Le projet de sentier du lac de Tibériade, qui barre au public l’accès à certaines zones des rives, suscite un tollé
Les groupes écologistes luttent pour empêcher les responsables de l'aménagement d'autoriser les clôtures, portails verrouillés et chemins de contournement sur certaines parties d'un tronçon de 32 km du sentier
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Les organisations de défense de l’environnement ont lancé une ultime offensive afin d’empêcher les responsables de l’aménagement du territoire d’approuver la construction de plusieurs tronçons d’un sentier de randonnée autour du lac de Tibériade, dans le nord d’Israël. Selon elles, certains éléments du projet actuel porteraient gravement atteinte au droit de libre circulation de la population.
D’après Adam Teva VDin et la Société pour la protection de la nature en Israël, le projet, qui doit être examiné mardi, conserverait les clôtures et les murs existants, pourtant construits illégalement à l’origine, bloquant ainsi le passage des promeneurs et anéantissant des années d’efforts fructueux visant à ouvrir l’accès à ce littoral pittoresque.
Le Conseil national de planification a proposé de ne pas supprimer les clôtures et les portails verrouillés, ainsi que d’instaurer des horaires d’accès restreint et des chemins de contournement sur des tronçons totalisant près de quatre kilomètres sur les 32 kilomètres actuellement à l’étude dans le cadre de la deuxième phase du projet d’aménagement de ce sentier.
Selon Yael Dori, responsable de l’aménagement chez Adam Teva VDin, certains des contournements que les promeneurs seront contraints d’emprunter sont situés à plus de 50 mètres du rivage, le long de routes interurbaines très fréquentées, sans aucune vue sur l’eau.
Les tronçons à l’étude traversent quatre propriétés religieuses et une auberge de pèlerins, quatre complexes hôteliers de kibboutz (à Ein Gev, Maagan, HaOn et Ginosar), des parcs nationaux et des réserves naturelles gérés par l’Autorité israélienne de la nature et des parcs, ainsi que plusieurs plages publiques.
« Plutôt que d’insister [sur l’accès public], les responsables de l’aménagement ont opté pour une solution qui n’en est pas une », a expliqué Yael Dori au Times of Israel.
« Désormais, on parle d’un sentier ‘réglementé’ (autorisé). Certes, plusieurs de ces lieux sont habités depuis des décennies et leurs occupants ne veulent pas voir des étrangers dans leur jardin. Mais certains bâtiments situés près de l’eau ont été construits illégalement, et aujourd’hui, [les propriétaires] protestent. »
Dori a cité en exemple la clôture basse du kibboutz Ein Gev, qui sépare les zones résidentielles du sentier de randonnée. Selon elle, de telles barrières, voire de simples panneaux de signalisation et un peu de végétation, pourraient efficacement dissuader la grande majorité des citoyens respectueux de la loi de se promener sur des propriétés privées. Les mesures de contrôle devraient cibler les contrevenants, a-t-elle fait remarquer. De plus, dans de nombreux cas, ce sont des terrains publics qui ont été clôturés.
La décision d’interdire l’accès aux terrains appartenant à l’Église est de nature politique, a-t-elle ajouté, insistant sur le fait que ces institutions ont elles-mêmes érigé illégalement des clôtures et des bâtiments.
Pour répondre aux besoins des clubs sportifs, elle a proposé d’utiliser deux clôtures parallèles au lac, munies de portails de chaque côté, de manière à permettre l’accès aux bateaux tout en laissant le sentier ouvert.
La Société pour la protection de la nature en Israël a quant à elle déclaré : « Ce projet, qui a vu le jour à l’initiative du ministère de la Protection de l’environnement, de l’Autorité de la nature et des parcs et de la Société pour la protection de la nature, est en passe, dans sa version actuelle, de légitimer les blocages existants au lieu de les supprimer. »
Dans une déclaration de principe, le coordinateur des politiques d’aménagement de l’organisation, Assaf Zanzuri, a affirmé que refuser au public l’accès au lac de Tibériade était tout aussi inacceptable que d’ériger des clôtures pour empêcher le public d’accéder aux plages de la Méditerranée.
La Société pour la protection de la nature en Israël a exhorté le Conseil national de l’aménagement du territoire à suspendre les discussions et à renvoyer les plans à une commission spéciale composée d’experts, afin de veiller à ce que le droit d’accès du public soit préservé.
Adam Teva VDin a pour sa part brandi la menace d’une action en justice.
Dori a par ailleurs indiqué que le Conseil national de planification n’avait encore retenu aucune de ses suggestions. Elle a affirmé qu’une décision récente de la commission pour la protection des environnements côtiers avait encore « aggravé la situation ». Ainsi, a-t-elle précisé, le kibboutz Ginosar s’est vu accorder un contournement alors que le passage à travers le kibboutz est actuellement ouvert.
Elle a en outre lancé une mise en garde contre le fait que les précédents qui sont en train d’être créés risquent fort d’être invoqués lors de futures discussions concernant le dernier tronçon de neuf kilomètres qui traverse la ville de Tibériade.
Dans un communiqué, l’Autorité israélienne de la nature et des parcs a fait savoir qu’elle soutenait l’ouverture au public des plages du lac de Tibériade, sous réserve de « solutions créatives et d’un juste équilibre » à certains endroits spécifiques et dans des cas particuliers où cela pourrait s’avérer difficile.
Au vu de la récente décision prise mercredi par la commission pour la protection des environnements côtiers d’ajouter une voie de contournement et des tronçons de sentiers réglementés susceptibles d’être supprimés ultérieurement, l’autorité a toutefois estimé que le projet « n’avait pas encore atteint un juste équilibre ».
Ces points de désaccord font écho à un rapport accablant du contrôleur de l’État datant de 2005, dans lequel il était souligné que, si la plupart des rives du lac de Tibériade étaient des terrains publics destinés à l’usage de la collectivité, une centaine de clôtures avaient néanmoins été érigées perpendiculairement à la ligne de flottaison, et que presque toutes les plages avaient été illégalement clôturées.
Le sentier de la boucle du lac de Tibériade a fait l’objet d’un accord de principe en 2007. Depuis lors, l’accès du public à 32 kilomètres de tronçons non contestés a été approuvé. Parmi ceux-ci, environ sept kilomètres ont été aménagés.
Tout ce que la commission approuvera sera ensuite soumis à la consultation publique.
la Communauté du Times of Israël !







