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Le choc et l’effroi suscités par les vidéos d’otages israéliens à Gaza

Le Hamas a publié une vidéo d'Evyatar David dans laquelle il creuse ce qu'il craint être sa propre tombe dans un tunnel à Gaza ; le Jihad islamique palestinien a publié une vidéo de Rom Braslavski

L'otage Rom Braslavski, dans une vidéo de propagande diffusée par le Jihad islamique palestinien, le 31 juillet 2025. (Crédit : Capture d'écran)
L'otage Rom Braslavski, dans une vidéo de propagande diffusée par le Jihad islamique palestinien, le 31 juillet 2025. (Crédit : Capture d'écran)

La publication par des groupes terroristes de Gaza d’images montrant les otages Evyatar David et Rom Braslavski gravement amaigris et David contraint de creuser ce qu’il craint être sa propre tombe dans un tunnel à Gaza suscitent effroi et consternation.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a dénoncé samedi « des images ignobles » après la publication par les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien de vidéos d’otages israéliens à Gaza, redemandant leur libération « sans condition ».

« Images ignobles, insupportables, des otages israéliens détenus depuis 666 jours à Gaza par le Hamas. Leur calvaire doit cesser », a écrit le ministre sur le réseau social X.

« Ils doivent être libérés, sans condition. Le Hamas doit être désarmé et exclu de la gouvernance de Gaza », a-t-il dit, ajoutant à propos de ce territoire que « l’aide humanitaire doit y entrer massivement ».

La publication jeudi et vendredi par le Hamas et le Jihad islamique palestinien, son allié, de vidéos montrant deux otages, décharnés, a suscité un vif émoi en Israël et ravivé le débat sur la nécessité d’arriver au plus vite à un accord pour les libérer.

Sur ces images de propagande, David et Braslavski sont apparus très affaiblis et extrêmement amaigris, dans une mise en scène visant à faire le parallèle avec la situation humanitaire actuelle à Gaza.

Une image de l’otage Evyatar David tirée d’une vidéo de propagande du Hamas (à gauche) diffusée le 1ᵉʳ août 2025. (Crédit : Forum des familles des otages et disparus)

Faute de libération des otages, le « combat continuera sans répit » dans la bande de Gaza, a averti samedi le chef d’état-major de l’armée israélienne Eyal Zamir.

Les dernières négociations indirectes menées à ce sujet en juillet entre le Hamas et Israël ont échoué, les deux camps s’accusant de les torpiller.

Witkoff rencontre les familles d’otages

L’émissaire américain Steve Witkoff a rencontré samedi à Tel Aviv des proches d’otages israéliens, dont le sort indigne toujours plus Israël, après près de vingt-deux mois de captivité dans la bande de Gaza, et la diffusion de vidéos par leurs geôliers.

L’envoyé spécial américain Steve Witkoff, sur la Place des Otages à Tel Aviv, le 2 août 2025. (Crédit : Paulina Patimer/Forum des familles des otages et disparus)

Au lendemain d’un déplacement à Gaza, Witkoff s’est rendu Place des Otages, où des proches de captifs l’ont accueilli aux cris de « Ramenez-les à la maison maintenant ! ». Il s’est ensuite entretenu avec des membres des familles.

Selon le Forum des familles d’otages, il a souligné « l’engagement du président Trump » à permettre le retour de tous les otages.

Dans la soirée, près de 60 000 personnes se sont rassemblées sur la même place pour demander la libération des otages.

« Creuser leur propre tombe »

La publication jeudi et vendredi par le Hamas et le Jihad islamique palestinien, de vidéos montrant David et Braslavski, apparus squelettiques, a suscité l’émoi en Israël et ravivé le débat sur la nécessité d’un accord de cessez-le-feu pour les libérer.

Le Hamas a publié samedi une version plus longue de la première vidéo de l’un d’entre eux, David, le montrant peinant à se tenir debout dans un tunnel.

Sa famille a condamné une propagande « ignoble » du Hamas, qui viole « les standards humanitaires les plus basiques », jugeant que le jeune homme « n’a plus que quelques jours à vivre dans son état actuel ».

« Les visages des otages […] disent tout. Forcés de creuser leurs propres tombes. Tourmentés avec des exécutions. Affamés, torturés, dépérissant », s’est indigné le président Isaac Herzog sur X.

Le président Isaac Herzog lors des funérailles de l’otage Yonatan Samerano, à Tel Aviv, le 24 juin 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le Hamas « affame [aussi] le peuple de Gaza, en pillant l’aide et en bloquant les livraisons humanitaires qu’Israël a travaillé avec ses partenaires internationaux pour augmenter », a-t-il aussi fustigé.

Herzog s’est entretenu avec la famille David samedi soir.

Le bureau du président a déclaré que Herzog s’était également entretenu avec la mère de l’otage Guy Gilboa-Dalal, qui est détenu avec David.

« Le cœur de la nation brûle d’inquiétude et de douleur à la vue de ces images poignantes », a-t-il déclaré aux familles, selon un communiqué de son bureau.

« C’est un rappel effrayant de ce qui se passe dans les profondeurs des tunnels terroristes du Hamas : de la pure cruauté. »

Herzog a déclaré aux familles que la nation « ne se reposera pas, ne restera pas silencieuse et ne quittera pas des yeux son objectif : voir Evyatar, Guy et tous les otages rentrer chez eux sains et saufs ».

Le bureau du président a déclaré que pendant la conversation, les parents de David ont souligné à Herzog que leur fils était gravement malade et que toute la famille était rongée par l’angoisse.

« Le président a noté que les derniers éléments documentés exposent une fois de plus les crimes du Hamas, un groupe terroriste qui affame systématiquement ses otages, les maltraite et utilise leurs corps et leurs souffrances comme un outil de propagande », a déclaré le bureau de Herzog.

Yeela David (à gauche) et Ilay David, respectivement sœur et frère de l’otage Evyatar David, s’exprimant sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 2 août 2025. (Crédit : Lior Rothstein/Forum des familles des otages et disparus)

« Tout cela en essayant d’inciter l’opinion publique mondiale contre Israël par une fausse campagne de famine, tout en pillant l’aide humanitaire et en la refusant aux habitants de Gaza. »

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar a indiqué avoir « transmis un message urgent à ses collègues du monde entier » et avoir « initié une réunion spéciale du Conseil de sécurité des Nations unies » sur la question.

« J’estime que dans les prochains jours, nous saurons si nous pouvons parvenir à un accord pour la libération de nos otages. Sinon, le combat continuera sans répit », a déclaré Zamir.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a déclaré samedi soir qu’Israël ne céderait pas aux tentatives de « manipulation » du Hamas et qu’il continuerait au contraire à se battre « de toutes ses forces ».

« L’objectif du Hamas en diffusant les vidéos des otages n’est bien sûr pas de nous donner un signe de vie, mais de manipuler nos émotions, d’abuser des familles, de briser nos cœurs et, par le terrorisme de la manipulation, de nous pousser à capituler et à mettre fin à la guerre avant qu’il ne soit détruit », a déclaré le chef du parti HaTzionout HaDatit.

« Il est évident que cela n’arrivera pas », a-t-il ajouté.

« La réponse à la cruauté dont sont victimes les otages doit être la destruction totale de ce mal pur de la surface de la terre et le retour inconditionnel des otages. »

Il a ajouté que la lutte contre le Hamas devait se poursuivre « de toutes nos forces et sans relâche ».

Netanyahu « consterné », s’entretient avec les familles

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est dit « consterné » par les dernières vidéos diffusées par le Hamas et a parlé avec les familles, indique un communiqué officiel.

« Le Premier ministre a exprimé une profonde consternation face aux enregistrements diffusés par le groupe terroriste Hamas et a déclaré aux familles que les efforts pour ramener tous nos otages se poursuivent et se poursuivront continuellement et sans relâche », selon ce communiqué de ses services, diffusé dans la nuit de samedi à dimanche.

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées samedi soir à Tel Aviv en soutien à leurs familles et pour exiger leur libération.

Ofer Braslavski, le père de l’otage Rom Braslavski, s’exprimant sur la Place des Otages, le 2 août 2025. (Crédit : Paulina Patiner/Forum des familles des otages)

Sur les images de propagande des deux groupes terroristes, les deux captifs sont apparus très affaiblis et très amaigris, dans une mise en scène visant à faire le parallèle avec la situation humanitaire actuelle à Gaza, menacée de « famine généralisée » selon l’ONU.

D’après le communiqué, Netanyahu « a eu une longue conversation ce soir avec les familles des otages, Rom Breslevski et Evyatar David ».

« La cruauté du Hamas n’a pas de limite », a-t-il commenté, toujours selon le bureau du Premier ministre.

« Alors que l’État d’Israël permet l’entrée de l’aide humanitaire pour les habitants de Gaza, les terroristes du Hamas affament délibérément nos otages et les filment de manière cynique et odieuse. Les terroristes du Hamas affament également délibérément les habitants de la bande de Gaza, les empêchant de recevoir l’aide, et font écho à une campagne de propagande mensongère contre Israël », a-t-il affirmé, appelant les « pays du monde à se mobiliser pour condamner clairement les abus criminels nazis du groupe terroriste du Hamas ».

Dimanche matin, les titres de presse restaient largement consacrés au sujet : « Affamés, décharnés et désespérés » (Yedioth Ahronoth), « L’enfer à Gaza » (Maariv), « Cruauté sans limite » (Israel Hayom), « Netanyahu n’est pas pressé » (Haaretz).

La cheffe de la diplomatie de l’UE dénonce des « images effroyables »

La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Kaja Kallas, a dénoncé dimanche « des images effroyables d’otages israéliens » dont elle a exigé la libération « immédiate », après la publication des deux vidéos.

« Les images des otages israéliens sont effroyables et témoignent de la barbarie du Hamas. Tous les otages doivent être libérés immédiatement et sans condition », a-t-elle écrit sur X.

Rom Braslavski, dans une image tirée d’une vidéo de propagande publiée par le Jihad islamique palestinien le 31 juillet 2025 et autorisée à la publication par sa mère le 1ᵉʳ août 2025. (Crédit : Autorisation)

« Le Hamas doit déposer les armes et mettre fin à son règne sur Gaza », a déclaré Kallas.

« Dans le même temps, une aide humanitaire à grande échelle doit être autorisée à atteindre les personnes dans le besoin », a-t-elle affirmé.

Même son de cloche en France, où le président Emmanuel Macron a évoqué « une cruauté abjecte, une inhumanité sans limite : voilà ce qu’incarne le Hamas. Les images insoutenables (…) montrant des otages israéliens détenus à Gaza, le rappellent avec horreur ».

Il a souligné que « la priorité absolue et l’impératif pour la France est la libération immédiate de tous les otages ».

Le chef de l’État a dit penser « avec émotion à Evyatar David, à Rom Braslavski, à tous les otages encore retenus, ainsi qu’à leurs familles et leurs proches plongés dans l’enfer depuis plus de 660 jours ».

De son côté, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré dans une interview au journal allemand Bild que les vidéos « montrent que le Hamas ne doit plus jouer de rôle dans l’avenir de Gaza ».

Il a également appelé Israël à ne pas « répondre au cynisme du Hamas » en interrompant l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza.

Des experts mandatés par l’ONU ont mis en garde contre une famine croissante dans le territoire assiégé, tandis qu’Israël a démenti les informations faisant état d’une famine généralisée. L’État juif a accusé le Hamas de détourner les livraisons d’aide.

Le ministre britannique des affaires étrangères, David Lammy, a fait savoir que « les images d’otages exhibés à des fins de propagande sont écoeurantes ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, prononçant un discours sur « La diplomatie à l’ère numérique » lors de sa visite officielle à Singapour, le 12 juillet 2025. (Crédit : Roslan Rahman/AFP)

« Chaque otage doit être libéré sans condition », a continué Lammy dans un post qui a été publié sur X. « Le Hamas doit désarmer et n’avoir aucun contrôle sur Gaza ».

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, s’est joint à l’indignation en déclarant que « le traitement inhumain des otages israéliens par le Hamas mérite une condamnation très ferme ».

« La population de Gaza ne doit pas continuer à souffrir des crimes odieux du Hamas. Il doit déposer les armes et libérer tous les otages immédiatement », a ajouté Sybiga sur X.

L’ambassadeur du Royaume-Uni en Israël, Simon Walters, a, de la même manière, exprimé sa « solidarité » avec les familles des otages détenus à Gaza après la diffusion des images.

« Les organisations terroristes n’ont pas d’avenir à Gaza », a-t-il écrit en hébreu dans un message qui a été posté sur X.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités, utilisant les violences sexuelles comme arme à grande échelle.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.

Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.

Plus de 60 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.

L’armée israélienne affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

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