Rechercher

Le Fatah rend des armes au Liban ; les US demandent à Israël de limiter les frappes contre le Hezbollah

La remise des armes marque un premier pas modeste dans le plan de désarmement des camps de réfugiés palestiniens ; le Hamas dit que les factions resteront armées tant que l'occupation perdurera sur le sol palestinien

Des soldats des forces armées libanaises (LAF) se tenant à côté d'une camionnette transportant des armes remises par des factions palestiniennes dans le camp de réfugiés palestiniens de Burj al-Barajneh à Beyrouth, au Liban, le 21 août 2025. (Crédit : Hussein Malla/AP)
Des soldats des forces armées libanaises (LAF) se tenant à côté d'une camionnette transportant des armes remises par des factions palestiniennes dans le camp de réfugiés palestiniens de Burj al-Barajneh à Beyrouth, au Liban, le 21 août 2025. (Crédit : Hussein Malla/AP)

Certaines factions palestiniennes ont commencé jeudi à remettre à l’armée libanaise les armes qu’elles détenaient dans un camp de réfugiés en périphérie de Beyrouth, a annoncé le Liban. Il s’agit de la première étape d’un plan annoncé il y a trois mois par les autorités, visant à désarmer les camps.

Un premier pas toutefois modeste. Un pick-up a quitté le camp de réfugiés de Burj al-Barajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth, chargé d’armes légères emballées dans des sacs, desquels on pouvait voir dépasser des crosses de mitrailleuses.

Un photographe de l’AFP a ainsi vu un camion rempli d’armes et de munitions sortir du camp pour rejoindre un parking à proximité, où des véhicules et des membres de l’armée libanaise étaient déployés pour inspecter le chargement.

Cette confiscation des armes dans les camps est considérée comme un prélude au désarmement, beaucoup plus ardu, du groupe terroriste du Hezbollah soutenu par l’Iran, qui a mené l’année dernière une guerre acharnée contre Israël, laquelle s’est soldée par un cessez-le-feu en novembre. Depuis lors, le Hezbollah subit des pressions nationales et internationales pour qu’il dépose ses armes restantes, ce qu’il a refusé de faire jusqu’à présent.

La décision de retirer les armes des camps palestiniens a été rendue publique en mai, au cours d’une visite du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au Liban, au cours de laquelle lui et le président libanais Joseph Aoun ont fait savoir que les armes seraient désormais regroupées sous l’autorité du gouvernement libanais.

On ignore si le Fatah sera le seul mouvement à se conformer à cette décision, ou si les autres factions lui emboiteront le pas.

Les représentants du Hamas et de son allié, le Jihad islamique palestinien, n’ont fait aucun commentaire.

Un porte-parole du Hamas a envoyé un communiqué signé par « les factions palestiniennes au Liban », qualifiant la remise d’armes de jeudi de « question d’organisation interne propre au Fatah », sans « aucun lien, de près ou de loin, avec la question des armes palestiniennes dans les camps ».

Et d’ajouter : « Nos armes sont, ont toujours été et resteront à jamais liées au droit au retour et à la juste cause palestinienne, tant que l’occupation perdurera sur le sol palestinien. »

Des hommes armés palestiniens appartenant aux Forces de sécurité nationale se tiennent à l’entrée du camp de réfugiés palestiniens de Burj al-Barajneh, où les factions palestiniennes ont remis leurs armes aux militaires libanais, à Beyrouth, au Liban, le 21 août 2025. (Crédit : AP/Hussein Malla)

Certains responsables des factions palestiniennes ont également fait part de leur intention de ne remettre que les armes « illégales » et non celles appartenant à des factions organisées, précisant en outre que les armes légères personnelles ne seraient pas concernées.

Badih al-Habet, porte-parole du Fatah à Beyrouth, a indiqué aux journalistes qu’Aoun avait reconnu que « les armes personnelles font partie de la culture arabe et nationale », et que jeudi serait le jour de « la remise des armes illégales détenues par des individus illégitimes ».

Ramez Dimashkieh, chef du Comité de dialogue libano-palestinien, un organisme gouvernemental servant d’interlocuteur entre les réfugiés palestiniens et les responsables, a déclaré dans un communiqué que cette remise « constitue la première phase du processus, des lots d’armes supplémentaires devant être transférés dans les semaines à venir depuis le camp de Burj al-Barajneh et d’autres camps ».

Nabil Abu Rdeneh, porte-parole d’Abbas, a rapporté dans un communiqué que des armes avaient été remises jeudi dans le camp d’al-Bass, au sud du Liban, et que cette opération se poursuivrait dans d’autres camps, conformément à l’accord conclu entre Abbas et le gouvernement libanais.

L’envoyé américain Tom Barrack a félicité le gouvernement libanais et le Fatah « pour leur accord sur le désarmement volontaire dans les camps de Beyrouth ».

Dans un message publié sur X, il a qualifié cet accord de « progrès historique vers l’unité et la stabilité, témoignant d’un véritable engagement en faveur de la paix et de la coopération ».

La mise en œuvre du plan de désarmement des camps palestiniens a été retardée en raison de désaccords entre et au sein des différentes factions palestiniennes opérant au Liban, dont le Fatah d’Abbas, son rival le groupe terroriste du Hamas et divers autres groupes islamistes ainsi que de gauche, concernant les modalités de remise des armes.

Le Hamas et d’autres factions armées ont participé à des tirs depuis le Liban contre Israël dès le début de la guerre en cours à Gaza et du conflit qui a suivi entre Israël et le Hezbollah, qui s’est soldé par un cessez-le-feu conclu en novembre.

Selon les termes de ce cessez-le-feu, seule l’armée libanaise sera autorisée à porter des armes. Toutes les forces armées devront se retirer du sud du pays, à l’exception de l’armée et des forces de maintien de la paix de l’ONU.

Israël a continué de frapper le Liban à chaque fois qu’il estimait que le Hezbollah violait le cessez-le-feu. Ses soldats occupent toujours cinq positions dans le sud, que l’État juif juge stratégiques pour sa défense.

En début de semaine, Barrack a souligné qu’après l’engagement de Beyrouth à désarmer le Hezbollah, c’était désormais à Israël de respecter sa part du cessez-le-feu, faisant ainsi référence au retrait des troupes et à leur retour en Israël.

Jeudi, le réseau américain Axios a indiqué que des responsables états-uniens avaient demandé à Israël de réduire temporairement les frappes jugées « non urgentes » au Liban, et de procéder au retrait de ses soldats d’un point frontalier, en démonstration de sa bonne volonté et de son soutien aux efforts libanais.

Les responsables doutent que Beyrouth soit suffisamment fort pour contraindre le Hezbollah a rendre les armes. Ils espèrent toutefois que la décision d’Israël leur donnera la marge de manœuvre indispensable pour saisir les armes du groupe terroriste.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.