Le Grand rabbinat se dit prêt à laisser les femmes passer certains examens rabbiniques
Après que la Haute Cour de justice a statué qu'il devait ouvrir ses examens aux femmes, l'instance a demandé aux juges de tenir une autre audience et de reporter la mise en œuvre de son verdict initial
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Trois mois après que la Haute Cour de justice a statué que le Grand rabbinat devait ouvrir ses examens aux femmes, l’instance a demandé aux juges de consacrer une nouvelle audience au sujet – même si elle s’est dite prête à autoriser les femmes à passer certains examens.
« Le positionnement des grands rabbins, c’est qu’il y a des différences pertinentes entre les hommes et les femmes concernant la possibilité de recevoir l’ordination rabbinique ou des qualifications, des différences qui se retrouvent aussi dans le domaine de l’étude de la Torah », a fait savoir le rabbinat dans un document qui a été soumis à la Cour dans la journée de dimanche.
« En même temps, rien n’empêche les femmes d’étudier certaines matières, notamment les lois relatives à la vie quotidienne », continue le document. « Conformément à ce positionnement, les grands rabbins estiment que rien n’empêche non plus les femmes de passer certains des examens sur ces lois auprès du Grand Rabbinat ».
Le document cite le Shabbat et les lois dites de « pureté familiale » comme des exemples de sujets sur lesquels les femmes pourraient potentiellement être interrogées.
Le rabbinat a, de surcroît, demandé aux magistrats un report de la mise en œuvre du jugement rendu précédemment jusqu’à ce qu’une audience supplémentaire ait lieu et jusqu’à ce qu’une nouvelle décision soit prise.
Le tribunal accorde rarement de telles audiences et au moins deux des requérants qui appelaient à ce que les femmes puissent passer les examens ont exprimé leur opposition à la requête soumise par le rabbinat.
Le Grand rabbinat organise des examens dans les principaux domaines de la halakha (loi juive). Les candidats qui souhaitent être reconnus comme rabbins doivent passer au moins six examens, notamment sur les trois grands thèmes halakhiques : la cacheroute, la pureté familiale et le Shabbat. Le rabbinat délivre également d’autres types de certificats à ceux qui réussissent les examens, ce qui a des implications économiques et sociales importantes.
Par exemple, le certificat « Yoreh Yoreh » (« en capacité d’enseigner »), qui est obtenu après avoir réussi six examens, est, sous certaines conditions, considéré comme équivalent à un diplôme universitaire en termes d’avantages salariaux. Il constitue également une condition préalable dans l’accès à certains emplois publics.
En 2019, trois organisations spécialisées dans la défense des droits religieux et dans la défense des droits des femmes, ainsi que cinq femmes érudites de la Torah, avaient adressé une requête au tribunal où elles demandaient que les femmes soient autorisées à passer les examens et à bénéficier des privilèges associés à leur réussite.
Au fil des ans, plusieurs tentatives visant à organiser des examens équivalents à ceux organisés par le rabbinat sous l’égide d’autres organismes gouvernementaux, notamment sous l’autorité du ministère du Travail et du ministère des Affaires religieuses, avaient échoué.
Au mois de juillet, enfin, le tribunal a statué que les examens du rabbinat devaient être ouverts à tous les candidats.
La plupart des années, le rabbinat organise des examens au printemps, en été et en automne. Les prochains examens sont prévus pour le mois prochain, mais le rabbinat n’a pas encore ouvert les inscriptions.
Dans sa lettre aux juges, le rabbinat a demandé à être autorisé à organiser au moins la prochaine série d’examens selon l’ancien système.
« Cette demande est accompagnée d’arguments honteux concernant le statut des femmes et leur capacité à étudier et à s’engager dans la Torah », a commenté dans un communiqué le rabbin Seth Farber, directeur de l’organisation de défense des droits religieux ITIM, l’un des requérants. « Ces affirmations font honte au Grand rabbinat d’Israël et elles risquent de nous faire reculer de plusieurs années et de compromettre la révolution menée par les femmes dans l’étude de la Torah ».
L’épouse de Farber, Michelle Cohen Farber, qui est spécialiste du Talmud, fait également partie des requérants initiaux. Parmi les autres, Avital Engelberg, directrice de la branche israélienne de la Yeshivat Maharat orthodoxe basée à New York ; Shlomit Flint, enseignante du Talmud sur les campus Midreshet Beer de Yeruham et d’Ashdod ; Rabbanit Sarah Segal-Katz ; le Centre Rackman pour la promotion du statut des femme ; et le Forum des femmes religieuses Kolech.
Farber a fait remarquer que l’affaire avait déjà été jugée par la Haute Cour et qu’il n’y avait aucune raison justifiant de rouvrir le dossier ou de retarder la mise en œuvre de la décision rendue au mois de juillet.
« La demande d’une audience supplémentaire qui est formulée par le Grand rabbinat nous fait revenir en arrière », a déploré Segal-Katz, des propos qui ont été cités par le site d’information Ynet. « Même la tentative de présenter la distinction fondée sur le fait que les femmes sont exemptées de certains commandements [de la Torah] ne justifie pas d’empêcher ces dernières d’étudier ces matières ou d’être évaluées sur leurs connaissances dans ces domaines ».
la Communauté du Times of Israël !







