incidence sur la sécurité d’Israël », répond Jérusalem
"Nous avons un protocole d’accord qui remonte à de nombreuses années et qui n’a jamais comporté de contenu substantiel", a affirmé le ministre israélien
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L’Italie a mis fin à son accord de défense avec Israël, a annoncé mardi la Première ministre italienne Giorgia Meloni, invoquant le conflit en cours au Moyen-Orient.
« Compte tenu de la situation actuelle, le gouvernement a décidé de suspendre le renouvellement automatique de l’accord de défense avec Israël », a-t-elle dit aux journalistes lors d’une fête de la viticulture qui était organisée à Vérone.
Une annonce qui a été minimisée en Israël – où le ministère des Affaires étrangères a expliqué au Times of Israel que Jérusalem n’avait « aucun accord de sécurité avec l’Italie ».
« Nous avons un protocole d’accord qui remonte à de nombreuses années et qui n’a jamais comporté de contenu substantiel », a affirmé le porte-parole du ministère, Oren Marmorstein. « Cela n’aura aucune incidence sur la sécurité d’Israël. »
Le protocole d’accord de 2003, qui avait été signé sous le mandat de l’ancien Premier ministre italien Silvio Berlusconi, avait ouvert la voie à une coopération en matière de défense et de recherche scientifique. Ce protocole avait été ratifié par l’Italie en 2005 et il est renouvelé automatiquement tous les cinq ans.
Il a expiré lundi.
De son côté, le chef de l’opposition Yaïr Lapid a estimé que la décision qui a été prise par Rome constituait « un nouvel échec humiliant de la part du Premier ministre et d’un ministre des Affaires étrangères inexistant » — semblant se moquer du travail fourni par Gideon Saar.
« Meloni n’est pas une dirigeante européenne de gauche progressiste ; elle appartient au camp de la droite conservatrice et elle comprend la nécessité de lutter contre le terrorisme », a continué Lapid. « Le gouvernement n’a pas su défendre les intérêts d’Israël, même auprès de ceux qui sont censés être nos amis et nos alliés naturels. »
« Nous reviendrons, nous formerons un gouvernement, et Israël sera à nouveau le pays que tout le monde voulait aimer », a-t-il affirmé, faisant référence aux élections à la Knesset qui sont prévues cette année.
Alors que de nombreux Italiens sont descendus dans les rues pour dénoncer Israël depuis le pogrom commis par les hommes armés, le 7 octobre 2023, et la guerre qui s’en est suivie à Gaza, le gouvernement de droite de Meloni a subi des pressions en raison de son positionnement sur le conflit.
En septembre, elle a expliqué à l’ONU que l’Italie soutiendrait certaines sanctions prises à l’encontre d’Israël par l’Union européenne dans le contexte de la guerre contre le Hamas dans la bande, affirmant que les actions d’Israël avaient franchi une ligne rouge en « violant les standards humanitaires et en provoquant le massacre de civils ».
Pendant la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, l’Italie a refusé d’autoriser certains avions américains en mission de combat à destination du Moyen-Orient à atterrir sur sa base de Sigonella, ont indiqué une source au sein de son ministère de la Défense et les médias italiens.
L’annonce de Meloni a été faite alors qu’une initiative citoyenne européenne — un moyen officiel pour les citoyens des États membres de présenter une pétition à l’Union européenne — appelant l’UE à suspendre son accord d’association avec Israël a dépassé le seuil requis du million de signatures nécessaires pour obliger la Commission européenne à procéder à un réexamen formel, une fois que les résultats auront été certifiés.
Les citoyens français ont été les plus nombreux à soutenir l’initiative, avec près de 379 000 signatures, suivis par les Italiens (243 485) et les Espagnols (121 037).
Les relations entre l’UE et Israël — qui sont des partenaires commerciaux majeurs — sont régies par un « accord d’association » qui est en vigueur depuis l’an 2000. Celui-ci stipule que ces relations « doivent être fondées sur le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques ».
La suspension pure et simple de l’accord UE-Israël nécessiterait l’unanimité des États membres — ce que les diplomates jugent pratiquement impossible.
la Communauté du Times of Israël !







