Le Whisky Live 2025 d’Israël met le malt local à l’honneur en hommage au kibboutz Beeri
Passionnés et distillateurs se réunissent ce mois-ci pour déguster des bouteilles rares, assister à des master classes et des ateliers à Tel Aviv
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Lorsque les amateurs de whisky d’Israël se réuniront les 10 et 11 septembre prochains, à l’Expo Tel Aviv, pour le 11e Whisky Live, ils auront l’opportunité de déguster des spiritueux et seront les premiers à goûter le whisky à base de blé cultivé au kibboutz Beeri, l’une des communautés les plus durement touchées le 7 octobre 2023.
Ce whisky s’appelle Single Beeri, un single malt que l’on doit à Haim Jelin, un habitant de Beeri et ancien membre de la Knesset, distillé au Milk & Honey de Tel Aviv: une partie des recettes ira à la remise en état des communautés du Neguev occidental.
« Depuis le 7 octobre, tout le monde cherche le moyen d’aider », explique Tomer Goren, distillateur en chef chez M&H. « C’est l’un de ces moyens. »
Goren, qui possède et gère le Whisky Live, prend ses spiritueux très au sérieux, comme tous ses collègues amateurs de whisky.
L’an dernier, près de 9 000 personnes ont assisté au Whisky Live, poursuit Goren, qui s’attend au bas mot à la même affluence cette année.
« Chaque année, il y a plus de monde », ajoute Goren.
Cela fait 25 ans que Goren distille du whisky, depuis qu’il a découvert cet alcool ambré en travaillant comme barman dans le pub de son kibboutz et en faisant fermenter ses propres créations chez lui.
Il est aujourd’hui distillateur en chef chez M&H, principal fabricant de whisky d’Israël depuis 12 ans : toute sa carrière s’est construite autour des spiritueux israéliens.
Cette année, lors du Whisky Live, il y aura des dégustations de bouteilles rares, des master classes avec un expert australien de tout premier plan et un atelier animé par un éminent spécialiste du whisky anglais.
Huit des neuf distilleries israéliennes disposeront d’un stand au Whisky Live et, deux jours durant, on pourra prendre part à des dégustations de whisky avec Gil Firth, le pompier à l’origine de la communauté de whisky en ligne israélienne Whisky Lovers.
Firth, qui a 37 ans, est l’un des plus grands fans de whisky d’Israël ; il a découvert le spiritueux après son service militaire.
Il dirige le club en ligne des buveurs de whisky, fort de près de 27 000 membres, soit l’un des plus grands groupes de whisky en ligne et l’un des 10 premiers groupes de whisky au monde non anglophone, explique Firth.
Il connaît bien le monde des buveurs de whisky israéliens et souligne notant que les Israéliens aiment les saveurs audacieuses et la qualité, et ne rechignent pas à dépenser pour leurs spiritueux.
Firth a vécu loin de sa collection particulière de whisky ces deux dernières années, sa famille et lui faisant partie des dizaines de milliers de familles évacuées du nord et du sud d’Israël. Ils ont dû quitter leur maison du kibboutz Eilon, près de la frontière libanaise, sur lequel le Hezbollah a commencé à tirer des missiles dans les mois qui ont suivi le 7 octobre.
Firth et les siens se sont installés avec ses parents à Mesilot, dans le nord, non loin de Beit Shean. Il se trouve que sa mère se trouvait au kibboutz Beeri, le 7 octobre, pour voir sa soeur, qui y vit. Toutes deux ont survécu aux massacres du Hamas.
Depuis le début de la guerre, Firth fait la navette entre Mesilot et son travail de chef d’équipe à la caserne de pompiers de Carmel Galilée Centrale.
Près de deux ans plus tard, les Firth sont rentrés chez eux avec leurs trois enfants en bas âge, dont le plus jeune est né il y a six mois. Gil a retrouvé ses whiskies.
« Ce qui me différencie des autres amateurs de whisky, c’est que j’adore essayer, tout et n’importe quoi », confie-t-il. « J’adore les whiskies de l’ancien monde et les whiskies du nouveau monde ; pour moi, tout cela fait partie du whisky. »
Goren et Firth ont remarqué une certaine tendance patriotique, au sein du monde des buveurs de whisky israéliens, dans le sillage de l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre et de la guerre qui s’en est suivie, marquée par un profond désir de boire du scotch distillé localement, chaque fois que c’est possible.
Il y a eu de multiples collectes et dons, les amateurs de whisky achetant des bouteilles pour les offrir aux soldats blessés ou aux Israéliens évacués au début de la guerre.
Dans les semaines qui ont suivi le 7 octobre, Firth a contacté les distilleries israéliennes pour lancer un projet de mélange de whisky appelé Supernova, conçu à partir des spiritueux ambrés des neuf distilleries israéliennes.
Le whisky porte le nom de la rave dans le désert au cours de laquelle des centaines de personnes ont été tuées et prises en otage le 7 octobre.
Tous les bénéfices de la vente des 360 bouteilles, d’un montant de plus de 50 000 shekels, ont été reversés à des ONG venant en aide aux survivants de Nova ainsi qu’aux enfants évacués de la région de l’enveloppe de Gaza.
Aujourd’hui-même, deux lots de Single Beeri fabriqués à base d’orge cultivée à Beeri ont été envoyés en Allemagne pour le maltage – processus au terme duquel l’amidon est transformé en sucres fermentescibles – grâce à d’énormes fûts encore introuvables en Israël. (La plupart des distillateurs israéliens importent leur moût fermenté, certains faisant vieillir leur whisky dans des fûts de vin israéliens pour conférer une touche unique à leurs spiritueux expérimentaux du nouveau monde.)
Chaque lot de Single Beeri comprend 710 bouteilles et Goren explique qu’il en sera produit autant de lots que nécessaire.
« C’est étrange mais le traumatisme du 7 octobre a réellement donné ses lettres de noblesse au whisky israélien », conclut Firth. « Les distilleries s’agrandissent et les consommateurs s’intéressent de plus en plus aux whiskies locaux. »
Le Whisky Live aura lieu les 10 et 11 septembre prochains, de 14 h à 23 h, à l’Expo Tel Aviv.
la Communauté du Times of Israël !







