Les États-Unis frappent l’Iran pour la 7e nuit consécutive ; Téhéran mène des frappes dans tout le Golfe
Les États-Unis renvoient des dizaines d'avions ravitailleurs en Israël, Trump envisageant une nouvelle campagne de bombardements massifs ; l'Iran attaque le Koweït, Bahreïn, la Jordanie, l'Arabie saoudite et l'Irak
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Samedi, les États-Unis et l’Iran ont échangé des frappes, visant des infrastructures et des cibles militaires, dans le contexte d’une escalade des tensions autour du détroit d’Ormuz. Les États-Unis ont déployé plusieurs dizaines d’avions ravitailleurs supplémentaires en Israël, tandis que le président américain Donald Trump envisage de lancer une nouvelle offensive aérienne de grande envergure contre la république islamique.
La région connaît depuis plusieurs jours une succession d’attaques réciproques, dans un conflit qui se concentre de plus en plus sur le contrôle du détroit. L’échec d’un cessez-le-feu provisoire fait planer l’incertitude quant à la fin de cette guerre, que les États-Unis et Israël ont déclenchée il y a plus de quatre mois.
Dans la matinée de samedi, le Commandement central américain a annoncé que sa septième nuit consécutive de frappes avait pris pour cible « des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts d’armes souterrains et des équipements maritimes ».
Le Koweït a indiqué samedi qu’il a intercepté des missiles et des drones iraniens. L’Irak a, quant à lui, déclaré avoir abattu des drones d’attaque au-dessus de la ville d’Erbil. L’Arabie saoudite a signalé des attaques pour la première fois depuis des mois. L’agence de presse officielle jordanienne, Petra, a fait savoir que les systèmes de défense anti-aérienne du royaume avaient abattu des missiles iraniens. Des sirènes d’alerte aérienne ont retenti à Bahreïn, selon le gouvernement de ce pays.
Les autorités iraniennes ont affirmé que les récentes frappes américaines ont fait plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés. De nouvelles victimes ont été rapportées vendredi, jour où l’armée américaine a également reconnu que ses effectifs comptaient davantage de blessés.
Les deux camps ont également pris pour cible le trafic maritime. Les États-Unis ont annoncé avoir imposé un blocus naval, tandis que l’Iran a déclaré avoir frappé des navires qui enfreignaient ses règles de navigation dans le détroit d’Ormuz, passage vital pour un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole.
L’Iran a fermé le détroit à la navigation dès le début de la guerre, le 28 février – une mesure qui a fait flamber le prix du pétrole et qui a donné à l’Iran un important levier de négociation. Vendredi, le prix du pétrole a dépassé les 86 dollars le baril, frôlant son plus haut niveau depuis un mois, tandis que le nombre de traversées du détroit tombait à son plus bas niveau depuis trois semaines, d’après un observatoire international du transport maritime.
Dans la soirée de jeudi, lors d’une allocution adressée à la population américaine, Donald Trump a assuré que la guerre évoluait favorablement. « Nous remportons une grande victoire en Iran également. Vous en verrez les fruits très, très prochainement », a-t-il affirmé.
Avant le début de la guerre, les États-Unis avaient engagé des négociations avec l’Iran concernant son programme nucléaire. Donald Trump fait désormais face à des pressions politiques pour mettre fin à la guerre et prévenir le risque d’un conflit prolongé au Moyen-Orient, qu’il avait dénoncé pendant sa campagne électorale.
Retour des avions ravitailleurs, les États-Unis émettent un avertissement pour les voyageurs
Signe que les États-Unis envisagent d’étendre la campagne, l’armée américaine s’apprête à envoyer des dizaines d’avions ravitailleurs supplémentaires, qui seront basés en Israël et utilisés dans le cadre de cette campagne.
Le site d’information Axios a rapporté vendredi que les États-Unis avaient informé Israël de leur intention de renvoyer ces avions. L’armée israélienne a confirmé samedi cette information, précisant que les nouveaux appareils seraient stationnés dans des bases militaires et non à l’aéroport Ben Gurion, où l’espace est limité et où la présence d’avions militaires américains a rendu difficile l’organisation des vols civils.
Des responsables américains et israéliens ont déclaré à Axios que Trump pourrait intensifier les frappes contre l’Iran dans les jours à venir, après plusieurs nuits consécutives de campagnes de bombardements américains visant différentes cibles à travers le pays, alors que le protocole d’accord conclu le mois dernier n’est plus respecté.
Israël n’était pas partie prenante à ce protocole d’accord et ne s’est pas impliqué dans les récents combats.
Selon certaines informations, toutefois, l’Iran aurait demandé à ses alliés régionaux, notamment le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, de se préparer à l’éventualité d’un conflit plus vaste dans un contexte d’escalade militaire avec les États-Unis – ce qui laisse entrevoir la possibilité d’une implication directe d’Israël dans les combats.
Signe supplémentaire des craintes d’un élargissement du conflit, l’ambassade des États-Unis à Jérusalem a publié, dans la soirée de vendredi, un avertissement aux voyageurs à l’intention des ressortissants américains, les invitant à reconsidérer tout voyage au Moyen-Orient, et plus particulièrement à éviter le nord d’Israël, la bande de Gaza et la frontière égyptienne.
« En raison des fortes tensions qui règnent au Moyen-Orient, la situation sécuritaire reste complexe, avec un risque d’escalade imprévisible. Nous rappelons aux Américains présents dans la région qu’ils doivent continuer à faire preuve de prudence. Nous les encourageons à suivre l’actualité pour se tenir informés des derniers développements », a écrit l’ambassade.
« Les Américains voyageant dans la région ou transitant par celle-ci doivent également se renseigner auprès de leurs compagnies aériennes pour s’assurer que leurs vols sont maintenus. Les Américains doivent tenir compte de ces facteurs avant de planifier un voyage en Israël et en Cisjordanie. Ils ne doivent se rendre ni à Gaza, ni dans le nord d’Israël, ni à la frontière égyptienne, à l’exception du poste-frontière de Taba ; ils doivent également reconsidérer tout voyage à destination du Moyen-Orient ou transitant par cette région », ajoute cet avertissement.
Trente-trois avions ravitailleurs américains sont actuellement stationnés à l’aéroport Ben Gurion, prenant la place d’autres appareils réservés aux vols commerciaux. La ministre des Transports, Miri Regev, a annoncé en début de semaine que ce nombre serait ramené à 20, afin d’éviter toute perturbation des vols estivaux.
Le site d’information Axios a d’abord indiqué que les États-Unis avaient « informé » Israël de l’arrivée prévue de ravitailleurs supplémentaires, laissant entendre que Jérusalem n’avait pas son mot à dire en la matière. Le média a néanmoins indiqué par la suite que le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait le dernier mot sur la question.
La décision d’envoyer ces avions ravitailleurs vers des bases aériennes israéliennes a été prise par les États-Unis en concertation avec l’armée israélienne, ce qui a permis à l’armée de l’air israélienne de se préparer, a indiqué Tsahal.
L’armée a affirmé qu’elle faisait tout son possible pour faciliter le déploiement américain en Israël, sans pour autant négliger les besoins de l’aviation civile israélienne.
Selon les médias israéliens, cinq à huit avions sont attendus chaque jour.
Vigilants, combatifs et prêts à intervenir
Le Commandement central de l’armée américaine a annoncé samedi avoir achevé sa dernière série d’attaques, visant des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts d’armes souterrains et des installations maritimes.
« Les forces américaines ont déployé des avions de combat, des drones et des navires de guerre, ainsi que d’autres moyens », a indiqué le Commandement central dans un communiqué. « Plus de 50 000 militaires américains sont actuellement stationnés au Moyen-Orient. Ils restent vigilants, combatifs et prêts à intervenir. »
— U.S. Central Command (@CENTCOM) July 18, 2026
Samedi, les médias iraniens ont rapporté que plusieurs missiles avaient frappé des centrales électriques et des usines de dessalement dans la ville de Jask, dans le sud de l’Iran, citant un responsable local. Selon ce dernier, l’approvisionnement en eau potable aurait été interrompu dans plusieurs villages de Jask suite à cette attaque.
Les États-Unis ont fait savoir que leurs forces avaient redirigé quatre navires commerciaux, qu’ils en avaient neutralisé un et qu’ils en avaient arraisonné un autre, afin de faire respecter leur blocus naval contre Téhéran.
Pour leur part, les Gardiens de la Révolution iraniens ont indiqué que quatre navires qui avaient enfreint leurs règles relatives au trafic maritime avaient été empêchés de traverser le détroit par une opération menée conjointement à l’aide de missiles et de drones.
Par ailleurs, les médias iraniens, citant les Gardiens de la Révolution, ont rapporté que deux pétroliers avaient explosé et pris feu après avoir emprunté un itinéraire miné au sud du détroit. L’armée américaine a rejeté cette information, qu’elle a qualifiée de mensongère.
Le Commandement central de l’armée américaine a précisé que ses cibles comprenaient des « infrastructures logistiques militaires » ; c’est la première fois en plus d’une semaine qu’il parle d’infrastructures.
Les médias iraniens ont fait état de frappes ennemies, aux premières heures de la matinée de samedi, dans la province côtière de Hormozgan, sur la rive iranienne du détroit d’Ormuz. Selon la télévision d’État, trois personnes ont été tuées et huit autres ont été blessées, tandis que deux ponts et un tunnel routier ont été endommagés.
Les médias iraniens ont également rapporté des explosions entendues ou des frappes menées à Sirik, Ahvaz, Yazd, Jask et Khorramabad dans la nuit de vendredi à samedi.
Vendredi, les médias d’État iraniens ont annoncé qu’au moins cinq ponts avaient été touchés par des attaques américaines dans le sud du pays. Sept personnes auraient été tuées lors d’attaques contre des ponts dans le port méridional de Bandar Khamir, où une gare a également été frappée. Un aéroport aurait été touché plus à l’est, loin des côtes, à Iranshahr, dans une province limitrophe du Pakistan.
Vendredi, l’Iran a reconnu pour la première fois les « attaques contre les infrastructures électriques » menées pendant la campagne de frappes aériennes américaines, lorsque le ministère de l’Énergie de Téhéran a appelé la population à réduire sa consommation d’électricité dans les provinces du sud « touchées par une chaleur extrême ». Le ministère n’a pas précisé quelles infrastructures avaient été touchées.
Trump a par ailleurs menacé de lancer des frappes aériennes de grande envergure contre les infrastructures iraniennes. Il a également refusé d’exclure une offensive terrestre sur la côte ou les îles iraniennes. Selon des responsables américains, les attaques menées contre le sud de l’Iran visent en partie à offrir des options à Trump.
De telles mesures risquent néanmoins de pousser l’Iran à s’en prendre aux infrastructures vitales des États vulnérables du Golfe, ou d’inciter ses alliés au Yémen à perturber davantage l’approvisionnement énergétique mondial en s’attaquant au trafic maritime en mer Rouge.
Le Koweït ferme son espace aérien alors que des frappes sont en cours
L’Iran a annoncé avoir mené des attaques contre des États du Golfe abritant des bases aériennes américaines – notamment Bahreïn, le Qatar, le Koweït et la Jordanie -, ainsi que contre un navire américain dans le nord de l’océan Indien. La défense civile saoudienne a émis des alertes précoces, les premières depuis plusieurs mois, dans au moins deux localités, sans toutefois avoir signalé de dégâts pour l’instant. Au début du conflit, l’Iran avait déjà frappé certaines des installations énergétiques de ce royaume pétrolier.
Le Koweït a fait l’objet d’attaques soutenues. Les forces iraniennes ont affirmé avoir pris pour cible un dépôt de munitions dans le camp d’Al-Adiri, le quartier général et les dépôts de munitions de la base d’Ali Al-Salem, ainsi que plusieurs passerelles de communication.
Les autorités koweïtiennes ont indiqué qu’une de leurs centrales électriques et de dessalement avait été touchée par une attaque iranienne, provoquant des dégâts, un incendie et la mise hors service d’un grand nombre d’unités de production d’électricité.
JUST IN: IRGC claims strikes on US naval pier in Kuwait and Bahrain
Iran’s forces hit the US fleet’s fuel support pier at the Al-Ahmadi port and US warplanes at the Sheikh Isa Base
They also claimed to have destroyed a US intelligence data centre in Bahrain known as Batelco. pic.twitter.com/rFq8gQhWe1
— WiQ ???????? (@echo_wiq) July 18, 2026
Une usine de dessalement aurait également été touchée. La Kuwait Petroleum Corporation a indiqué par la suite que l’une de ses installations pétrolières avait été visée par « des attaques iraniennes répétées », causant des dégâts importants et faisant quelques blessés, d’après l’agence de presse officielle.
« Ces attaques répétées contre ces installations vitales témoignent d’une approche hostile et méthodique visant des sites civils et des infrastructures critiques, mettant en danger la vie et la sécurité des civils », a déclaré le ministère koweïtien des Affaires étrangères.
Kuwait Airways a par la suite confirmé avoir reprogrammé la plupart de ses vols, après que le pays a temporairement suspendu les opérations de l’aéroport international du Koweït, suite à des attaques iraniennes aux missiles et aux drones.
La compagnie aérienne avait auparavant expliqué que cette reprogrammation était due à la fermeture de l’espace aérien koweïtien.
L’Arabie saoudite attaquée pour la première fois en trois mois
L’Iran a également lancé des attaques contre l’Arabie saoudite pour la première fois depuis près de trois mois, ont déclaré deux sources proches du dossier, déclenchant des alarmes d’alerte précoce à Al-Kharj, à l’est de la capitale Ryad, et à Yanbu, sur la côte saoudienne de la mer Rouge.
Selon ces sources, l’une des attaques aurait visé la base aérienne du prince Sultan à Al-Kharj, qui accueille des forces américaines.
Les médias d’État saoudiens n’ont pas donné plus de détails sur ce qui avait déclenché les alertes précoces. Le bureau de presse du gouvernement n’a pas répondu à une demande de commentaires. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) n’a fait aucune mention d’une quelconque attaque contre l’Arabie saoudite.
En Jordanie, des réservoirs de carburant de la base d’Al-Azraq ont également été pris pour cible, a indiqué la chaîne d’État sur Telegram.
La base aérienne de Sheikh Isa, à Bahreïn, a également été visée, a fait savoir l’armée iranienne, rappelant qu’il s’agit de « l’un des principaux centres opérationnels et logistiques » de l’armée américaine dans la région.
Selon l’agence de presse officielle IRNA, la marine iranienne a tiré un missile de croisière terre-mer en direction de ce qu’elle a présenté comme un navire américain hostile dans le nord de l’océan Indien. L’armée iranienne a expliqué que ce tir avait semé « la terreur et la panique » et contraint le bâtiment à se mettre hors de portée de la marine iranienne.
D’après les autorités iraniennes, au moins 46 personnes ont été tuées et plus de 400 blessées dans les récentes frappes américaines. Huit personnes ont notamment trouvé la mort vendredi lors d’une frappe contre un pont.
Les responsables américains ont confirmé que 13 militaires américains supplémentaires – 10 soldats de l’armée de terre et trois de la marine – avaient été blessés depuis lundi, sans donner plus de détails. Depuis le début de la guerre, ce sont 14 militaires américains qui ont été tués et 427 qui ont été blessés.
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