Les BRICS « condamnent les attaques militaires » israélo-américaines contre l’Iran
Rare victoire diplomatique pour Téhéran : 11 pays déclare que les frappes contre les programmes nucléaires et balistiques "constituent une violation du droit international"
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La situation au Moyen-Orient a dominé les discussions au sommet des BRICS, provoquant des tensions avec l’Iran, membre du groupe depuis 2023, qui sort très affaibli d’une guerre de douze jours avec Israël et les États-Unis.
Les dirigeants du groupe menés par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, réunis pour deux jours, ont « condamné les attaques militaires » contre l’Iran en juin, dénonçant une « violation du droit international ».
Ils n’ont toutefois pas cité les États-Unis et Israël, dont l’objectif était d’empêcher la République islamique de se doter de l’arme nucléaire, une ambition démentie par Téhéran.
« Nous condamnons les attaques militaires contre la République islamique d’Iran depuis le 13 juin 2025, qui constituent une violation du droit international et de la Charte des Nations unies », ont déclaré les BRICS. Le texte ne cite pas nommément Israël ni les États-Unis, qui ont mené des frappes aériennes principalement sur des sites nucléaires iraniens.
« Nous exprimons également notre profonde préoccupation face aux attaques délibérées contre des infrastructures civiles et des installations nucléaires pacifiques », a ajouté le bloc.
Cette déclaration constitue une rare victoire diplomatique pour Téhéran, qui n’avait reçu qu’un soutien régional et mondial limité après la campagne de bombardements menée par l’armée israélienne, qui avait culminé avec les frappes américaines sur les installations nucléaires iraniennes de Natanz, Fordo et Ispahan.
Lancée le 13 juin, l’Opération « Rising Lion » en Iran avait pour objectif d’éliminer la « menace imminente et existentielle » que représentent le programme nucléaire iranien et ses capacités en matière de missiles balistiques.
Israël affirme que son opération de grande envergure contre les principaux dirigeants du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, les scientifiques nucléaires, les sites d’enrichissement d’uranium et le programme de missiles balistiques était nécessaire pour empêcher la République islamique, qui a juré de détruire l’État juif, de se rapprocher de la fabrication d’armes atomiques.
L’Iran a riposté aux attaques israéliennes en lançant plus de 550 missiles balistiques et environ un millier de drones en direction d’Israël. Selon les autorités de la Santé, les attaques iraniennes ont fait 28 morts et des milliers de blessés en Israël. Les missiles ont touché des immeubles d’habitation, une université et un hôpital, causant d’importants dégâts. L’Iran a également tiré sur une base américaine au Qatar après les frappes américaines.
Les combats ont cessé le 24 juin, avec l’adoption d’un cessez-le-feu négocié par les États-Unis.
Le bloc des BRICS comprend l’Iran, ennemi juré d’Israël, ainsi que des pays comme la Russie et la Chine, qui entretiennent des relations avec Téhéran.
Les diplomates des pays du BRICS étaient en désaccord sur la fermeté avec laquelle ils devaient condamner les bombardements israéliens en Iran et les actions d’Israël contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, mais ils ont finalement durci leur ton à la demande de Téhéran.
Les BRICS ont réclamé dimanche un « cessez-le-feu immédiat » et le « retrait complet » d’Israël de la bande de Gaza.
« Nous appelons les parties à s’engager de bonne foi dans de nouvelles négociations pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat, permanent et inconditionnel », indique le texte, qui demande également le « retrait complet des forces israéliennes de Gaza », où elles sont en guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Dans un communiqué, les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont salué la position des BRICS et les ont appelés à « faire pression » sur Israël pour mettre fin au « siège criminel imposé à 2,5 millions de personnes » dans l’enclave en proie à la guerre.
Des négociations indirectes entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas ont commencé dimanche soir à Doha, afin de tenter de trouver un accord sur une trêve et la libération d’otages israéliens retenus à Gaza.
Ennemi juré d’Israël dont elle nie l’existence, la République islamique a cependant, selon une source diplomatique iranienne, « exprimé des réserves » sur le soutien des BRICS à une « solution à deux États » israélien et palestinien côte à côte.
De son côté, le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a appelé à ne pas rester indifférent face au « génocide perpétré par Israël à Gaza ».
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