Le ministère de l’Énergie préconise de délocaliser la raffinerie de pétrole de Bazan, à Haïfa, ciblée par l’Iran
Ces 30 mois de guerre soulignent la nécessité de maintenir la production locale de produits pétroliers plutôt que de dépendre des importations et des chaînes d'approvisionnement mondiales
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Dans un revirement inattendu, le ministère de l’Énergie tente actuellement de faire annuler une décision gouvernementale de 2022 qui prévoyait la fermeture de la raffinerie de pétrole de Bazan, située au nord de Haïfa. Son objectif est désormais de délocaliser le complexe dans le sud d’Israël.
Cette raffinerie s’est avérée constituer une cible privilégiée pour les missiles iraniens. Bazan a en effet été touchée à deux reprises, au cours de chacune des deux récentes opérations militaires menées contre l’Iran. Au cours de la guerre de 12 jours qui a opposé Israël à la république ismalique l’année dernière, toutes les installations de Bazan ont été temporairement fermées suite à une frappe de missile iranien qui a provoqué la mort de trois employés.
Un projet de décision gouvernementale modifiée, consulté par le Times of Israel, insiste sur l’importance de l’indépendance énergétique et la nécessité de préserver la capacité d’Israël à produire ses propres produits pétrochimiques afin de ne pas dépendre des importations, un constat qui ressort clairement de ces 30 mois de guerre.
Un porte-parole du ministère de l’Énergie a confirmé le projet de délocalisation de Bazan vers le pôle industriel et minier de la plaine de Rotem. Faisant remarquer que cette plaine était éloignée des zones résidentielles, il a expliqué que la délocalisation du complexe contribuerait au développement de la métropole de Haïfa, créerait des emplois de qualité dans l’est du Neguev et permettrait de répondre de manière optimale aux besoins du secteur énergétique.
Le document provisoire ne fait aucune mention des coûts. Dans une analyse de quatre options envisagées pour Bazan, réalisée à la demande du gouvernement il y a plusieurs années par le cabinet international de conseil en gestion McKinsey, celui-ci recommandait la fermeture définitive du complexe, arguant que sa délocalisation représenterait un mauvais retour sur investissement.
Le texte prévoit la mise en place d’un système hybride alliant production locale et importations.
Il existe une deuxième raffinerie, plus petite, dans la ville méridionale d’Ashdod. Il n’est pas prévu de la fermer.
Le document stipule qu’Israël doit éviter de dépendre des importations de produits stratégiques, notamment pour éviter tout risque de retard dans la chaîne d’approvisionnement.
Le texte poursuit en soulignant que de nombreuses raffineries produisent désormais des produits moins polluants, notamment du carburant aérien durable, du biodiesel destiné aux transports ou encore des matières premières pour les industries des énergies renouvelables.
Il invite le ministère de l’Économie et l’Autorité des terres d’Israël à allouer des terrains dans la plaine de Rotem sans appel d’offres, et recommande que Bazan soit autorisé à présenter un projet.
Il précise que le ministère de l’Énergie collaborera avec d’autres organismes pour analyser le type d’infrastructures nécessaires pour acheminer le pétrole depuis les ports israéliens vers la nouvelle raffinerie, ainsi que pour stocker et distribuer les produits pétroliers aux utilisateurs finaux.
Le projet préconise également l’élaboration d’un plan d’indemnisation pour Bazan dans un délai de 180 jours.
En 2018, le Conseil économique national, rattaché au cabinet du Premier ministre, a engagé McKinsey pour accompagner les discussions interministérielles sur l’avenir des entreprises du groupe Bazan. Il a été chargé d’examiner les coûts économiques liés à la délocalisation de Bazan, et plus particulièrement d’étudier les coûts et les avantages de quatre options : maintenir Bazan en l’état, sur son site actuel, dans la baie de Haïfa, au nord d’Israël ; procéder à une fermeture partielle ; procéder à une fermeture totale, conformément à différents calendriers proposés ; ou le relocaliser dans une zone non urbaine ailleurs dans le pays.
Le cabinet de conseil a recommandé une fermeture totale, estimant que la délocalisation de Bazan coûterait plus de 18 milliards de shekels rien qu’en coûts directs pour la construction de nouvelles installations et prendrait au moins sept ans, ce qui rendait cette option peu intéressante sur le plan économique.
Sous la pression exercée durant des années par les habitants de la région de Haïfa et par les groupes de défense de l’environnement, exaspérés par la pollution persistante, le gouvernement a décidé de fermer Bazan d’ici 2029 ou 2030, et de recourir à l’importation et au stockage de produits pétroliers à la place.
Les projets visant à transformer la région de la baie de Haïfa en un pôle résidentiel et d’industrie légère respectueux de l’environnement progressent. En début de semaine, le Conseil national de l’urbanisme et de la construction avait approuvé des sites destinés au stockage de gaz de ville importé dans le sud de Neot Hovav et à Ashdod.
Les propriétaires de la raffinerie, cependant, s’y opposent et tentent d’obtenir des autorités chargées de l’aménagement du territoire qu’elles approuvent l’extension du site de Haïfa.
Avihu Hahn, président de l’Association des villes de la région de la baie de Haïfa pour la protection de l’environnement et adjoint au maire de Haïfa, a qualifié cette proposition de « catastrophe » qui maintiendrait Bazan en activité à Haïfa au-delà de la date prévue.
la Communauté du Times of Israël !







