Le mouvement masorti relance un programme d’année de césure en Israël avec des stages à Tel Aviv
Au lieu d'envoyer les étudiants faire du bénévolat dans des kibboutzim et des petits villages, le programme Nativ les loge aujourd'hui dans le quartier branché de Florentine, à Tel Aviv
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JTA – Le mouvement masorti relance son programme d’année de césure en Israël en 2026, après une interruption totale depuis plus d’un an et demi.
Fort de 40 ans d’existence, le programme Nativ avait été mis en pause en 2024. Il avait échoué à recruter suffisamment d’étudiants pour rester viable.
Aujourd’hui, selon l’organisation qui gère Nativ – United Synagogue Youth, le mouvement des jeunes de la synagogue du judaïsme masorti – la refonte rendrait le programme plus attrayant pour les étudiants, qui doivent faire un choix parmi un nombre foisonnant d’options pour leur année de césure.
Au lieu d’envoyer des étudiants de Jérusalem dans des kibboutzim et de petits villages pour y faire du bénévolat, Nativ proposera désormais aux étudiants de passer la seconde moitié de l’année scolaire à Tel Aviv, où ils seront logés dans le quartier branché de Florentine. Les étudiants pourront gagner des crédits universitaires et effectuer des stages, ce qui était impossible auparavant.
« Les familles des participants nous ont fait savoir que cette partie [dans les kibboutzim et les petits villages] n’était pas aussi importante et sensible qu’il y a quelques années », a souligné Julie Marder, responsable principale de l’USY, dans une interview sur le temps passé dans les petites communautés. « Leurs enfants voulaient en voir davantage. »
Pour mener à bien le nouveau programme, l’USY s’est associée à Aardvark Education, un centre d’échange pour les années de césure qui gère déjà quatre autres secteurs, dont ceux de la technologie, de l’alimentation et du bénévolat. Aardvark dispose d’appartements à Jérusalem et à Tel Aviv et collabore avec l’Université d’État de Portland, permettant à ses participants d’obtenir des crédits universitaires. Selon le site Internet d’Aardvark, Nativ pourra ainsi bénéficier des économies d’échelle d’Aardvark tout en proposant aux participants ses propres séminaires, ses retraites de Shabbat et ses excursions sur le terrain.
Les étudiants devraient également pouvoir étudier à la yeshiva masorti du Centre Fuchsberg de Jérusalem. Cette possibilité ne sera toutefois plus une composante essentielle du programme.
Pour la première année de relance de son programme, Nativ s’attend à un groupe relativement modeste de 15 à 20 étudiants, autant que la dernière année de fonctionnement. Mais Marder – qui a elle-même bénéficié du programme de Nativ après le lycée – espère une augmentation de ce nombre, avec à terme un objectif de 40 étudiants par an.
« Nous savons que nous allons y arriver », a-t-elle précisé. « Nous travaillons également en étroite collaboration avec nos congrégations et nos rabbins, afin d’obtenir leurs recommandations pour le programme. »
Cette relance intervient à un moment difficile pour les programmes d’année de césure destinés aux Juifs américains non orthodoxes. (Les adolescents orthodoxes s’inscrivent habituellement pendant un an dans une yeshiva ou un séminaire israéliens avant de retourner aux États-Unis pour leurs études à l’université.) Le programme pluraliste géré par le mouvement Young Judaea est en plein essor, et de nouveaux programmes égalitaires comme celui du Shalom Hartman Institute attirent des adolescents qui auraient pu choisir Nativ auparavant. Hadar, qui se développe depuis l’origine comme une yeshiva « égalitaire traditionnelle », est en train de lancer son propre programme.
Selon Marder, Nativ est toutefois en mesure de se tailler une place, en occupant une niche importante.
« Le plus souvent, nos adolescents choisissent de participer aux programmes de Young Judea ou Hartman », a-t-elle expliqué. « Nous pensons que notre programme vient en quelque sorte combler l’espace entre les deux, avec beaucoup de plaisir, des stages, des programmes sociaux et d’autres activités du même type, et la possibilité d’étudier – sans que ce soit aussi intense qu’avec Hartman. »
La relance intervient à la suite de différentes modifications de la programmation destinée aux jeunes et aux adolescents dans le mouvement masorti, qui s’étiole depuis des décennies. Confronté à un déficit budgétaire, il y a 10 ans, le mouvement a suspendu son programme KOACH. L’année précédente, le programme avait survécu de justesse grâce à une collecte de fonds d’urgence. Aujourd’hui, le mouvement n’est pas présent sur les campus universitaires. Et en 2024, peu de temps après l’annonce de la suspension du programme Nativ, le mouvement a fait savoir qu’il procédait à une restructuration de l’USY afin d’éliminer les sections régionales, provoquant l’inquiétude d’adhérents quant au maintien d’une passerelle vers des programmes en Israël.
Le nouveau programme coûtera aux étudiants environ 29 000 dollars, avec une offre de bourses, a déclaré Marder. Selon une FAQ en ligne, au cours des dernières semaines, le mouvement a recueilli 80 000 dollars sur un objectif de 125 000 dollars pour un fonds destiné à la création de bourses d’études. Les fonds restants de la campagne d’urgence lancée la dernière année précédant la suspension seront également utilisés pour des bourses.
la Communauté du Times of Israël !







