Les États-Unis envisagent un retrait massif de leurs troupes du Golfe – média américain
Selon le Washington Post, cette guerre offre une “occasion unique” de réexaminer la présence américaine dans la région ; le Pentagone et le CENTCOM envisageraient en effet de ne pas reconstruire certaines bases endommagées
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Le ministère américain de la Défense envisagerait de retirer ses troupes du golfe Persique suite aux dégâts subis par sa présence dans la région dans le cadre de la guerre contre la République islamique d’Iran, a rapporté mardi le Washington Post, citant huit sources.
Cette guerre a offert aux États-Unis une « occasion unique » de se demander s’il fallait maintenir leurs bases dans le Golfe, a indiqué l’article, qui a ajouté que le Pentagone envisageait même de ne pas reconstruire ses bases endommagées telles qu’elles étaient avant le début des combats, fin février.
Si cette décision est présentée comme l’occasion de réexaminer la politique américaine, un tel revirement serait très probablement perçu comme une victoire majeure par l’Iran, qui s’irrite depuis longtemps de la forte présence américaine dans la région et qui réclame le retrait des États-Unis. Cela pourrait également exposer les pays du Golfe, qui abritent des bases américaines depuis longtemps, à de nouvelles attaques de la part de l’Iran.
Une option, selon l’article, serait pour les États-Unis de déplacer leurs troupes et leurs bases plus à l’ouest dans la région, loin de l’Iran, vers une zone comprenant la Jordanie et Israël. Des avions de chasse américains sont stationnés en Israël depuis le début de la guerre et la Jordanie abrite plusieurs bases américaines.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, n’a pas ordonné d’examen officiel de la question, mais celle-ci est actuellement étudiée par le bureau des politiques du Pentagone et par le Commandement central des États-Unis (CENTCOM), selon le Washington Post.
« Des décisions vont devoir être prises sur certains de ces points », a déclaré un haut responsable du Pentagone au journal américain.
Selon le Washington Post, environ 40 000 soldats américains sont normalement stationnés dans une vingtaine de bases disséminées à travers le Moyen-Orient. Depuis que les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre fin février, bon nombre de ces bases, ainsi que d’autres sites militaires américains, ont été la cible de tirs intensifs de missiles et de drones iraniens, des tirs qui ont entraîné la mort de 18 militaires américains et qui ont fait des centaines de blessés.
Les plus grandes bases américaines se trouvent dans le Golfe, notamment le quartier général de la 5ᵉ flotte de la marine américaine à Bahreïn, et les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence dans la région pendant la guerre contre l’Iran.
Les États-Unis ont notamment renforcé leurs forces navales dans la zone de responsabilité du CENTCOM, avec des dizaines de navires de guerre et de porte-avions stationnés dans la région, transportant des milliers de marins – un grand nombre de ces derniers ont été déployés pendant des centaines de jours de plus que cela avait été initialement prévu.
« La guerre a vraiment mis en évidence la vulnérabilité des forces américaines dans la région », a déclaré l’ancien diplomate américain Michael Ratney au Washington Post.
L’ancien ambassadeur en Arabie saoudite a déclaré que, même si le déploiement des troupes plus à l’ouest, hors de portée d’une grande partie des missiles iraniens, pouvait atténuer quelque peu la pression, il n’existait pas de « solution parfaite à ce problème ».
L’article a cité des sources proches des réflexions du Pentagone qui ont laissé entendre que cette question risquerait « probablement » d’intensifier un débat au sein même de l’administration concernant l’intervention militaire américaine au Moyen-Orient, un sujet qui a été au cœur du second mandat du président américain Donald Trump, alors que les ailes bellicistes et isolationnistes de son gouvernement se disputent l’influence auprès du président.
Quoi qu’il en soit, le Washington Post a noté que tout changement significatif concernant les forces américaines dans la région était « lointain » et ne se produirait que s’il était approuvé par la Maison Blanche.
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