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Le musée d’Orsay ouvre une salle consacrée aux œuvres spoliées à des Juifs par les nazis

Quelque 100 000 biens culturels ont été déclarés spoliés à des juifs ou achetés en France sous l'Occupation

Hall principal du Musée d'Orsay. (Creative Commons CC-BY-SA-4.0)
Hall principal du Musée d'Orsay. (Creative Commons CC-BY-SA-4.0)

Le musée d’Orsay, à Paris, ouvre un espace d’exposition consacré aux œuvres retrouvées en Allemagne à l’issue de la Deuxième Guerre mondiale, dont une partie a été spoliée à des Juifs, afin de transmettre la mémoire de cette période.

Des tableaux de Renoir, Degas et Boudin, mais aussi de peintres plus méconnus, sont désormais exposés dans une salle, intitulée « A qui appartiennent ces œuvres ? ».

« Derrière cette question simple, se dresse une interrogation parfois douloureuse, qui convoque à la fois la mémoire, l’enquête et l’espoir de justice », a expliqué lundi en présentant la salle, Annick Lemoine, la présidente du musée spécialisé dans le XIXe siècle.

Orsay conserve encore 225 des quelque 2 200 œuvres confiées aux musées français dans le cadre du programme MNR (« Musées Nationaux Récupération »).

Ce sont celles qui n’ont pas été récupérées par leurs propriétaires parmi les quelque 100 000 biens culturels déclarés spoliés à des juifs ou achetés en France sous l’Occupation. Soixante mille d’entre eux ont été retrouvés à l’issue du conflit et rendus, tandis que l’État a vendu une partie des autres au début des années 1950.

« Plus de 80 ans après la fin de la guerre, le repérage des propriétaires est de plus en plus difficile », explique François Blanchetière, conservateur en chef pour la sculpture au musée.

Mais, le processus de traçabilité des œuvres se poursuit, notamment par internet et avec l’intelligence artificielle, une trentaine de dossiers étant en cours d’examen en France.

« C’est un véritable travail d’enquête, parfois très complexe », souligne l’experte Inès Rotermund-Reynard, chargée du dossier à Orsay. Comme en témoignent les recherches pour déterminer la provenance du « Souper au bal », un tableau d’Edgar Degas acheté par un collectionneur juif qui sera déporté à Auschwitz, mais revendu à une date inconnue puis acquis par un musée allemand.

Début avril, la Cour suprême de l’État de New York a ordonné la restitution d’un tableau de Modigliani, spolié pendant la guerre à un antiquaire juif britannique, à son unique héritier, un agriculteur français installé en Dordogne.

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