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Les frappes d’Israël au Yémen auraient visé des dirigeants houthis près de Sanaa

Les résultats exacts de l'attaque sont encore inconnus ; on ignore si le chef d'état-major des Houthis, Muhammad Al-Ghamari, était effectivement présent au moment de la frappe

Des images montrent des flammes et de la fumée sur le site d'une frappe de l'armée israélienne à l'extérieur de Sanaa, contrôlée par les Houthis, au Yémen, le 28 août 2025. (Crédit : X, utilisé conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

L’armée de l’air israélienne a mené jeudi une frappe ciblée visant à éliminer les dirigeants militaires et politiques des Houthis soutenus par l’Iran au Yémen, dans ce que les médias israéliens ont décrit comme l’opération la plus importante menée par Israël dans le pays à ce jour.

La frappe a d’abord été rapportée par la chaîne houthie Al-Masirah, avant d’être confirmée par le ministre de la Défense Israel Katz et par Tsahal, sans toutefois que les cibles n’aient été précisées.

Selon plusieurs médias israéliens, citant des responsables de la sécurité sous couvert d’anonymat, les services de renseignement avaient établi qu’une dizaine de ministres houthis, dont celui de la Défense, ainsi que d’autres hauts responsables devaient se rassembler en périphérie de Sanaa pour écouter un discours d’Abdul Malik al-Houthi, le chef du mouvement. L’armée de l’air israélienne a alors mené une frappe ciblant cette réunion.

Les attaques ont touché une zone proche du complexe présidentiel et un bâtiment situé dans le sud de Sanaa, selon des habitants de la capitale contrôlée par les Houthis, cités par Reuters.

Les résultats exacts de cette frappe ne sont pas encore connus.

On ignore également quels membres de la direction des Houthis participaient à la réunion ni si le chef d’état-major du groupe, Muhammad al-Ghamari, était présent.

Les services de renseignement israéliens auraient fourni des informations en temps réel sur le rassemblement, permettant ainsi de conduire cette frappe malgré les importantes défenses aériennes dans la région. Israël aurait suivi le discours d’al-Houthi afin de déterminer s’il savait que des hauts responsables étaient visés, mais aucun signe en ce sens n’a été détecté.

Le bureau de Katz a indiqué que le ministre avait coordonné l’opération avec le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, les hauts commandants et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avant de l’autoriser.

« Ainsi que nous l’avons dit aux Houthis au Yémen : après le fléau des ténèbres vient le fléau des premiers-nés », a déclaré Katz dans un communiqué, en référence aux dix plaies d’Égypte, confirmant que l’attaque visait les dirigeants houthis

Dans un communiqué confirmant l’existence d’une attaque, mais sans en préciser les détails, Tsahal a accusé les Houthis d’actes d’agression depuis le début de la guerre contre le Hamas à Gaza dans le but de nuire à Israël et à ses alliés, de déstabiliser l’ordre de la région et de perturber la liberté de navigation mondiale.

« Tsahal agit avec fermeté contre le régime terroriste des Houthis tout en intensifiant ses opérations contre le Hamas à Gaza. L’armée poursuivra ses actions, afin d’éliminer toutes les menaces qui pèsent sur les civils israéliens », ont affirmé les militaires.

Un haut responsable qui a préféré rester anonyme a déclaré à la chaîne N12 qu’Israël avait envisagé de cibler la direction houthie dès le début de la semaine, mais que l’opération avait finalement été repoussée à jeudi.

Même si les responsables ont présenté cette frappe comme etant spectaculaire, les précédentes opérations menées par Israël au Yémen ont échoué à mettre fin aux attaques de drones et de missiles lancées par les Houthis depuis le début de la guerre en cours.

Une source du ministère de la Défense houthi a démenti que des membres du groupe aient été visés par cette frappe, accusant Israël de frapper « des cibles civiles et le peuple yéménite, en raison de leur soutien à Gaza ».

La frappe de jeudi a marqué la deuxième attaque d’Israël cette semaine contre des cibles houthies au Yémen.

Dimanche, plusieurs frappes avaient secoué Sanaa, en réponse au tir lancé vendredi par le groupe soutenu par l’Iran d’un projectile équipé d’une ogive à sous-munitions, le premier du genre utilisé par les Houthis contre Israël.

Selon l’armée israélienne et les Houthis, les frappes de dimanche ont touché une installation appartenant à la principale compagnie pétrolière du Yémen, contrôlée par les Houthis, ainsi qu’une centrale électrique et un site militaire installés dans la zone où se trouve le complexe du palais présidentiel.

Selon un porte-parole du ministère de la Santé dirigé par les Houthis, 10 personnes auraient été tuées et 102 autres blessées lors de cette attaque.

Des personnes inspectent une station-service endommagée par les frappes aériennes israéliennes dimanche, à Sanaa, au Yémen, lundi 25 août 2025. (Crédit : AP)

La frappe de jeudi était la 16ᵉ attaque d’Israël contre le groupe terroriste soutenu par l’Iran au Yémen, situé à quelque 1 800 kilomètres d’Israël.

Les Houthis, dont le slogan proclame « mort à l’Amérique, mort à Israël [et] maudits soient les Juifs », ont lancé leurs premières attaques sur Israël et le trafic maritime en novembre 2023, un mois après le pogrom perpétré par les terroristes du Hamas le 7 octobre, dans le sud d’Israël.

Ces attaques avaient cessé en janvier 2025, lors du cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas. À cette date, les Houthis avaient lancé sur Israël plus de 40 missiles balistiques ainsi que des dizaines de drones d’attaque et de missiles de croisière, dont un ayant tué un civil et blessé plusieurs autres à Tel-Aviv en juillet, entraînant la première riposte israélienne au Yémen.

Depuis le 18 mars, date à laquelle Tsahal a repris son offensive contre le Hamas dans la bande de Gaza, les Houthis ont lancé 72 missiles balistiques et au moins 23 drones sur Israël. Plusieurs de ces missiles sont tombés avant d’atteindre leur cible.

En riposte aux attaques des Houthis, Israël et une coalition menée par les États-Unis ont frappé des zones sous le contrôle des rebelles au Yémen, notamment Sanaa et la ville portuaire stratégique de Hodeïda. En mai, les frappes israéliennes avaient rendu inutilisable l’aéroport de Sanaa.

Au mois de mai, l’administration Trump a annoncé un accord avec les Houthis, prévoyant la fin des frappes aériennes en échange de l’arrêt des attaques contre les navires. Le groupe terroriste avait toutefois précisé que l’accord ne concernait pas les attaques visant des cibles qu’il considère comme favorables à Israël.

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