Le bien-être et le mode de vie des Juifs britanniques menacés par l’antisémitisme
Le Board of Deputies a constaté une hausse de l'antisémitisme dans la société civile, notamment au sein du service national de santé, des syndicats et des organismes professionnels
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Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Selon le Board of Deputies of British Jews, la montée de l’antisémitisme dans la société civile est telle que les Juifs britanniques ont le sentiment de ne pouvoir compter que sur leur communauté. Mardi, la commission a publié un rapport pointant du doigt les problèmes rencontrés dans les services de santé, les syndicats et les organismes professionnels.
Le rapport a été rédigé par la commission sur l’antisémitisme du Board of Deputies, qui a recueilli les témoignages d’organisations, de réseaux de personnel, d’étudiants et de la communauté juive, a-t-il indiqué dans un communiqué.
Il met en évidence un « problème spécifique et non traité d’antisémitisme » au sein du service national de santé britannique (NHS) ainsi que des « obstacles occultes » à l’encontre des artistes et interprètes juifs.
« La communauté juive de notre pays a de plus en plus le sentiment d’être tolérée plutôt que respectée », ont écrit les deux coprésidents de la commission, Lord John Mann, conseiller indépendant sur l’antisémitisme du gouvernement travailliste, et Dame Penny Mordaunt, ancienne secrétaire d’État conservatrice à la Défense et présidente de la Chambre des communes.
« À la suite de l’attaque terroriste perpétrée par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023, le Royaume-Uni a été témoin d’une résurgence immédiate et alarmante de la haine antijuive dans nos rues, sur Internet, dans le système scolaire et dans toute la société civile », ont-ils déclaré.
« Le 7 octobre a mis en évidence des problèmes qui existaient déjà. »
Le rapport cite des chiffres du Community Security Trust (CST), qui assure la sécurité des institutions juives. Il révèle que 3 528 actes antisémites ont été enregistrés en 2024, ce qui constitue le deuxième taux le plus élevé jamais enregistré par le CST. Le taux le plus élevé a été atteint en 2023, avec 4 103 actes antisémites.
Dans un communiqué, le président du Board of Deputies, Phil Rosenberg, a déclaré que « la croissance vertigineuse de l’antisémitisme présentait des caractéristiques communes avec les précédents cycles de conflit au Moyen-Orient », mais qu’elle différait également en ce sens que « l’antisémitisme s’était insinué dans la société civile, y compris sur le lieu de travail, dans les espaces culturels et même au sein du NHS ».
« Les Juifs britanniques ne peuvent pratiquement compter sur personne en dehors de leur communauté »
« Cela a conduit à une situation où les Juifs britanniques se sont rendu compte qu’ils n’avaient pratiquement nulle part où aller, en dehors de leur communauté, sans être confrontés à une forme ou une autre d’antisémitisme, ce qui a été très éprouvant pour la communauté. »
Le Board of Deputies a formulé dix recommandations axées sur l’amélioration de la formation à l’égalité, afin de garantir l’inclusion d’une sensibilisation à l’antisémitisme, sur la garantie que les organismes professionnels ne discriminent pas leurs membres juifs, et sur la prévention des activités ou actions qui sapent la confiance dans les services publics.
« Nous appelons à une action précise », a écrit la commission.
« Personne ne devrait être victime d’abus ou de discrimination dans l’exercice de ses activités, qu’il s’agisse de poursuivre la carrière de son choix ou d’accéder aux services publics », a déclaré Mordaunt dans un communiqué.
« Nous avons voulu proposer des mesures très concrètes, qui peuvent être mises en œuvre rapidement, et qui amélioreront considérablement la vie des gens. »
Mann a déclaré qu’il était « inacceptable que la communauté juive soit confrontée à une vague d’antisémitisme depuis le 7 octobre. Bien que ce phénomène ne soit pas nouveau, la commission a entendu des témoignages choquants que nous ne pouvons ignorer ».
Le rapport ne cite pas de cas spécifiques d’antisémitisme, mais souligne que « le mode de vie juif et le bien-être des Juifs britanniques, individuellement et en tant que communauté, sont sans cesse remis en question et menacés ».
« L’antisémitisme change encore une fois de forme, et nos recommandations sont très précises pour cibler les failles clairement identifiables. Il est urgent de combler ces failles. »
Dans la liste de ses recommandations, la commission a déclaré que les preuves qu’elle avait reçues révélaient « un problème spécifique et non traité d’antisémitisme » au sein du NHS.
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Le Board of Deputies a recommandé l’organisation d’un sommet réunissant les dirigeants du NHS à travers le Royaume-Uni pour aborder cette question, ainsi qu’une formation de base sur l’antisémitisme contemporain dans chaque établissement du NHS.
Tout en soulignant que « chacun devrait avoir le droit d’exprimer ses opinions et ses convictions », le comité a noté que les personnes employées principalement pour veiller aux affaires sociales ou à la sécurité d’autrui ont « un devoir supplémentaire de veiller à ce que les autres se sentent capables de demander leur aide ».
« Les activités, les associations et les tenues vestimentaires qui sapent la confiance dans l’universalité des services fournis ne devraient pas être autorisées », a écrit le Board of Deputies, qui appelle à « une approche cohérente dans tous les secteurs ».
Cette recommandation faisait manifestement référence à des incidents tels que le port, par certains membres du personnel du NHS, de pins représentant le drapeau « palestinien » sur leur uniforme pendant leur service.
Le Board of Deputies a également formulé des recommandations à l’intention des organisations professionnelles et des syndicats afin de « garantir que tous les membres juifs soient traités de manière égale et avec respect ».
La commission a notamment relevé des témoignages de personnes qui doivent être membres d’un organisme professionnel pour pouvoir exercer leur métier, mais qui estiment que cet organisme « fait activement preuve de discrimination à leur égard ».
« Soit les organismes professionnels et les syndicats sont tenus d’agir de manière appropriée envers leurs membres, soit un soutien et une indemnisation par un tiers doivent être fournis », a noté le Board of Deputies.
Les auteurs ont rapporté des preuves de « l’existence d’obstacles plus subtils à la participation des Juifs dans le domaine des arts ».
Ils ont indiqué que si « des individus entravent le mode de vie juif en interdisant aux participants juifs » de se produire, de promouvoir ou d’assister à des événements, le respect des contrats devrait être « imposé dès lors que des organismes publics ou des entreprises privées sont financièrement impliqués dans le lieu où se déroule l’événement ».
« Il devrait toujours y avoir une réponse ferme à l’égard de ceux qui choisissent de discriminer, et tous les niveaux de gouvernement devraient veiller à ce qu’il en soit ainsi », ont-ils insisté.
Enfin, ils ont appelé à « une prise de décision et des normes cohérentes dans toutes les forces de police à travers le pays », citant des preuves que « ce n’est pas le cas actuellement ». Ils ont demandé au Police Chiefs Council (Conseil des chefs de police) et au College of Policing (Collège de police) de présenter des propositions visant à garantir cette cohérence dans le traitement des crimes antisémites.
« Dans l’ensemble, le défi auquel est confrontée la société civile peut se résumer à l’incapacité d’appliquer les protections accordées à juste titre à différents groupes vulnérables de manière égale au peuple juif se trouvant dans la même situation », a déclaré Rosenberg dans le communiqué.
la Communauté du Times of Israël !







