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Les étudiants de Brown fêtent Hanoukka après les fusillades sur le campus et à Sydney

Un étudiant israélien exprime son incrédulité après l'attaque d'un tireur dans une salle de classe : « Nous pensions avoir laissé ces tragédies derrière nous »

Des étudiants participent à l'allumage des bougies de Hanoukka à l'université Brown, dans le Rhode Island, le 14 décembre 2025. (Crédit : Shira Li Bartov/JTA)
Des étudiants participent à l'allumage des bougies de Hanoukka à l'université Brown, dans le Rhode Island, le 14 décembre 2025. (Crédit : Shira Li Bartov/JTA)

PROVIDENCE, Rhode Island (JTA) — Dimanche soir, une dizaine d’étudiants de l’université Brown ont célébré Hanoukka sous la neige. L’événement, qui incluait l’allumage des bougies, s’est déroulé dans une atmosphère de profond traumatisme, quelques jours après une fusillade survenue dans une salle de cours d’économie et celle visant un allumage de Hanoukka sur la fameuse plage de Bondi, à Sydney, en Australie.

Samedi, un homme armé a ouvert le feu dans une salle où des étudiants s’étaient réunis pour réviser leur examen final de Principes d’économie, le cours le plus populaire de Brown, principalement suivi par des étudiants de première année. Il a tué deux étudiants et en a blessé neuf autres dans le bâtiment Barus and Holley, qui abrite l’école d’ingénierie et le département de physique, à Providence, dans le Rhode Island.

L’école a été placée en confinement pendant 12 heures, puis toutes les activités académiques ont été annulées pour le reste du semestre.

Dimanche soir, le maire de Providence, Brett Smiley, a déclaré qu’une enquête policière était en cours et qu’une personne suspecte arrêtée plus tôt dans la journée avait été relâchée.

Yael Ranel Filus, une étudiante en deuxième année d’ingénierie originaire de Tel Aviv, qui se rend quotidiennement au bâtiment Barus and Holley, se trouvait dans un bâtiment voisin lorsque les coups de feu ont retenti. Elle a déclaré avoir été en contact avec d’autres étudiants israéliens qui, comme elle, étaient sous le choc.

« Dans notre groupe de messagerie, nous nous disions : ‘ Oh, nous pensions avoir laissé cela chez nous. Nous pensions avoir laissé ces tragédies chez nous’ », a déclaré Filus. « Je pense qu’aucun d’entre nous ne pensait rencontrer quelque chose comme cela ici. »

Une autre tragédie a plané sur l’allumage dirigé par deux rabbins, Josh Bolton et Mendel Laufer, respectivement responsables du Hillel et du centre Habad de Brown, situés dans des quartiers adjacents au cœur du campus urbain de l’université. Dimanche, à l’autre bout du monde, au moins 15 personnes ont été tuées et une vingtaine d’autres blessées lors d’une attaque terroriste contre des Juifs qui s’étaient rassemblés pour célébrer Hanoukka.

Des agents du FBI enquêtant sur une fusillade, près de l’Université Brown, à Providence, dans le Rhode Island, le 13 décembre 2025. (Crédit : Mark Stockwell/AP)

Bolton a déclaré avoir eu à l’esprit les deux fusillades lorsqu’il a pris la parole devant un public composé d’étudiants, de professeurs et du personnel de Hillel.

« Le message de Hanoukka ici est que nous devons augmenter la lumière », a-t-il déclaré. « Même au milieu de cette période très sombre et difficile, ensemble, en tant que communauté, nous nous réunissons et nous nous apportons mutuellement un peu de lumière. »

La fusillade a mis fin à une année mouvementée pour Brown, qui a été prise pour cible par l’administration Trump avec des menaces de réduction du financement de la recherche. L’université a récemment conclu un accord de 50 millions de dollars avec le gouvernement concernant des allégations d’antisémitisme liées à des manifestations pro-palestiniennes et anti-israéliennes, notamment une proposition menée par des étudiants visant à désinvestir d’Israël, qui a été rejetée par le conseil d’administration de l’université.

Brown a une présidente juive, Christina Paxson, et la plus forte proportion d’étudiants juifs de l’Ivy League, avec une croissance particulière ces dernières années parmi sa population étudiante orthodoxe.

Elle a récemment organisé un grand rassemblement pour célébrer 130 ans de vie juive, qui a attiré des anciens élèves du monde entier, ainsi que des personnalités telles que Robert Kraft, fondateur de la Fondation pour la lutte contre l’antisémitisme.

Le propriétaire des New England Patriots Robert Kraft marche sur le terrain, pendant un entraînement, avant un matchs de la NFL contre les Buffalo Bills à Orchad Park, à New York, le 8 janvier 2023. (Crédit : Jeffrey T. Barnes/AP))

Le cours d’économie qui a été attaqué est dispensé par Rachel Friedberg, une professeure juive qui mène des recherches sur la transversalité entre l’économie et les études juives et qui a beaucoup travaillé en Israël. Elle n’était pas dans la salle de classe au moment des faits.

La police n’a pas retenu de motif antisémite suite à la fusillade. Mais elle n’a pas non plus identifié le tireur, ce qui a suscité un sentiment de malaise sur le campus et des spéculations en ligne, en particulier au lendemain de l’attaque terroriste de Sydney.

Bolton a déclaré que, quel que soit le motif, Brown était contrainte de faire face à un fléau national.

« Que le tireur ait été antisémite, antimusulman, anti-LGBTQ ou autre, le fardeau de notre culture est constitué de jeunes hommes solitaires, perturbés, généralement armés, auxquels on peut ajouter toutes sortes de couches de haine idéologique », a-t-il déclaré.

Des secouristes transportent un patient dans une ambulance après une fusillade terroriste meurtrière à Bondi Beach, à Sydney, le 14 décembre 2025. (Crédit : Saeed KHAN / AFP)

La communauté de Brown a été ravagée par la violence armée il y a seulement deux ans, lorsqu’un étudiant de Brown, Hisham Awartani, a fait partie des trois étudiants palestiniens qui ont été abattus pendant les vacances de Thanksgiving à Burlington, dans le Vermont. Awartani a été touché à la colonne vertébrale et est resté paralysé des jambes.

Le choc ressenti à Brown ce week-end a rappelé de douloureux souvenirs à Zoe Weissman, étudiante en deuxième année, qui, seulement du haut de ses 20 ans, a déjà été témoin de deux fusillades scolaires.

À l’âge de 12 ans, à Parkland, en Floride, elle se trouvait devant son collège lorsqu’elle a entendu des coups de feu et des cris provenant du lycée Marjory Stoneman Douglas voisin, où 17 personnes ont été tuées en 2018. Elle a déclaré que cette fusillade lui avait laissé un syndrome de stress post-traumatique.

« Je suis un exemple de la prévalence croissante de la violence par arme à feu », a déclaré Zoe Weissman. « Si l’on regarde les statistiques sur les fusillades de masse, il devrait être physiquement impossible que cela m’arrive deux fois. Et c’est un fait que j’utilisais pour me réconforter. »

Une autre étudiante de Brown, Mia Tretta, a été touchée à l’abdomen lors d’une attaque perpétrée en 2019 au lycée Saugus High School en Californie.

Mia Weissman a quitté Brown avant l’allumage communautaire des bougies de Hanoukka, mais elle a allumé la première bougie avec quelques amis dans une maison hors du campus.

« C’est une tradition avec laquelle j’ai grandi, donc c’est quelque chose qui me met vraiment à l’aise », a-t-elle déclaré. « Ce n’était pas quelque chose que je voulais manquer pour la première fois à cause de cela. »

La fusillade a commencé dans la dernière heure du Shabbat, alors que plus de 30 étudiants étaient réunis à Hillel, beaucoup sans leur téléphone. On leur a ordonné de se réfugier au troisième étage, toutes lumières éteintes.

Bolton est arrivé environ une heure plus tard avec de l’eau et de la nourriture pour la nuit. Il voulait que le groupe célèbre la Havdalah, le rituel marquant la fin du Shabbat, traditionnellement accompli dès que trois étoiles apparaissent dans le ciel. Bolton et les étudiants ont célébré la Havdalah dans une pièce sans fenêtre, chuchotant à la lueur des bougies dans l’obscurité.

Des étudiants juifs célèbrent la Havdalah pendant un confinement imposé à la suite d’une fusillade dans une classe d’ingénierie, à l’université Brown, dans le Rhode Island, le 13 décembre 2025. (Crédit : Josh Bolton via JTA)

Aaron Perrotta, un étudiant de troisième année qui était présent, a déclaré que quelques blagues avaient été lancées malgré la panique. « C’était agréable d’avoir un peu de normalité et de pouvoir finir Shabbat comme ça », a-t-il déclaré.

« Je pense que beaucoup d’entre nous se sont rapprochés et ont tissé des liens, simplement en étant dans un espace aussi confiné à l’étage », a déclaré Max Zimmer, un étudiant de deuxième année.

Samedi soir, Filus se trouvait à quelques pâtés de maisons de Barus et Holley, au Nelson Center for Entrepreneurship.

Elle et neuf autres étudiants se sont relayés pour dormir, car le département de la sécurité publique de Brown avait conseillé qu’une personne reste vigilante jusqu’à la fin du confinement.

Filus s’est rendue à l’allumage des bougies sur Olive Street après s’être assise avec des amis dans le bâtiment voisin de Hillel.

« C’est un endroit sûr », a-t-elle déclaré. « Je ne veux pas vraiment être seule en ce moment. Je ne veux pas être dans ma chambre. »

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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