Les États-Unis imposent un droit de douane de 15 % sur les produits israéliens
Les Finances israéliennes minimisent l’impact, mais les industriels redoutent jusqu’à 26 000 pertes d’emplois provoquées par cette nouvelle taxe américaine à l’importation
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

La Maison Blanche a annoncé jeudi soir l’imposition d’un droit de douane de 15 % sur les produits israéliens, dans le cadre de la nouvelle politique commerciale de l’administration Trump, qui a entraîné une hausse des tarifs douaniers dans de nombreux pays à travers le monde.
Cette décision s’inscrit dans un décret signé par Donald Trump, instaurant des droits de douane renforcés à l’encontre de dizaines de pays. Elle doit entrer en vigueur le 7 août, dans le cadre d’une stratégie visant à réorienter le commerce mondial au profit des entreprises américaines.
En réaction, le ministère israélien des Finances a relativisé la portée de la mesure, soulignant que le taux de 15 % était « le plus bas parmi les pays affichant un déficit commercial avec les États-Unis », ce qui « reflète le dialogue en cours entre Israël et l’administration dans le but d’aboutir à un accord amélioré ».
Trump avait annoncé en avril un taux de 17 % avant de suspendre l’ensemble des mesures tarifaires pour une période de 90 jours, afin de permettre des négociations. À l’époque, l’Association des industriels d’Israël avait averti qu’une telle mesure pourrait entraîner la suppression de quelque 26 000 emplois.
En 2024, les exportations israéliennes vers les États-Unis se sont élevées à 52 milliards de shekels, contre 32 milliards de shekels d’importations, selon la chaîne publique Kan.
Trump justifie ces droits de douane par la volonté de « récupérer l’argent et le respect » que d’autres pays auraient, selon lui, arrachés aux États-Unis. Ses détracteurs, parmi lesquels la majorité des économistes, estiment au contraire qu’ils risquent de déstabiliser l’économie mondiale et de provoquer une flambée des prix pour les consommateurs américains.
Le nouveau décret prévoit des droits de douane pouvant atteindre 41 % pour la Syrie et 30 % pour l’Afrique du Sud.
Par ailleurs, Washington a relevé de 25 % à 35 % les droits de douane sur les produits canadiens non couverts par l’accord commercial liant les États-Unis, le Mexique et le Canada (USMCA).
Cette décision intervient après que Trump a estimé que la récente reconnaissance de l’État palestinien par Ottawa rendrait « très difficile » toute négociation commerciale avec le voisin du nord.
Washington a également lié cette décision, en partie, à ce qu’il considère comme l’incapacité du Canada à endiguer le trafic de fentanyl, accusant Ottawa « d’inaction persistante » et de « représailles continues ». Cette déclaration intervient après que Donald Trump a affirmé que le Premier ministre canadien, Mark Carney, avait tenté de le contacter avant la date butoir du 1ᵉʳ août, mais qu’aucune conversation n’avait finalement eu lieu.
Trump a indiqué que Carney avait appelé avant l’imposition de droits de douane sur de nombreux produits canadiens, mais « nous n’avons pas parlé au Canada aujourd’hui ».
Le décret présidentiel a été signé peu après 19 h jeudi. Il fait suite à plusieurs jours d’intense activité diplomatique autour des questions douanières, la Maison Blanche ayant finalisé plusieurs accords avec des pays ou blocs avant la date butoir fixée par Trump à ce vendredi.
Un haut responsable américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a précisé que les tarifs seraient appliqués ultérieurement afin d’harmoniser le barème douanier.
Outre Israël, des droits de douane de 15 % sont également imposés à l’Islande, à la Norvège, aux Fidji, au Ghana, à la Guyane et à l’Équateur. Le Lesotho, initialement menacé d’un tarif de 50 %, sera finalement soumis au même taux de 15 %.
New tariffs announced by Trump
???????? Laos: 40%
???????? Myanmar: 40%
???????? Switzerland: 39%
???????? Canada: 35%
???????? South Africa: 30%
???????? Taiwan: 20%
???????? Sri Lanka: 20%
???????? Vietnam: 20%
???????? Cambodia: 19%
???????? Indonesia: 19%
???????? Malaysia: 19%
???????? New Zealand: 15%
???????? Turkey: 15%
???????? South Korea: 15%
????????…— The Spectator Index (@spectatorindex) July 31, 2025
Trump avait par ailleurs annoncé un droit de douane de 50 % sur les produits brésiliens, mais seuls 10 % ont été confirmés dans ce décret, les 40 % restants faisant l’objet d’une mesure distincte validée la veille.
Le décret clôt une journée intense, marquée par les efforts des pays concernés pour maintenir le dialogue avec Washington. Il fixe les taux pour 68 pays ainsi que pour les 27 membres de l’Union européenne, avec un taux de base de 10 % pour les pays non spécifiquement mentionnés. Selon le haut responsable, les taux ont été déterminés en fonction du déséquilibre commercial et du profil économique régional.
Jeudi matin, Trump s’est entretenu par téléphone avec la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum au sujet du commerce. À l’issue de l’appel, il a annoncé l’ouverture d’une nouvelle période de négociation de 90 jours avec le Mexique, l’un des principaux partenaires commerciaux du pays. Les droits de douane actuels de 25 % sont maintenus, alors que Trump avait menacé de les porter à 30 %.
« Nous avons évité l’augmentation des tarifs annoncée pour demain et obtenu 90 jours pour parvenir à un accord durable par le dialogue », a écrit Sheinbaum sur X, qualifiant l’échange de « très fructueux » sur le plan de la compréhension mutuelle.
L’incertitude a contribué à accentuer le climat de tension entourant la politique douanière de Trump ces derniers mois. La seule constante reste sa volonté d’imposer des taxes à l’importation que la plupart des économistes jugent préjudiciables aux consommateurs et aux entreprises américaines.
« Nous avons conclu aujourd’hui plusieurs accords excellents pour le pays », a déclaré Trump jeudi après-midi, sans révéler les modalités ni les pays concernés. Le haut responsable de l’administration a refusé de préciser les nations impliquées lors de la conférence de presse.
Trump avait fixé la date butoir de vendredi après que ses précédentes mesures tarifaires, annoncées en avril sous le nom de « Jour de la libération », ont semé la panique sur les marchés boursiers. La perspective de droits de douane exceptionnellement élevés avait alors ravivé les craintes de récession, poussant le président à accorder une période de négociation de 90 jours. Faute de parvenir à conclure suffisamment d’accords commerciaux avec d’autres pays, il a prolongé ce délai et adressé aux dirigeants étrangers des lettres listant simplement les nouveaux taux, entraînant une série d’accords conclus dans la précipitation.
Trump a annoncé mercredi avoir conclu un accord avec la Corée du Sud, après en avoir signé avec l’Union européenne, le Japon, l’Indonésie et les Philippines. Son secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a également indiqué dans l’émission Hannity sur Fox News que des accords avaient été conclus avec le Cambodge et la Thaïlande, après que ces deux pays ont accepté un cessez-le-feu dans leur conflit frontalier.
Jeudi, la Suisse et la Norvège, deux pays riches, n’avaient toujours pas officialisé leur position sur les nouveaux taux. Les responsables de l’UE attendaient la finalisation d’un document technique crucial décrivant le fonctionnement du cadre fiscal applicable aux voitures et autres produits importés des 27 États membres. Trump avait annoncé dimanche un accord avec l’UE depuis l’Écosse.
Dans le cadre de l’accord avec le Mexique, Trump a précisé que les marchandises importées aux États-Unis continueraient d’être soumises à un droit de douane de 25 %, qu’il a explicitement lié au trafic de fentanyl. Il a déclaré que les voitures seraient soumises à un droit de douane de 25 %, tandis que le cuivre, l’aluminium et l’acier seraient taxés à 50 % pendant la période de négociation.
Il a aussi déclaré que le Mexique lèverait ses « barrières commerciales non tarifaires », sans en préciser les modalités.
Certains produits restent protégés par l’accord USMCA de 2020, négocié par Trump lors de son premier mandat.
Mais Trump semblait avoir changé d’avis sur cet accord, qui doit être renégocié l’année prochaine. L’une de ses premières mesures importantes en tant que président, au début de l’année, avait été d’imposer de nouveaux droits de douane sur les marchandises provenant du Mexique et du Canada.
D’après les données du Bureau du recensement des États-Unis, le pays a enregistré l’an dernier un déficit commercial de 171,5 milliards de dollars avec le Mexique, autrement dit, les États-Unis ont importé bien plus de marchandises qu’ils n’en ont exporté vers leur voisin du sud.
Ce déséquilibre s’est nettement creusé depuis l’entrée en vigueur de l’accord USMCA : il s’élevait à 63,3 milliards de dollars en 2016, soit l’année précédant le début du premier mandat de Donald Trump.
la Communauté du Times of Israël !







