Le terroriste de Manchester préparait une attaque contre des Israéliens au Royaume-Uni
L'auteur de l'attentat discutait régulièrement du "djihad violent" avec un ami de sa mosquée, condamné pour des repérages visant l'Académie de défense britannique
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Le terroriste responsable de l’attentat meurtrier à la voiture-bélier et au couteau perpétré l’an dernier contre une synagogue de Manchester préparait également une attaque contre une académie militaire britannique, où il croyait que des officiers israéliens suivaient une formation, selon des médias britanniques citant des sources du parquet.
On ignore si des officiers israéliens y suivaient effectivement une formation lorsque cette attaque a été planifiée.
Le 2 octobre, Jihad al-Shamie, citoyen à la double nationalité britannique et syrienne, a percuté de plein fouet les grilles de la synagogue Heaton Park Hebrew Congregation alors que les fidèles s’y rassemblaient pour les offices du matin de Yom Kippour. Après être sorti de son véhicule, il a poignardé à mort Melvin Cravitz, 66 ans, avant de tenter de prendre d’assaut la synagogue. Il a ensuite été abattu par la police.
Adrian Daulby, 53 ans, est mort après avoir été touché d’une balle à la poitrine tirée par un policier intervenu sur les lieux.
Mohammad Bashir, un livreur de 31 ans et ami de Shamie, a plaidé coupable mercredi devant la Cour d’assises de Manchester d’avoir mené avec lui une « reconnaissance hostile » de l’Académie de défense britannique, deux mois avant l’attentat.
Il comparaissait mercredi pour le prononcé de sa peine dans cette affaire, selon la BBC. Arrêté en novembre en raison de ses liens avec Shamie, il avait rencontré ce dernier dans leur mosquée.
Le ministère public ne lui reproche en revanche aucune implication dans l’attentat contre la synagogue. Il affirme toutefois qu’il a participé à la préparation d’une attaque similaire contre l’Académie de défense, basée dans l’Oxfordshire.
« L’attaque qui était en préparation [contre l’Académie de défense britannique] était du même type que celle que Jihad Al-Shamie a effectivement perpétrée le 2 octobre contre la synagogue de Heaton Park, à Manchester », a déclaré Jonathan Polnay, représentant du ministère public, selon la BBC.
Le procureur a précisé que les deux hommes avaient planifié « une attaque armée qui aurait fait de nombreuses victimes et aurait eu un retentissement national et international ».
Selon Polnay, Shamie et Bashir avaient tous deux « embrassé l’idéologie du djihad violent et en discutaient régulièrement ».
Le tribunal a appris que, le 14 août, Bashir avait conduit la voiture de Shamie jusqu’à Shrivenham, dans l’Oxfordshire, où est basée l’Académie de défense britannique, avant de reprendre la route, soit un aller-retour d’une dizaine d’heures.
Selon le ministère public, les deux hommes sont restés aux abords de l’établissement pendant une quinzaine de minutes. C’est à ce moment-là que Shamie a rédigé, dans l’application « Notes » de son iPhone, une note intitulée « espionnage », dans laquelle il décrivait le hall d’accueil de la base, selon le Manchester Evening News.
La note indiquait : « En entrant, il y a un comptoir qui s’étend d’un côté à l’autre, derrière lequel se trouvent deux femmes âgées. Derrière elles se trouve un couloir. De chaque côté, deux salles sont ouvertes. Des femmes entrent et sortent à l’arrière du bâtiment ; une porte mène à une zone de fouille. »
Quelques jours avant ces repérages, les caméras de surveillance de la mosquée avaient enregistré une conversation entre les deux hommes, assis dans une salle de prière vide, alors qu’ils consultaient un article consacré à des officiers de Tsahal suivant une formation au Royal College of Defence Studies, situé dans le centre de Londres, une composante de l’Académie de défense britannique. Shamie avait trouvé cet article après avoir effectué une recherche sur « soldats de Tsahal au Royaume-Uni », selon les médias britanniques.
En septembre, le Royal College of Defence Studies, basé à Londres, a interdit aux Israéliens de s’inscrire à son programme de l’année suivante en raison de la guerre à Gaza.
Après cette visite, Bashir a vendu son téléphone à un magasin de téléphonie mobile, où l’appareil a été réinitialisé aux paramètres d’usine, selon le Manchester Evening News. Il a ensuite effacé le contenu de son nouveau téléphone avant son arrestation.
Polnay a également indiqué que, même en l’absence de Bashir, Shamie avait continué à effectuer des recherches sur Internet concernant des arbalètes et d’autres armes, s’intéressant plus particulièrement aux attaques visant des soldats de Tsahal. Le 29 août, il a ensuite porté son attention sur la synagogue de Heaton Park.
« Par la suite, il a effectué plusieurs recherches concernant ce lieu et les personnes qui y étaient associées. Le 11 septembre, il recherchait des couperets de boucher et des sacs de voyage pour les transporter », a déclaré Polnay devant le tribunal, selon le Manchester Evening News.
Bashir, qui possède la double nationalité britannique et pakistanaise, a quitté le Royaume-Uni deux jours après l’attentat pour se rendre au Pakistan, avec des billets qu’il avait réservés dès le 19 août. Il a été arrêté à son retour.
La police avait accès au téléphone de ce ressortissant anglo-syrien avant qu’il ne commette, l’année dernière, un attentat meurtrier à la voiture bélier et à l’arme blanche contre une synagogue de Manchester. Mais les agents n’ont pas analysé le contenu de l’appareil à la recherche de signes de radicalisation – pourtant présents, comme ils l’ont appris par la suite.
Ces aveux ont été formulés par le chef de la police du Grand Manchester, Sir Stephen Watson, dans un communiqué d’excuses.
« Lors d’un examen interne, il s’est avéré que la police du Grand Manchester (GMP) avait saisi les appareils mobiles d’Al-Shamie à chacune de ses arrestations. Le contenu de ces appareils présentait une importance considérable puisqu’il attestait des opinions extrémistes de l’individu », a déclaré Watson.
« Je regrette d’ajouter à la détresse de toutes les personnes qui ont été touchées par les événements tragiques d’octobre dernier. Pour cela, je suis profondément désolé », a-t-il ajouté.
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