Le plus grand syndicat d’enseignants US vote contre la rupture de ses liens avec l’ADL
La présidente appelle toutefois l'organisme de veille de l'antisémitisme "à soutenir la liberté d'expression et le droit d'association de tous les élèves et enseignants"
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JTA — Le conseil d’administration de la National Education Association (NEA), le plus grand syndicat d’enseignants des États-Unis, a rejeté une proposition de ses déléguéss visant à rompre les liens avec l’Anti-Defamation League (ADL).
Ce rejet, survenu vendredi soir, fait suite à la proposition, au début du mois, de la part des délégués, d’interdire au syndicat d’utiliser, d’approuver ou de publier tout matériel provenant de l’ADL. Cette proposition avait été condamnée par d’éminentes organisations juives à travers le pays.
Dans une déclaration annonçant le rejet de la proposition par le conseil d’administration vendredi, Rebecca Pringle, présidente de la NEA, a souligné que cette décision ne constituait pas une déclaration de soutien à l’ADL. Elle a également appelé l’organisation juive de défense des droits civiques à « soutenir la liberté d’expression » des étudiants et des enseignants, en référence manifeste aux critiques adressées à l’ADL pour s’être opposée à certaines formes de soutien à la cause palestinienne dans les écoles.
« La NEA s’oppose aux efforts visant à étouffer le débat, à faire taire les voix dissidentes et à intimider. […] Le rejet de cette proposition ne signifie en aucun cas que nous approuvons l’ensemble du travail de l’ADL », a écrit Pringle.
« Nous appelons l’ADL à soutenir la liberté d’expression et le droit d’association de tous les élèves et enseignants. »
La proposition initiale, approuvée par les délégués de la NEA, illustre de manière frappante le désengagement croissant des progressistes à l’égard de l’ADL. Ce désengagement s’est accentué pendant la guerre à Gaza, en raison du militantisme et du soutien indéfectible de l’organisation en faveur d’Israël, qui considère la plupart des critiques à l’égard d’Israël comme de l’antisémitisme.
Ce rejet survient une semaine après que l’ADL a pris l’initiative d’une lettre signée par 400 organisations et congrégations juives à travers le pays, dans laquelle elles appellent la NEA à rejeter la proposition, à condamner et à lutter contre l’antisémitisme au sein de son syndicat.
« La volonté d’exclure la voix de l’ADL des espaces pédagogiques, alors que l’antisémitisme atteint des sommets, y compris dans les classes de la maternelle à la terminale, en dit long sur le climat qui règne au sein de la NEA, sur le manque de compréhension, voire l’hostilité, qui sous-tendent cette mesure », peut-on lire dans la lettre.
À la suite de la lettre de l’ADL, le Jewish Council for Public Affairs (JCPA), qui coordonne la défense des relations avec la communauté juive, a également envoyé une lettre à Pringle exhortant la NEA à rejeter l’interdiction.
« Il n’est pas nécessaire d’être d’accord avec l’ADL sur tous les sujets, mais choisir de couper tout engagement et tout dialogue va à l’encontre de nos objectifs communs de lutte contre l’antisémitisme et, plus largement, contre la haine et les préjugés », a écrit Amy Spitalnick, directrice générale du JCPA.
Dans une autre lettre faisant suite au vote initial de la NEA approuvant l’interdiction de l’ADL, Jeremy Ben-Ami, président de J Street, un lobby libéral pro-Israël, a également condamné cette décision, mais a rejeté les affirmations de l’ADL selon lesquelles cette décision était motivée par l’antisémitisme, écrivant qu’elle « dévalorise la signification de l’antisémitisme et risque d’attiser ses flammes ».
À la suite du rejet de cette proposition par le conseil d’administration de la NEA, les dirigeants de l’ADL, de l’American Jewish Committee (AJC), de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines et des Jewish Federations of North America (JFNA) ont publié une déclaration saluant cette décision. En outre, ils appellent le syndicat à communiquer à ses membres en quoi leur proposition était « préjudiciable aux éducateurs, aux élèves et aux familles préoccupés par la montée de l’antisémitisme et de la haine ».
« Alors que les syndicats d’enseignants ont peu de pouvoir pour dicter les programmes scolaires, les campagnes de boycott visant des organisations juives centristes réputées et des éducateurs normalisent l’isolement, l’altérisation et la marginalisation antisémites des enseignants, des élèves et des familles juifs dans nos écoles », peut-on lire dans la déclaration.
la Communauté du Times of Israël !







