Le frère d’un otage mort critique le discours « creux » de Netanyahu à l’ONU, lui reprochant la « Shoah » du 7 octobre
Alors que des milliers de personnes ont pris part à des rassemblements, des familles d'otages ont exigé que le Premier ministre revienne des États-Unis avec un accord
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Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi soir à travers le pays pour exiger du gouvernement qu’il conclue un accord de cessez-le-feu et de libération des otages qui permettrait de mettre un terme à la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza. Cette mobilisation a fait suite à la déclaration du président américain Donald Trump, la veille, qui a affirmé qu’un accord était proche, ainsi qu’à la révélation par le Times of Israel, quelques heures plus tôt, des détails du nouvel accord proposé par Washington.
Avant les rassemblements, les familles des otages ont accusé le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, de chercher à faire échouer un accord de cessez-le-feu. Elles l’ont exhorté à accepter le nouveau cadre de cessez-le-feu proposé par les États-Unis et elles ont souligné le sort de leurs proches, alors que Yom Kippour, le jour le plus sacré du calendrier juif, se profile à l’horizon et que les otages se rapprochent de la fin de leur deuxième année de captivité.
Alors qu’Israël a lancé une nouvelle opération de grande envergure pour prendre le contrôle de Gaza-City, le Forum des familles des otages et disparus, qui représente la plupart des familles des otages, a accusé Netanyahu d’avoir choisi « d’élargir le champ des combats et de faire échouer un accord visant à ramener » les captifs.
« Agissez selon la volonté du peuple : concluez un accord global pour ramener les 48 otages et mettre fin à la guerre à Gaza », a déclaré le Forum.
Lors de la conférence de presse hebdomadaire organisée par les familles des otages avant les rassemblements, Einav Zangauker, mère de Matan Zangauker, a menacé d’intensifier les manifestations pour la conclusion d’un accord si Netanyahu ne revenait pas de son déplacement aux États-Unis avec un accord en main.
« Contrairement à la campagne mensongère menée par l’ange de la destruction, Netanyahu, il y a 48 familles dont les proches sont en captivité, et tout le monde doit rentrer, pas seulement ceux auxquels il s’est adressé », a déclaré Zangauker, accusant le Premier ministre d’avoir torpillé toutes les chances d’un accord au cours des deux dernières années.
« Si vous sabotez un autre accord, nous vous hanterons jusqu’à la fin des temps », a-t-elle déclaré.
« Je vous regarde droit dans les yeux, Netanyahu. Si vous revenez sans accord, un enfer indescriptible vous attendra ici. Les manifestations et les grèves de ces dernières semaines n’auront été qu’un prélude. »
Le frère d’un otage assassiné : le Premier ministre responsable de « la Shoah du 7 octobre »
S’exprimant lors de la manifestation anti-gouvernement à l’entrée de la rue Begin, près des quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv, Danny Elgarat, frère de l’otage assassiné Itzik Elgarat, dont le corps a été rapatrié en Israël plus tôt cette année, a accusé Netanyahu d’abandonner les otages et de chercher à prendre le contrôle de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet.
Il a également accusé le Premier ministre d’être responsable d’une « Shoah » en ayant permis au Hamas de perpétrer un pogrom le 7 octobre 2023.
S’adressant à quelque 300 personnes, lors de la première manifestation anti-gouvernement organisée depuis plusieurs semaines, Elgarat a parodié une partie du discours prononcé par Netanyahu devant l’Assemblée générale des Nations unies dans laquelle le Premier ministre posait des questions à choix multiples à ses auditeurs.
« De quoi Bibi est-il responsable ? », a demandé Elgarat, utilisant le surnom du Premier ministre.
« De la Shoah du 7 octobre ? De la mort en captivité de 42 otages ? De l’abandon des otages à Gaza ? De l’abandon des soldats dans une guerre politique ? Ou de tout ce qui précède ? »
À l’instar du discours de Netanyahu, dans lequel le Premier ministre a cherché à montrer que l’Iran et ses mandataires cherchaient à tuer des Occidentaux, Elgarat a affirmé que la réponse à sa question était « tout ce qui précède ».
« Mais le pire péché de tous est la manière dont Netanyahu maltraite les familles des otages, et maintenant, les otages eux-mêmes », a-t-il ajouté.
Il a fustigé l’ordre donné par Netanyahu à l’armée de diffuser son discours par haut-parleurs à Gaza et dans ses environs, afin que le Premier ministre puisse s’adresser directement aux otages, selon ses déclarations à l’ONU.
« Au lieu d’accueillir et d’écouter les familles des otages, il utilise un réseau de haut-parleurs contre les captifs et leurs proches, il répand des mensonges, il tente de remettre en cause leur loyauté et de saper leur force », a poursuivi Elgarat.
« Et pourquoi ? Simplement parce qu’ils lui rappellent qu’il est le seul responsable. Et il s’agit là d’une bassesse morale à laquelle seul Netanyahu pouvait descendre. »
« À cela s’ajoute la corruption qui continue de nuire à la sécurité nationale, et en tête de liste, la nomination du chef du Shin Bet », le général de division (Rés.) David Zini, candidat désigné par Netanyahu, dont la candidature a été approuvée jeudi par une commission statutaire après une longue bataille juridique.
Les critiques ont attaqué Zini pour ses opinions qu’il qualifie lui-même de « messianiques ». Netanyahu a nommé Zini pour remplacer l’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, qui l’avait accusé d’avoir fait échouer un accord de cessez-le-feu et d’avoir tenté de mettre fin à une enquête sur ses principaux collaborateurs pour leurs liens criminels présumés avec le Qatar.
« Netanyahu veut même prendre l’organe le plus sensible et le transformer en pion politique », a déclaré Elgarat.
« Nous n’avons pas besoin de discours creux, mais d’un leadership fort et honnête », a ajouté Elgarat, qui se présente aux primaires pour briguer un siège à la Knesset au sein du parti Les Démocrates.
Il a exprimé son espoir de voir émerger « un leadership prêt à payer le prix politique pour sauver la nation, ramener les otages, réparer la fracture et redonner à la cause sioniste la place qui lui revient ».
« Le véritable Israël » n’appartient pas à Netanyahu, a-t-il déclaré.
« Cela nous appartient, et nous allons le rétablir. Nous allons le battre. »
À la fin du discours, la foule a scandé : « Une guerre politique, une trahison d’Israël » et « Bibi et Sinwar, l’argent du Qatar », en référence à l’argent qatari qui a afflué vers Gaza dans les années précédant le 7 octobre, avec le consentement de Netanyahu, ce qui, selon beaucoup, a aidé le Hamas, alors dirigé par Yahya Sinwar dans la bande de Gaza, à mener à bien les massacres. La foule a également fait allusion aux allégations selon lesquelles les collaborateurs de Netanyahu auraient travaillé pour le Qatar alors qu’ils étaient à son service.
Une ex-otage doute de la volonté de libérer les captifs
S’adressant à des milliers de personnes rassemblées sur la Place des Otages, à Tel Aviv, Doron Steinbrecher, qui a été relâchée par le Hamas en janvier dans le cadre du dernier cessez-le-feu à Gaza, a déclaré qu’elle ne savait pas si elle croyait encore que le retour des otages était la priorité absolue d’Israël.
« J’ai essayé d’y croire quand mon tunnel a été bombardé et que j’ai été clandestinement conduite dans les rues de Gaza, j’ai essayé d’y croire quand j’ai entendu les hélicoptères militaires voler au-dessus de ma tête », a-t-elle déclaré, tandis que les participants au rassemblement déployaient une grande affiche à l’attention de Trump sur laquelle on pouvait lire : « Les 48 otages doivent rentrer à la maison maintenant. »
« En captivité, vous voulez y croire quand vous entendez le Premier ministre s’adresser directement à vous par haut-parleurs, et vous voulez y croire quand vous entendez les menaces et les promesses répétées de Trump. Vous voulez y croire quand vous entendez que [l’envoyé spécial de la Maison Blanche pour le Moyen-Orient, Steve] Witkoff est optimiste », a-t-elle poursuivi.
« On s’accroche à tout ce qui nous permet de croire : chaque date, chaque souvenir, chaque occasion, on marque tout ce qu’on peut pour ne pas abandonner », a-t-elle expliqué quelques jours après Rosh HaShana, le Nouvel an juif.
« Mais je ne sais pas s’ils croient encore – je ne sais pas si je crois encore – que tout est fait », a-t-elle ajouté.
« Mais je n’ai pas d’autre choix que de croire qu’ils reviendront. »
« Nous n’avons pas le choix, et eux non plus. »
Dans le contexte de l’opération en cours visant à prendre le contrôle de Gaza-City, « on ne sait pas s’il restera des otages vivants, ni s’il sera possible de localiser les morts », a-t-elle déclaré.
« Les soldats continueront d’être tués et blessés mentalement et physiquement… [et] le pays restera en guerre et ne commencera pas sa reconstruction. »
« Nous avons marqué de nombreux jours, fêtes et occasions spéciales, sans que les otages ne soient libérés. Cela ne dérange-t-il pas les décideurs ? », a-t-elle demandé.
« Je veux croire que tout est mis en œuvre pour les ramener à la maison, que c’est la priorité absolue. »
« S’il existe une possibilité » de conclure un accord de cessez-le-feu en échange de la libération des otages, a-t-elle poursuivi, « ne laissez pas passer cette chance. Sauvez-les, [sauvez] nous. »
Parallèlement, à Jérusalem, des centaines de manifestants sont partis de la porte de Jaffa, dans la Vieille Ville, pour se diriger vers la résidence du Premier ministre.
En marchant le long des remparts, ils scandaient : « Il n’y a pas de rédemption pour un gouvernement qui abandonne son peuple. »
Les manifestants ont été hués par plusieurs passants, principalement des Juifs vêtus de tenues « orthodoxes ».
Avant le début de la marche, une organisatrice du mouvement réformé a conduit la foule dans une prière de havdalah marquant la fin du Shabbat.
Elle a souligné que les Juifs du monde entier venaient de célébrer Rosh HaShana et qu’ils célébreraient Yom Kippour mercredi soir et jeudi.
« Nous voici à la veille de Yom Kippour », a-t-elle déclaré.
« Nous n’oublions pas un seul instant que cette guerre est toujours en cours », a-t-elle souligné, ajoutant que la nouvelle année ne pourra véritablement commencer « tant que les otages ne seront pas libérés et que la guerre ne sera pas terminée ».
Ces manifestations ont fait suite au discours prononcé vendredi par Netanyahu devant l’Assemblée générale des Nations unies, au cours duquel il a provoqué la colère des familles des otages en ne citant que les noms des vingt otages présumés encore en vie, sans mentionner les vingt-huit autres.
En marge de l’Assemblée générale, Trump a rencontré des dirigeants arabes et musulmans et leur a présenté un nouveau plan américain visant à libérer tous les otages et à mettre fin à la guerre à Gaza.
Ce plan de cessez-le-feu, révélé samedi par le Times of Israel, encourage les Palestiniens à rester à Gaza et prévoit que l’Autorité palestinienne (AP) prenne finalement les rênes de la bande de Gaza, ce qui contredit les déclarations publiques de Netanyahu.
Vendredi, Trump a déclaré qu’il menait des discussions intenses avec les pays du Moyen-Orient en vue de conclure un accord de cessez-le-feu et de libération des otages à Gaza. Il a ajouté qu’Israël et le groupe terroriste du Hamas étaient au courant de ces discussions, qui, selon lui, se poursuivraient aussi longtemps que nécessaire.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 48 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 26 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont exprimé de vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes.
Le Hamas a relâché 30 otages – 20 civils, 5 soldates et 5 ressortissants thaïlandais – ainsi que les corps de huit otages israéliens au cours de l’accord de cessez-le-feu en vigueur entre janvier et mars. Puis, en guise de « signe de bonne volonté » envers les États-Unis, il a libéré un autre otage, un citoyen américano-israélien, en mai 2024.
Il avait précédemment libéré 105 civils au cours de la semaine de trêve de la fin novembre 2023, et quatre otages avaient été libérées auparavant, au cours des premières semaines de la guerre.
En échange, Israël a libéré quelque 2 000 terroristes palestiniens emprisonnés, ainsi que des prisonniers et des suspects de terrorisme gazaouis arrêtés pendant la guerre.
Huit otages vivants ont été secourus par les soldats et les dépouilles de 51 otages ont été récupérées, dont celles de trois Israéliens tués accidentellement par Tsahal et d’un soldat tué en 2014.
la Communauté du Times of Israël !







