L’envoyé du Conseil de paix à Gaza, Nickolay Mladenov, a dénoncé le refus d’Israël de mettre un terme à ses frappes sur Gaza – des attaques qui, selon lui, violent le plan de désarmement soutenu par cet organisme placé sous le contrôle des États-Unis.
Lors d’une réunion d’information qui a eu lieu au Conseil de sécurité, Mladenov a souligné que les frappes quasi-quotidiennes, qui, selon Israël, visent des membres du Hamas, continuaient de faire des victimes parmi les civils palestiniens.
Alors que le Conseil de paix a mis en place une cellule de coordination avec Israël afin de traiter les menaces potentielles dès leur apparition à Gaza et avant qu’elles ne s’aggravent, Mladenov a admis que Jérusalem n’utilisait pas toujours ce mécanisme.
Mladenov et l’envoyé spécial américain Jared Kushner ont tenté de convaincre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors d’une réunion qui était organisée le 17 août à Jérusalem, de limiter les frappes à Gaza aux menaces imminentes – en vain, le Premier ministre ayant insisté sur le fait que l’armée israélienne continuerait à cibler tous les terroristes impliqués dans l’attaque sanglante qui avait été commise par le Hamas, le 7 octobre 2023.
« Chaque recours à la force qui ne répond pas à une menace immédiate, et chaque incident pour lequel le mécanisme de désescalade n’a pas été sollicité, coûte au processus quelque chose qu’il est très, très difficile de récupérer », a mis en garde Mladenov.
Remettant en question la logique de la politique israélienne consistant à poursuivre les frappes à Gaza, Mladenov a interrogé le Conseil de sécurité : « Une nouvelle frappe contre un dépôt de munitions empêchera-t-elle le Hamas de se réarmer ou de renforcer son emprise sur Gaza ? »
« Non. Cela ne fait que retarder la démilitarisation qui aurait lieu, et cela entrave la transition civile qui devrait s’opérer pour garantir qu’une remilitarisation ne sera plus possible à l’avenir ».
Tout en critiquant Israël, Mladenov a affirmé que le Hamas n’a pas non plus pleinement respecté ses engagements de cesser toutes les activités militaires dans le cadre de son acceptation, le 30 juillet, de la proposition de désarmement du Conseil de la paix.
« Le Hamas s’est engagé à cesser toutes les activités militaires. Cet engagement n’a toujours pas été pleinement respecté », a expliqué Mladenov.
« Chaque arme portée, chaque tunnel encore en cours de construction et chaque convoi encore bloqué fait reculer le processus et donne des arguments à ceux qui souhaitent reprendre la guerre », a-t-il déploré.
« Gaza n’a pas les moyens de subir une nouvelle catastrophe. Si le cessez-le-feu s’effondre et que la bande de Gaza sombre dans une nouvelle escalade totale, il n’y aura plus de feuille de route vers laquelle revenir », a-t-il prévenu.