Rechercher

L’Église d’Angleterre doit s’opposer à l’antisémitisme, dit la première femme à sa tête

Après l'attentat terroriste meurtrier de Manchester, Sarah Mullally a affirmé que "la haine ne doit pas nous diviser", s'engageant à rendre l'Église plus sûre après le scandale des abus sexuels sur mineurs

Sarah Mullally, la nouvelle archevêque de Canterbery,  s'exprime à l'intérieur de la cathédrale de Canterbery, en Angleterre, le 3 octobre 2025. (Crédit : AP Photo/Alberto Pezzali)
Sarah Mullally, la nouvelle archevêque de Canterbery, s'exprime à l'intérieur de la cathédrale de Canterbery, en Angleterre, le 3 octobre 2025. (Crédit : AP Photo/Alberto Pezzali)

Dans son tout premier discours depuis sa nomination, vendredi, à la tête de l’église anglicane d’Angleterre, la nouvelle archevêque de Canterbery a déclaré que l’église avait la responsabilité de se tenir aux côtés des Juifs dans la lutte contre l’antisémitisme, des propos tenus après une attaque terroriste meurtrière qui a été commise contre une synagogue de Manchester à Yom Kippour.

« Je sais que le Dieu qui est avec nous se rapproche de ceux qui souffrent », a dit Sarah Mullally, la première femme à occuper cette fonction ancienne de 1 400 ans.

« En tant qu’église, nous avons donc la responsabilité de nous tenir aux côtés de la communauté juive dans la lutte contre l’antisémitisme sous toutes ses formes. La haine et le racisme, sous quelque forme que ce soit, ne doivent pas nous diviser », a ajouté Mullally.

« Aujourd’hui et dans tout notre pays, nous devons faire face à des questions morales et politiques complexes – à la question profondément ancrée qui est de savoir qui nous sommes en tant que nation dans un monde qui est si souvent au bord du gouffre », a-t-elle ajouté.

« Conscients de la violence horrible de l’attentat qui a été commis hier contre une synagogue à Manchester, nous sommes témoins de la haine qui monte à travers les fractures au sein de nos communautés », a-t-elle déclaré.

Deux personnes ont été tuées et quatre autres personnes ont été gravement blessées lorsqu’un terroriste a perpétré une attaque terroriste à l’arme blanche et à la voiture-bélier devant la synagogue de la Heaton Park Hebrew Congregation, dans la journée de jeudi – alors que les fidèles célébraient Yom Kippour, le jour le plus saint du calendrier juif.

La police garde les lieux d’une attaque terroriste perpétrée la veille à la synagogue Heaton Park Hebrew Congregation, à Crumpsall, Manchester, en Angleterre, le vendredi 3 octobre 2025. (Crédit : AP Photo/Ian Hodgson)

L’attaquant, un citoyen britannique de 35 ans d’origine syrienne qui s’appelait Jihad al-Shamie, a été abattu par la police. Cette dernière a fait savoir, vendredi, qu’elle pensait qu’une des victimes juives avait également été tuée par les forces de l’ordre alors qu’elle aidait à barricader la porte de la synagogue pendant l’attentat.

Le nombre d’attaques antisémites, au Royaume-Uni et ailleurs, a explosé depuis que la guerre à Gaza a été déclenchée par le pogrom qui avait été perpétré par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.

Dans le discours qu’elle a prononcé vendredi, Mullally s’est également engagée à améliorer la sécurité au sein de l’église anglicane d’Angleterre après la démission de son prédécesseur, Justin Welby, suite à un scandale lié à des abus sur mineurs qu’il aurait tus.

Mullally a reconnu « l’immense responsabilité » de sa nouvelle mission et elle s’est engagée à « affronter la dynamique du pouvoir » qui avait permis à l’église de dissimuler les abus commis sur des dizaines de petits garçons et de jeunes hommes, il y a plusieurs décennies.

Elle a averti que cela « ne sera pas facile » en raison « d’un passé qui a été marqué par des défaillances en matière de protection » et qui a laissé « un legs dorénavant formé de profonds préjudices et de méfiance » au sein de l’église anglicane d’Angleterre.

« Nous devons tous être prêts à ce que nos actions soient mises en lumière, quel que soit notre rôle au sein de l’église », a-t-elle affirmé après sa nomination, lors d’une apparition à la cathédrale de Canterbury, dans le sud-est de l’Angleterre.

« En tant qu’archevêque, je m’engage à veiller à ce que nous continuions à écouter les survivants, à prendre soin des personnes vulnérables et à promouvoir une culture de sécurité et de bien-être pour tous », a-t-elle dit.

Auparavant favorable au mariage homosexuel, opposée à l’aide à mourir

Ancienne sage-femme âgée de 63 ans, Mullally est devenue vendredi la 106e dirigeante de l’église d’Angleterre, vieille de plusieurs siècles – c’est l’église mère de la communauté anglicane, qui est forte de 85 millions de fidèles dans le monde.

Sa nomination a été approuvée par le roi Charles III à l’issue d’un long processus de sélection mené par un ancien chef des services de sécurité intérieure du MI5. Cette désignation a suscité des critiques de la part des anglicans conservateurs – qui se trouvent principalement en Afrique – qui s’opposent aux femmes évêques.

Évêque de Londres depuis 2018, Mullally aurait indiqué être féministe. Elle aurait estimé que la décision d’enfin autoriser les prêtres à bénir les couples de même sexe en 2023 était « un moment d’espoir pour l’église », tout en reconnaissant qu’il y avait encore des différences.

Mullaly, l’une des 26 archevêques et évêques qui siègent à la Chambre haute du Parlement, la Chambre des Lords, dont les membres ne sont pas élus, s’est également opposée avec véhémence aux projets de légalisation de l’aide à mourir en Angleterre et au Pays de Galles.

Au mois de juin dernier, elle a qualifié le projet de loi proposé « d’irréalisable et dangereux », ajoutant que « le risque d’abus et de décisions prises sans informations préalables ou sous la contrainte est énorme ».

Lors d’un entretien avec un journaliste de Reuters qui portait sur les relations homosexuelles, vendredi, Mullally a indiqué que « l’église anglicane d’Angleterre et la Communion anglicane ont une longue histoire de lutte contre… des questions difficiles. »

Sarah Mullally, la nouvelle archevêque de Canterbury, s’exprime à l’intérieur de la cathédrale de Canterbury, en Angleterre, le 3 octobre 2025. (Crédit : AP Photo/Alberto Pezzali)

« C’est vraiment dur pour nous parce que nous sommes au cœur du problème, et je comprends l’anxiété… entraînée par les débats sur ces questions difficiles », a-t-elle dit. « Tout cela ne pourra peut-être pas être résolu rapidement ».

Le GAFCON, un regroupement d’églises anglicanes conservatrices à l’échelle mondiale, a immédiatement critiqué la nomination de Mullally, affirmant qu’elle montrait que la branche anglaise de l’église avait « renoncé à son autorité pour diriger ».

Infirmière en chef du NHS avant d’être ordonnée

L’église d’Angleterre était devenue l’église officielle du pays après la séparation du roi Henri VIII de l’église catholique romaine, vers l’an 1530.

C’est le souverain britannique qui en est le chef suprême, tandis que l’archevêque de Canterbery est considéré comme le chef spirituel des anglicans du monde entier.

Mullally, qui est mariée et mère de deux enfants, prendra officiellement ses fonctions après une cérémonie qui devrait avoir lieu au mois de janvier.

Sarah Mullally, alors évêque de Londres, participe à un service de prière suite au décès de la reine Elizabeth II, à la cathédrale Saint-Paul de Londres, le 9 septembre 2022. (Crédit : Paul Childs/Pool via AP)

Elle a travaillé pendant plus de trois décennies au sein du National Health Service britannique avant d’être nommée infirmière en chef pour l’Angleterre en 1999.

Ordonnée prêtre en 2002, elle est devenue la première femme évêque de Londres en 2018, quatre ans seulement après que l’église a commencé à autoriser les femmes à devenir évêques, après des années de querelles acharnées entre les différentes factions.

Certaines Églises anglicanes autorisent depuis longtemps les femmes à devenir évêques. La première avait été nommée aux États-Unis en 1989.

Plus de 40 des 108 évêques d’Angleterre sont aujourd’hui des femmes, avec une proportion similaire parmi les prêtres, après qu’elles ont été autorisées à intégrer le clergé au début des années 1990.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.