Les descendants de Suzanne et Adolphe Busson reçoivent la médaille des Justes
Ce 7 mai 2026, une cérémonie empreinte d’une profonde émotion s'est tenue au Mans afin d’honorer la mémoire de Suzanne et Adolphe Busson
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En présence des descendants de Suzanne et Adolphe Busson, du Comité Français pour Yad Vashem et de représentants officiels de l’ambassade d’Israël ainsi que d’officiels français, le titre de « Justes parmi les Nations » leur a été officiellement reconnu, soixante-treize ans après la disparition de Suzanne et plus de quatre-vingts ans après l’assassinat d’Adolphe au camp de Mauthausen.
En point d’orgue de cette cérémonie : la participation des élèves de CM2 de l’école Suzanne Busson du Mans qui ont rendu hommage à celle qui donne son nom à leur établissement, en égrenant sa vie en messages et en chansons.
Justes parmi les nations
L’histoire qui justifie cette distinction, la plus haute distinction civile de l’État d’Israël, prend racine au Mans en 1942. Adolphe Busson occupait alors le poste de chef de division à la préfecture de la Sarthe, au service des étrangers. C’est dans l’exercice de ses fonctions qu’il fit la connaissance de David Raszewski, un Juif d’origine polonaise venu retirer des étoiles jaunes.
Des liens de confiance se nouèrent entre les deux hommes. David confia à Adolphe son intention de fuir en zone sud et lui demanda de prévenir son épouse, Annetta, en cas de danger d’arrestation. Le 14 juillet 1942, alors qu’une rafle était imminente, Suzanne Busson, institutrice et engagée chez les Éclaireurs de France, se rendit personnellement chez les Raszewski pour alerter Annetta. Grâce à cet avertissement héroïque, Annetta Raszewski et sa fille Laure purent s’échapper in extremis. Elles purent quitter leur domicile une heure seulement après le passage de Suzanne et se réfugièrent d’abord chez Yvonne Castille, la professeure de piano de Laure, avant de parvenir à gagner la zone libre non sans plusieurs péripéties.
L’action du couple Busson ne s’arrêta pas là. Tous deux s’engagèrent activement dans la Résistance. Adolphe intégra le réseau belge « Delbo », transmettant des informations militaires codées aux Alliés et prenant en charge des aviateurs abattus.
Leur courage leur coûta la liberté et pour Adolphe la vie.
Adolphe fut arrêté le 6 octobre 1943, torturé à Angers, puis déporté à Mauthausen où il mourut assassiné le 18 mars 1945. Suzanne fut arrêtée à son tour le 6 janvier 1944. Déportée à Ravensbrück, où elle partagea la chambrée de Geneviève de Gaulle, elle fut transférée à Mauthausen à la fin de la guerre. Libérée en avril 1945 par la Croix-Rouge, elle rentra au Mans mais resta marquée par ses souffrances.
Dès son retour, elle entreprit un travail de mémoire essentiel. En 1946, elle publia un récit poignant intitulé « Dans les griffes nazies ». Écrit à partir de notes prises clandestinement au camp de Ravensbrück, ce livre décrit la dégradation des conditions de vie concentrationnaire et la barbarie du système nazi.
« Quiconque sauve une vie… »
Suzanne, décédée en 1953, avait dédié son ouvrage à la famille Raszewski, celle-là même qu’elle et son mari avaient sauvée au péril de leur vie. Ce témoignage historique, réédité en 2014, demeure une preuve de leur humanité et justifie pleinement la reconnaissance accordée aujourd’hui à leurs descendants.
Comme le rappelle la médaille remise ce jour, sur laquelle est gravée une phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier ».
Il est à noter que la Sarthe fut un département particulièrement courageux puisqu’au dernier recensement de 2025 ils étaient 94 Sarthoises et Sarthois à avoir été reconnus Justes parmi les nations par Yad Vashem.
Au 1er janvier 2023, la France comptait 4 303 Justes parmi les Nations reconnus par l’Institut Yad Vashem
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