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L’Autorité de la nature et des parcs va dépolluer 40 000 tonnes de terre contaminées par la marée noire de 2014

Les inspecteurs accompagneront chaque conducteur de tracteur, soucieux de protéger au maximum l'écosystème aride et fragile autour d'Eilat, où les acacias peinent à pousser le long des cours d'eau contaminés

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Des suintements de pétrole entre les buissons du désert dans la réserve naturelle d'Evrona, le 7 décembre 2014. (Crédit : Facebook / Tamar Zandenburg)
Des suintements de pétrole entre les buissons du désert dans la réserve naturelle d'Evrona, le 7 décembre 2014. (Crédit : Facebook / Tamar Zandenburg)

Cette semaine, l’Autorité israélienne de la nature et des parcs a commencé à acheminer des engins vers la réserve naturelle d’Evrona, juste au nord d’Eilat, dans le sud d’Israël. L’objectif est de procéder à l’enlèvement tant attendu de quelque 40 000 tonnes de terre contaminée par une marée noire massive qui était survenue en 2014.

En décembre de cette année-là, près de cinq millions de litres (1,32 million de gallons américains) de pétrole brut s’étaient déversés dans cette réserve extrêmement aride, provenant d’un oléoduc appartenant à la société Europe Asia Pipeline Company. Ce dernier s’était rompu à l’entrée du kibboutz voisin de Beer Ora, lors du déplacement des infrastructures en vue de la construction de l’aéroport de Ramon.

Des cours d’eau saisonniers avaient ainsi été contaminés, sur une superficie de 14,5 hectares.

Les recherches menées par le programme national d’évaluation des écosystèmes HaMaarag ont depuis révélé que non seulement le pétrole était toujours présent à différentes profondeurs, mais aussi que si les acacias plus âgés, dotés d’un système racinaire plus profond, avaient survécu, il n’y avait pratiquement pas de jeunes arbres, signe d’un dérèglement de la germination et du développement des semis.

Les acacias appartiennent à la catégorie des espèces « clés de voûte » dont dépendent de nombreuses plantes, animaux et micro-organismes. C’est notamment le cas des gazelles, qui se nourrissent principalement de feuilles d’acacia et de leur eau en été.

Différentes techniques de dépollution ont donc été testées sur des parcelles pilotes au sein de la réserve. C’est finalement une méthode basée sur l’utilisation de bactéries pour décomposer le pétrole qui a été retenue, même si elle n’a été que partiellement efficace, de l’avis de Nitzan Segev, écologiste au sein de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA) pour la vaste zone s’étendant de la mer Morte à Eilat.

Nitzan Segev, l’écologiste de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs pour la zone s’étendant de la mer Morte à Eilat, dans le sud d’Israël, à côté d’un acacia mort à la suite d’une fuite de pétrole en 2014 dans la réserve naturelle d’\Evrona, juste au nord d’Eilat, le 14 février 2024. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

À l’origine, il avait été décidé de ne pas procéder à l’enlèvement de la terre, de peur que cela ne modifie les pentes subtiles qui permettent à l’eau d’atteindre les plantes ou que cela n’endommage la réserve de semences, avait expliqué Segev au Times of Israel en février 2024.

L’enlèvement de la terre était néanmoins prévu pour cet été-là. Un travail qui a toutefois été retardé par des obstacles administratifs et des problèmes logistiques, a indiqué Segev lundi.

Enfin, ce seront quelque 40 000 tonnes de terre qui vont être maintenant retirées le long des lits de cours d’eau contaminés, sur une profondeur de 20 à 40 centimètres, a-t-elle annoncé.

« Les travaux prendront quelques mois. Même s’ils sont effectués à l’aide de tracteurs, ils nécessiteront beaucoup de précaution et de patience. Nous devons nous assurer qu’ils ne touchent que les zones où se trouve le pétrole et non les autres parties des cours d’eau. Chaque conducteur de tracteur sera accompagné d’un inspecteur qui lui indiquera exactement où aller et comment procéder pour ne pas endommager les acacias. »

Segev a ajouté que les travaux seraient terminés à temps pour faire face aux crues soudaines de cet hiver. « Nous voulons que les cours d’eau soient laissés tels quels, pour que la nature puisse continuer à suivre son cours », a-t-elle déclaré.

Rien ne pousse le long d’un cours d’eau dans la réserve naturelle d’Evrona, où le sol a été contaminé par une fuite de pétrole brut en 2014 – voir les taches sombres sous la croûte du sol-, dans le sud d’Israël, le 14 février 2024. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

D’un coût estimé à 7 à 8 millions de shekels, ce projet sera financé par un fonds d’indemnisation qui a été créé par la société Europe Asia Pipeline dans le cadre d’un accord judiciaire.

La végétation a fait l’objet d’un relevé avant le début des travaux et elle continuera d’être surveillée par la suite, a déclaré Segev. À sa connaissance, aucun projet comparable n’a été mené ailleurs dans le monde ; la plupart des fuites de pétrole se produisent en mer.

« Nous espérons que la réserve se régénérera une fois que les graines auront été dispersées et que les premières crues auront eu lieu », a-t-elle ajouté. « Il s’agit d’une véritable expérience, très soigneusement menée, après des années de vérifications, de réflexion et de précautions pour ne pas causer de dommages. »

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