Les industriels craignent que la forte hausse du shekel n’entraîne des licenciements et une fuite des cerveaux
À son plus haut niveau depuis quatre ans, le shekel renchérit le prix des biens et services israéliens à l'étranger ; selon l'Association des Fabricants, les exportateurs pourraient perdre 31 Mds de NIS de chiffre d'affaires par an
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.
Lundi, les industriels israéliens ont annoncé que, sauf à ce que les autorités interviennent, la hausse continue du shekel allait rogner les marges des exportateurs, au risque d’entraîner des licenciements au sein des secteurs de l’industrie et de la Tech, avec un effet délétère sur les perspectives de croissance économique.
« L’appréciation du shekel nuit gravement à l’industrie et à la haute technologie », a déclaré Avraham (Novo) Novogrotzky, président de l’Association des Fabricants d’Israël. « Faute de mesures d’urgence, cela pourrait entraîner une vague de licenciements, nuire gravement à l’industrie dans la périphérie et provoquer une profonde récession économique. »
Novogrotzky et Alon Ben Zur, président de l’Association israélienne des hautes technologies, ont demandé au président du Comité des finances de la Knesset, Hanoch Milwidsky, de convoquer en urgence une réunion du comité, tout en pressant le gouvernement de définir un plan national d’urgence.
Il y a peu, le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, a indiqué que la Banque centrale n’était pas intervenue sur le marché des changes et qu’il incombait au gouvernement d’aider les exportateurs affectés par le renchérissement de la monnaie locale.
Le shekel est au plus haut depuis quatre ans face au dollar, proche de son record historique arraché il y a de cela de 30 ans, dopé par les gains du marché boursier local, une avalanche d’investissements dans la Tech et les industries de défense israéliennes et un dollar faible. Jusqu’à présent, depuis début 2026, le shekel a gagné près de trois pour cent par rapport au dollar et 18 % sur les douze derniers mois.
Un shekel fort baisse le coût des importations et des matières premières industrielles, ainsi que des transports, ce qui devrait logiquement profiter à la baisse du coût de la vie.
Les exportateurs, dont les opérations comptent pour près de 40 % du PIB et qui vendent essentiellement aux États-Unis et à l’Europe, se sont exprimés sur la dégradation de leur compétitivité, notamment depuis l’entrée en vigueur de droits de douane de 15 % sur les produits israéliens aux États-Unis et la hausse des rémunérations, du prix du carburant, de l’électricité et d’autres dépenses de base. Exportateurs, entreprises du secteur de la haute technologie et multinationales sont payées en dollars mais paient leurs employés, leurs impôts et toutes leurs autres dépenses en shekels.
« Cette situation dégrade la viabilité économique des multinationales et dissuade les entreprises étrangères d’exploiter des centres de développement en Israël », a expliqué Novogrotzky.
« Sans action [des autorités], nous nous attendons à une fuite des cerveaux et au transfert de centres de développement à l’étranger, ce qui nuira sérieusement à la réputation d’Israël en tant que startup nation et entraînera d’énormes pertes fiscales. »
Selon les calculs de l’Association des Fabricants d’Israël, la hausse du shekel entame la rentabilité des exportateurs, lesquels pourraient bien perdre près de 31 milliards de NIS de chiffre d’affaires par an.
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