Les Juifs tués au Liban, membres d’une communauté prospère qui a décliné au fil des guerres
Avant la guerre civile (1975-1990), la communauté juive comptait 22 000 âmes et ses membres jouaient un rôle économique important, même s'ils n'avaient pas de représentation politique
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Lors de ses récentes négociations avec Beyrouth, Israël a demandé des informations sur les dépouilles de membres de la communauté juive enlevés et assassinés pendant la guerre civile par des groupes dans la mouvance du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, pro-République islamique.
De son côté, Israël a libéré la semaine dernière cinq civils capturés dans le sud du Liban, où il est en guerre avec le Hezbollah.
Quelle était l’importance de la communauté juive au Liban et pourquoi ses membres ont-ils été la cible d’enlèvements ?
Emigration
La prospère communauté juive du Liban s’est réduite au fil des guerres et des vagues d’émigration pour ne plus compter aujourd’hui qu’une trentaine de membres. Son chef, Isaac Arazi, est décédé fin 2023 à l’âge de 80 ans.
La religion juive est reconnue comme l’une des 18 confessions au Liban.
« Le Liban a été le seul pays arabe à avoir enregistré une augmentation du nombre de Juifs après la Nakba palestinienne de 1948, avec l’arrivée de Juifs en provenance de plusieurs pays arabes, notamment de Syrie, mais aussi d’Irak », explique à l’AFP la journaliste Nada Abdel Samad, spécialiste de cette communauté.
La « Nakba » – ou « catastrophe » en arabe est un terme désignant le déplacement des Arabes lors de la création de l’État d’Israël et de la Guerre d’Indépendance en 1948, et a été suivie d’une vague d’exil des Juifs vivant dans les pays arabes.
Cette situation a poussé ceux présents au Liban à commencer à émigrer, « une minorité se rendant en Israël alors que la plupart choisissaient l’Europe et le continent américain, en particulier en Amérique latine », ajoute-t-elle.
Elle rappelle le rôle joué par Shula Cohen, l’espionne israélienne qui avait pour nom de code « La Perle » et a notamment œuvré au départ de Juifs de Syrie et du Liban vers Israël. Arrêtée en 1961 pour espionnage, elle a été libérée en 1967 dans le cadre d’un échange de prisonniers.
Avant la guerre civile (1975-1990), la communauté juive comptait 22 000 âmes et ses membres jouaient un rôle économique important, même s’ils n’avaient pas de représentation politique.
Synagogue pillée
Les combats ont éclaté dans le secteur où cette minorité était implantée dans le centre de Beyrouth, Wadi Abou Jmil, qui abritait la principale synagogue, Magen Abraham, pillée pendant la guerre mais restaurée depuis.
Les Juifs coexistaient dans ce quartier avec d’autres communautés, souligne Nada Abdel Samad, auteure du livre Quand les lumières des balcons de Wadi Abou Jmil se sont éteintes.
Lorsqu’ils ont été déplacés par les combats, certains se sont établis dans des quartiers de Beyrouth-ouest, à majorité musulmane.
C’est après l’incursion israélienne au Liban en 1982 que la présence des Juifs a considérablement diminué, dans un pays où l’amalgame entre Juifs et Israéliens est courant.
Entre 1984 et 1986, des groupes dans la mouvance du Hezbollah se sont livrés à des enlèvements d’Occidentaux, mais également de chrétiens et de civils juifs libanais, à Beyrouth-ouest sous le contrôle des milices où régnait le chaos.
Onze d’entre eux ont été enlevés, dont Yitzhak Sassoun, président du Conseil supérieur de la communauté juive au Liban, et Elie Hallak, son vice-président.
Leurs ravisseurs se faisaient nommer « les Opprimés sur Terre », et avaient notamment réclamé la libération de Libanais détenus par Israël. Ils avaient annoncé l’exécution de la plupart de leurs otages, mais seuls quatre corps seront retrouvés.
Cartes et photographies
Israël a affirmé que la libération des cinq civils intervenait « à la suite des efforts déployés par Israël et le Liban pour localiser et rapatrier les dépouilles des dirigeants de la communauté juive enlevés et tués au Liban ».
Selon des médias israéliens, l’objectif de ces demandes concernant les Juifs libanais est d’identifier les dépouilles et de les inhumer en Israël, afin de permettre à leurs proches et à leurs descendants de se recueillir sur leurs tombes.
Des documents, notamment des cartes et des photographies de cimetières, ont même été remis aux autorités libanaises, selon les médias israéliens, qui soulignent le rôle des États-Unis dans la facilitation de la coopération entre les deux pays sur cette question.
la Communauté du Times of Israël !







