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Le fils d’Elie Wiesel fustige Rahm Emanuel, qui a qualifié Israël d’État « paria »

Elisha Wiesel a accusé l’ancien chef de cabinet de la Maison Blanche d'avoir porté atteinte à Israël et appelle les Juifs à ne pas conditionner leur existence à l'approbation internationale

Elisha Wiesel, au musée-mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, le 12 juillet 2026. (Crédit : Capture d’écran Jerusalem Post / X.com)
Elisha Wiesel, au musée-mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, le 12 juillet 2026. (Crédit : Capture d’écran Jerusalem Post / X.com)

Le fils du prix Nobel de la paix Elie Wiesel a vivement critiqué, dimanche 12 juillet, Rahm Emanuel, ancien chef de cabinet de la Maison Blanche sous Barack Obama, l’accusant d’avoir porté atteinte à Israël en le qualifiant d’État « paria » et en remettant en cause son droit à poursuivre la guerre contre le Hamas.

Dans un discours prononcé au musée-mémorial de Yad Vashem à Jérusalem (dont l’intégralité a été postée en ligne), à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de son père, Elisha Wiesel a répondu aux déclarations faites le 8 juillet par Rahm Emanuel lors d’une conférence à l’université de Tel Aviv.

« Rahm Emanuel est embarrassé par Israël. Il est fier de cet embarras. C’est lui qui devrait avoir honte », a déclaré Elisha Wiesel.

Ancien maire de Chicago et ancien ambassadeur américain au Japon, M. Emanuel avait estimé que l’État hébreu était devenu un « paria » sur la scène internationale et qu’il ne pouvait « pas combattre indéfiniment contre un monde qui ne croit plus qu’il en a le droit ». Pour Elisha Wiesel, ces propos reviennent à faire porter à Israël la responsabilité de l’hostilité de ses adversaires.

« Les Juifs américains et les Juifs israéliens sont une famille », a déclaré M. Wiesel. « Peut-être qu’un membre de votre famille vous embarrasse parfois. Mais souhaitez-vous pour autant qu’il soit livré à ses ennemis ? »

Le président de la Fondation Elie Wiesel a inscrit son intervention dans l’héritage moral de son père, survivant de la Shoah et prix Nobel de la paix. Il a rappelé qu’Elie Wiesel reprochait déjà aux Juifs américains, dans les années 1940, d’avoir poursuivi une vie normale tandis que les Juifs d’Europe étaient exterminés. « Aujourd’hui, trop de Juifs américains sont embarrassés par l’inverse : qu’Israël soit suffisamment fort pour défendre les Juifs attaqués », a-t-il déploré.

Insistant sur le fait que les victimes civiles à Gaza constituent « une tragédie », Elisha Wiesel a rappelé que le Hamas avait promis à maintes reprises de répéter les attaques du 7 octobre 2023 « encore et encore », notant qu’Israël ne pouvait renoncer à son droit à se défendre.

Il a également rejeté l’idée que la légitimité de l’État juif dépende de l’avis de la communauté internationale. « Notre droit n’a jamais dépendu de l’approbation du monde », a-t-il déclaré. « Il ne vient ni de la Shoah ni de la culpabilité du monde. Il existe par droit, et non par permission. »

Dans son discours, Elisha Wiesel a également reproché à Rahm Emanuel de concentrer ses critiques sur Israël plutôt que sur les défis auxquels sont confrontés les États-Unis, citant notamment l’antisémitisme, les divisions politiques et les débats sur l’immigration.

S’il a condamné les violences commises par certains Israéliens extrémistes en Cisjordanie, M. Wiesel a estimé que les questions relatives aux implantations devaient être tranchées par les citoyens israéliens, « dont les fils et les filles portent le poids de la défense des vies juives ». Selon lui, les décisions concernant l’avenir de la Judée-Samarie « appartiennent au peuple israélien » et non aux responsables politiques américains.

Concluant son intervention, Elisha Wiesel a appelé les Juifs à ne pas conditionner leur existence à l’approbation internationale. « Depuis plus de 3 000 ans, le peuple juif contribue au monde par ses valeurs, son savoir et sa culture. Nous espérons que le monde acceptera un jour notre existence. En attendant, nous avons choisi de vivre », a-t-il conclu.

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