Le gouvernement ajoute des milliards au budget, dont 473 M de $ pour l’aide à Gaza
Les ministres ont validé 31 milliards de shekels de dépenses de guerre de plus ; l'Éducation reproche au ministre des Finances de préférer "les enfants de Gaza à ceux d'Israël"
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Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a approuvé, mardi soir, une rallonge de 31 milliards de shekels au budget 2025, dont 1,6 milliard destiné à l’aide humanitaire pour Gaza.
Cette décision a suscité la colère de plusieurs ministres ainsi que de figures de l’opposition, tel le chef d’Yisrael Beytenu Avigdor Liberman, qui a accusé l’exécutif de « payer des impôts au Hamas ». Ces crédits supplémentaires doivent encore être validés par la Knesset.
Destinées pour l’essentiel à l’effort de défense, ces nouvelles dépenses s’accompagneront d’une baisse de 3,35 % des budgets ministériels qui devrait entrer en vigueur en début d’année prochaine.
Selon le site d’information Ynet, les ministères les mieux dotés seront les plus touchés par ces coupes budgétaires ; ainsi, le ministère de la Sécurité intérieure subira la plus forte réduction.
Son ministre, Itamar Ben Gvir, et le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, ont publié mardi matin une déclaration commune pour exprimer leur opposition au projet de budget, à moins qu’il n’inclue des fonds destinés à la sécurité des établissements scolaires. Kisch a prévenu qu’en l’absence de ces crédits, la rentrée pourrait être retardée.
Lors du Conseil des ministres, Kisch a regretté que l’aide à Gaza ait été augmentée, mais qu’il n’ait pas reçu les fonds demandés pour l’aide à la santé mentale des élèves ; il a d’ailleurs accusé Smotrich de « préférer les enfants de Gaza à ceux d’Israël. »
Smotrich est un « petit homme avec un ego énorme », aurait-il dit, selon une transcription rendue publique par les médias israéliens.
Lors de la réunion, Ben Gvir a fustigé Netanyahu, le tenant pour responsable de cette « honte », selon des transcriptions divulguées.
Netanyahu a réagi aux critiques en assurant que « l’argent n’irait pas au Hamas, mais aux centres d’aide et aux habitants de Gaza », ce à quoi Ben Gvir a réagi à son tour en lui demandant « Pourquoi donner la priorité aux enfants de Gaza ? »
À Gaza, les opérations militaires israéliennes ont entraîné l’effondrement de la quasi-totalité des services, et Israël est tenu, en vertu du droit international, de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire dans la zone de guerre.
Smotrich a lui aussi réagi aux critiques qui lui étaient adressées en fustigeant la minorité de « ministres populistes » davantage intéressés par « les insultes et les gros titres », en rappelant que la majorité des ministres avaient fait preuve de responsabilité en adoptant le budget.
Après son adoption en mars dernier, le polémique budget israélien 2025 et ses 755 milliards de shekels avaient été salués par Smotrich, qui y voyait « tout ce dont nous avons besoin pour gagner sur tous les fronts, y compris le front intérieur ».
Début août, le politicien d’extrême droite avait admis la mobilisation de plusieurs milliards de shekels des deniers publics israéliens pour l’aide humanitaire à Gaza, ce à quoi il était jusque là fermement opposé.
Dans une déclaration dont il a le secret, Ben Gvir, dont le parti Otzma Yehudit a fait liste commune avec le parti HaTzionout HaDatit de Smotrich aux dernières élections, a qualifié cette décision « d’aider les Gazaouis aux frais du contribuable israélien » de « honte et de disgrâce » qui profiterait in fine au Hamas.
« Payer des impôts au Hamas »
Avigdor Liberman, président du parti d’opposition belliciste Yisrael Beytenu, a tenu un discours similaire, affirmant sur X que cette aide complémentaire avait été acceptée « au mépris des mises en garde de Tsahal selon lesquelles la grande majorité de l’aide finirait entre les mains du Hamas ».
« Le gouvernement vole les citoyens et donne nos impôts au Hamas », a accusé Liberman.
Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a qualifié cette décision de dangereuse pour la santé des Israéliens.
« La décision du gouvernement de réduire le panier santé est la preuve qu’ils n’ont absolument aucune honte : des gens vont la payer de leur vie. Alors que ces budgets auraient pu être dégagés par la fermeture de 15 ministères superflus ou l’annulation des fonds de la coalition qui servent à la corruption ou aux réfractaires à la conscription », a déclaré Lapid dans un tweet.
« Au lieu de cela, le pire gouvernement de toute l’histoire d’Israël diminue les soins de santé, l’éducation et l’aide sociale. C’est une honte. »
Le budget amendé s’est également attiré des critiques de la part des anciens alliés ultra-orthodoxes de Netanyahu. Les dirigeants du parti Yahadout HaTorah se sont insurgés contre les 481 millions de shekels retirés au projet d’inclusion des écoles haredim dans le programme New Horizon, lequel finance le travail en petits groupes entre enseignants et élèves et prévoit une hausse des salaires des enseignants. Pour l’heure, ce programme est réservé aux écoles publiques, à l’exclusion des institutions orthodoxes indépendantes qui n’enseignent pas de matières laïques. Les fonds sont, pour l’heure, gelés dans l’attente d’une affectation légale.
Mardi après-midi, le député Moshe Gafni (Yahadout HaTorah), a semblé menacer de voter contre ces amendements au budget de la défense en disant que « le mois prochain, lorsque le budget de la Défense sera soumis au vote de la Knesset et de la commission des Finances… nous consulterons les grands sages de la Torah sur la façon de voter, à la lumière de tous les développements récents ».
la Communauté du Times of Israël !







