Le premier réfrigérateur communautaire casher, aux US, dédié à un otage du Hamas assassiné
Durant une cérémonie dans la région de Chicago, les parents de Hersh Goldberg-Polin ont expliqué comment ce projet incarnait les valeurs de leur fils disparu, en donnant à manger aux personnes dans le besoin
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SKOKIE, Illinois — Plusieurs centaines de personnes ont assisté mercredi, dans la banlieue de Chicago, à la cérémonie d’inauguration du tout premier réfrigérateur communautaire casher des États-Unis, lancé en hommage à l’ancien otage Hersh Goldberg-Polin, mort en captivité aux mains du groupe terroriste palestinien du Hamas il y a deux ans.
Les parents de Goldberg-Polin, qui sont tous deux originaires de la région de Chicago, ont assisté à la cérémonie, durant laquelle ils ont expliqué en quoi ce projet incarnait les valeurs de leur fils défunt.
« Hersh était un idéaliste qui cherchait à rendre le monde meilleur dans les petits gestes du quotidien. C’était ce qu’il faisait, sans jamais parler de son désir d’améliorer les choses », a déclaré Jon, le père de Hersh.
Le rabbin Hody Nemes, l’un des principaux architectes du projet, s’est souvenu de l’une des premières réunions entre les organisateurs, qui devait avoir lieu le 1er septembre 2024. La veille, Goldberg-Polin et cinq autres otages, après avoir survécu à 328 jours de captivité, avaient été exécutés par leurs ravisseurs du Hamas alors qu’ils entendaient les soldats de l’armée israélienne approcher.
« J’ai réfléchi à l’annulation de la réunion, mais l’équipe a répondu : “Non. Nous devons la maintenir.” Nous nous sommes donc retrouvés, nous avons pleuré, puis nous avons décidé d’étudier l’idée d’un réfrigérateur casher », a raconté Nemes, qui dirige par ailleurs le groupe Solu, dont l’objectif est de tisser des liens entre les juifs orthodoxes et les communautés environnantes.
Une semaine plus tard, tous ont suivi les funérailles de Hersh en direct.
« Nous avons appris comment Hersh avait œuvré pour la justice et la paix de la manière la plus authentique qui soit : en se préoccupant de ceux dont personne ne se souciait. Nous avons appris comment il avait su rassembler les gens autour de lui, que ce soit lors de festivals de musique, de matchs de football, partout où il allait, cherchant toujours à connaître l’autre, avec dignité et respect », a ajouté Nemes.
« Nous avons entendu Jon dire : “Que son souvenir soit source de révolution”, et ces mots nous ont profondément touchés. Nous voulions faire partie de votre révolution », a-t-il souligné.
Un an plus tard, le réfrigérateur de Hersh a été mis en service. Il propose des repas emballés provenant de restaurants et de traiteurs casher, des plats casher faits maison, des produits frais et des produits d’épicerie conditionnés.
Selon les organisateurs, ces réfrigérateurs, qui sont installés sur un parking en face de la synagogue Agudath Jacob de Skokie Valley, sont utilisés quelque 50 fois par jour.
Si, grâce à ses produits exclusivement casher, le réfrigérateur de Hersh est particulièrement utile aux juifs pratiquants dans le besoin, le projet est néanmoins ouvert à tous, sans distinction de religion ou d’origine.
« Vous nous avez vraiment aidés, ma famille et moi, pendant des moments très difficiles. Pour Shabbat, pour les goûters des enfants, pour les dîners hebdomadaires… ça a été extraordinaire », a déclaré un bénéficiaire, dont le témoignage a été lu à haute voix lors de la cérémonie.
« Cela nous a apporté, à ma famille et à moi-même, une certaine sérénité de savoir qu’il y avait une solution à laquelle nous pouvions recourir de manière anonyme, sans craindre de croiser quelqu’un que nous connaissions », a-t-il ajouté.
Un portrait de Hersh, installé sur le complexe où se trouvent les réfrigérateurs, a également été dévoilé pendant l’événement.
La mère de Hersh, Rachel, a lu à haute voix un passage d’une rédaction que son fils avait rédigée au lycée.
« J’ai envie de découvrir le monde, sans téléphones, sans marques, sans riches, sans pauvres. Je veux une communauté paisible et tranquille, et toujours voyager. Je veux prendre mon envol et être moi-même, et alors je serai libre. Je veux voir ce qu’il y a là-bas, là où la route réduit et s’estompe », avait écrit Hersh.
la Communauté du Times of Israël !







